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Kate NASH - Made Of Bricks (2007)
Par DENKO le 7 Avril 2008          Consultée 2330 fois

La version officielle veut que Kate Nash et son « Made Of Bricks » soit un disque de pop classique, sans grande envergure, à tendance commerciale prononcée mais néanmoins rafraîchissante. Cette interprétation est totalement défendable, et c’est ce que je vais d’ailleurs faire en premier lieu.

En effet, après tout, Kate Nash c’est quoi ? Une chanteuse à la voix particulière, agréable, mais pas révolutionnaire. Une petite ressemblance avec Lyly Allen, un tube, et voilà qu’on nous la présente comme la grande révélation pop anglaise. Et Dieu sait que la pop anglaise, c’est LA référence.
Son avenir semble tout écrit. En tête des charts pendant quelques semaines, puis retombée dans l’oubli pour finalement n’entendre que quelques vaguelettes de ses futurs albums, s’il y en a. Après tout, des artistes pop comme Kate Nash, c’est tous les mois qu’on nous en présente, avec un tube accompagnant un album un tantinet naïf dont on n’écoutera d’ailleurs pas grand-chose d’autre que le hit passant en boucle sur MTV et la FM. De ce côté-là, rien à dire, Kate Nash semble bien faire partie intégrante de cette industrie musicale aseptisée, et personne n’irait remettre ça en cause après avoir entendu « Foundations ».

Petit à petit donc, on entend un peu moins la chanson phare sur les ondes, jusqu’à oublier totalement l’artiste. Combien d’exemples dans ce cas-là ? Kate Nash elle-même n’a pas vraiment une vie à son avantage. Pas d’histoire particulière, pas d’émotions fortes ou de rebondissements, pas non plus de grands moments de galère sur lesquels les auditeurs pourraient s’apitoyer. Non, elle n’est pas plus attachante qu’une autre. Alors quoi ? Et bien, la version officielle de Kate Nash s’arrête là.

Je crois qu’il faut aller fouiller un peu plus que ça dans ce « Made Of Bricks ».

Certes, cette première vision de la chose n’est pas totalement fausse. Peut-être même qu’elle est tout à fait pertinente. Peut-être que je vais chercher des arguments là où il n’y en a finalement pas ? Oui, peut-être. Mais après tout, mieux vaut tenter le coup, non ?

Alors je vais vous donner ma version maintenant. Kate Nash, qui n’est pas que le simple joujou d’une maison de disque bête et méchante assoiffée d’argent, sait très bien que pour percer il va lui falloir un bon argument, une bonne accroche. C’est avec le fameux « Foundations » qu’elle va trouver ce qu’il lui faut. A partir de là, elle a accès à une certaine liberté de composition : un budget plutôt conséquent, une production lisse bien comme il faut, et surtout on n’ira pas fouiner dans le reste de l’album, tant qu’il y a un tube, tout le monde est content. Libre de toute contrainte (enfin, on se comprend), elle va pouvoir donner libre cours à son imagination.
C’est alors un tout autre disque qui s’offre à nous. Car Kate Nash a décidé de revisiter la pop, voire même de toucher un peu à tout. « Play » qui ouvre l’album résume bien cela : ça sent le délire compositionnel à plein nez ! Le « Foundations » servi, on va pouvoir rentrer dans le vif du sujet. A partir de « Mouthwash » tout se complique, ou s’éclaircit, c’est selon. « Dickhead » nous transporte dans un sombre cabaret de sous-sol new-yorkais des années 1930, laissant la voix de l’artiste prendre le dessus, flirtant avec le blues, le tout accompagné de samples et de cordes bien senties. L’ambiance s’apprécie. Les anglophones apprécieront ou non les paroles, empreintes de jeunesse et de légèreté.

Tandis que « Birds », enjouée, enthousiasme l’auditeur malgré une naïveté toute juste assumée, « We Get On » en fait de même accompagné d’un piano qui va se montrer dorénavant plus présent, et notamment sur la petite perle « Mariella ». A l’ambiance bluesy, la montée en puissance du morceau impressionne par sa qualité, mais aussi par sa maîtrise technique. Kate Nash manie les sons comme il faut, qu’il s’agisse de la voix ou de l’accompagnement musical. Ce titre, doté d’une capacité à surprendre l’auditeur, est la véritable surprise qui arrive au bon moment dans l’album. Parfaitement suivi par un interlude tout aussi surprenant, « Shit Song » reprend un peu le délirant « Play » d’introduction, avec en prime une composition bien moderne qui peut cependant sonner « boîte à rythme ». Mélodie entraînante oblige, on apprécie forcément la petite pause proposée par l’artiste.

La suite est un peu moins marquante, parfois moins maîtrisée, malgré de très bons moments. « Pumpkin Soup » semble sortie d’une expérimentation, alors que « Skeleton Song » utilise à nouveau quelques cordes parfaitement intégrées. Les violons sont utilisés comme il faut, ni à trop forte dose, ni masqués par la production. Un titre efficace, à n’en pas douter, grâce notamment à une nouvelle montée en puissance instrumentale suivie d’un break bien senti. Enfin « Nicest Thing » est dans la continuité, plus mélancolique mais tout aussi bon. « Merry Happy » referme l'album sur une note légère.

Kate Nash ne fait pas partie de ces artistes « temporaires » de la scène musicale, tout simplement car son talent de composition, paradoxalement tout aussi mature que naïf par moment, sa maîtrise technique et son charisme, inhérents à cet album, font d’elle une artiste à part entière, qui n’a pas bridé son identité pour percer dans un milieu de plus en plus inaccessible. Album de pop, oui mais pas seulement. En cherchant bien, certains iront même jusqu’à parler d’une artiste de blues. Je parlerai plutôt d’une artiste multi-facette qui ne pourra qu’évoluer et arriver à maturité avec le temps.

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   DENKO

 
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1. Play
2. Foundations
3. Mouthwash
4. Dickhead
5. Birds
6. We Get On
7. Mariella
8. Shit Song - Full Of It
9. Pumpkin Soup
10. Skeleton Song
11. Nicest Thing
12. Merry Happy
13. Little Red (uk Bonus Track)



             



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