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 Eighteen Seconds Before Sunrise (591)

SIGUR ROS - Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust (2008)
Par VIVI le 29 Octobre 2008          Consultée 3051 fois

Pâte à guimauve : expression féminine. Sens : bonbon mou.
SIGUR ROS : groupe islandais masculin composé de 4 entités. Joue du post-rock teinté d’ambiant. 5 albums à leur actif. Dernier né : Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust = Avec un bourdonnement dans les oreilles nous jouons inlassablement.
Jusqu’ici, quel est le rapport entre de la guimauve et un groupe de musique ? Et bien, pour tourner court à tout suspense, cette dernière progéniture est victime de ce que j’appelle le « guimauve syndrome ». Cela amène au résultat suivant : c’est écœurant et mou comme un marshmallow. Il favorise l’apparition des caries et des crises de foie.

Au vu du culte qui tourne autour d’eux, je sens déjà l’aigreur du fan pointer à la lecture de ma bafouille. Mais je suis aussi une fan. Presque aveugle jusque là. Malade aujourd’hui. C’est solaire, c’est lumineux, c’est gai, ça respire la joie de vivre, et tutti quanti te diront les adorateurs du dernier né. Mais alors, il n’y a que moi qui aie la désagréable sensation d’être tombée dans une bouteille de sirop ? Si j’avais voulu m’écouter Vox Angeli ou la B.O des Choristes, je me serais payé le disque, mais je n’aurais jamais pensé à SIGUR ROS. Franchement, qu’est-ce que cet orchestre et ces chœurs d’enfants ultra-lourdingue sur « Ára bátur » ?
Je suis dure ? Sans doute. L’approche pop dans Takk… était réussie, ici ça devient vite indigeste. Difficile de dire que c’est post-rock. A défaut de faire une crise de foie, je ferais une crise de mauvaise foi si je dénigrais entièrement l’album. Les amoureux d’Aœgetis Byrjun devraient être ravis de voir les instruments traditionnels de nouveau mis à l’honneur (les cuivres surtout). Mais malgré ce retour à un son plus traditionnel, SIGUR ROS n’a jamais été aussi moderne. La production intimiste amène une jolie humanité. Non, non tout ne pue pas dans ce disque. Prenons « Gobbledigook » : l’approche tribale dans la rythmique et la mélodie pop collent vraiment bien. Ça sent bon le flower power (tout comme la pochette). « Með suð í eyrum » qui mélange rythmique moderne (le batteur peut enfin s’exprimer et il le fait bien), ambient et piano entêtant fonctionne très bien. Tout l’album aurait été du même acabit, je serais déjà bien loin de mon appartement, quelque part entre la terre et la lune. « Festival » est redoutable : une première partie très solennelle qui finit par se muer en une montée sigur rosienne absolument magique. C’est vrai que le changement d’ambiance radicale n’est pas désagréable. Au revoir le spleen, bonjour la joie de vivre.
Ce qui va faire majoritairement défaut à cet album, c’est qu’ils ont rajouté une triple couche d’arrangements. Les chansons sont bien pensées, mais tout est mal dosé. Un peu comme lorsque l’on mange un gaufre avec du nutella et de la chantilly en bonus. Plutôt que d’apposer les arrangements avec parcimonie, on se tape la totale : violons, cuivres, chœurs d’enfants, samples, piano… doucement les gars ! A moins d’être super gourmand, c’est surchargé et ça écœure aussi vite que notre gaufre. « Inní mér syngur vitleysingur » en est une très bonne représentante. Un final court et explosif mais qui reste vite sur l’estomac. Et quand ce n’est pas surchargé, ça prend la forme de chansons intimistes mièvres. Une guitare et une voix ne suffiront pas à alléger notre gaufre : c’est le coulis de caramel en bonus sur la chantilly (« Illegresi »). Ça vous achève aussi sec : il est temps d’enlever un bouton au pantalon.

S’ils viennent assurément de signer leur opus le plus lumineux, voire joyeux, j’ai vite perdu mon sourire à son écoute : trop chichiteux, trop sucré par rapport à une espèce de simplicité que le groupe semble revendiquer. Un vrai paradoxe au vu de la production et des compositions plus spontanées. La surabondance d’arrangements fait presque figure d’esbroufe. Oui, il y a des moments surprenants, une petite touche de flower power, une vraie évolution… mais une évolution avortée par cette surenchère d’arrangements. Une telle mue ne peut pas se faire sans heurt, mais il faut bien comprendre que ce n’est pas cette prise de risque ou cette nouvelle ambiance qui me déçoivent : c’est simplement le rendu.

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- Jónsi Birgission (chant, guitare, clavier)
- Kjartan Sveinsson (clavier, piano, guitare)
- Georg Hólm (basse)
- Orri Páll Dýrason (batterie)


1. Gobbledigook
2. Inní Mér Syngur Vitleysingur
3. Góðan Daginn
4. Við Spilum Endalaust
5. Festival
6. Suð í Eyrum
7. Ara Bátur
8. Illgresi
9. Fljótavík
10. Straumnes
11. All Alright



             



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