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- Membre : The Beatles , Harry Nilsson

Ringo STARR - Y Not (2010)
Par GEGERS le 1er Mars 2010          Consultée 2022 fois

Y croyez-vous? RINGO STARR est le seul ex-membre des Beatles dont la carrière solo n'a fait l'objet d'aucune chronique sur un site qui compte pourtant en ses rangs un nombre non négligeable d'amateurs des Fab Four. Il faut dire que ce bon vieux Ringo, qui va fêter cette années ses 70 printemps, a toujours été considéré comme un artiste mineur, en comparaison à ses trois ex-compagnons de route. Compositeur peu prolifique, il est celui qui a fourni le moins de morceaux au répertoire commun des Beatles. Quelques titres intéressants (« Don't pass by me », « Octopus's garden »), mais une collaboration négligeable au regard de la paire légendaire Lennon/McCartney, ou même du plus effacé mais néanmoins fécond George Harrison.

Néanmoins, lorsque les Beatles officialisèrent leur séparation en 1970, Ringo fut alors le premier à s'engager corps et âme dans une carrière solo. Une carrière au cours de laquelle il délaissa complètement le rôle du compositeur pour n'être plus que Ringo l'interprète, de reprises country/folk tout d'abord (sur ses deux premiers albums), puis de morceaux écrits par une tripotée d'auteurs plus ou moins reconnus, parmi lesquels plusieurs de ses ex-comparses. Une carrière marquée par les succès commerciaux conséquents (années 70), les années de disette et d'alcoolisme (années 1980), les années des comebacks ratés (années 1990) et les années de nostalgie salvatrice (années 2000) qui permettent au bientôt septuagénaire de proposer en ce début d'année rien de moins que son quinzième album studio.

Empreint d'une nostalgie certaine, ce nouveau projet de Ringo le voit faire à nouveau appel à l'ex meneur des Eagles, Joe Walsh. Producteur et compositeur sur plusieurs albums du britannique (notamment Old Wave, en 1983), Joe Walsh assure ici l'intégralité des parties de guitare et se paye le luxe de co-signer le premier titre de l'album, « Fill in the Blanks ». Blues-rock caractérisé par un solo de guitare électrique ignoble, ce premier morceau donne la triste impression d'être une face B d'un album de Status Quo, la similitude avec le groupe londonien étant renforcée par la ressemblance vocale frappante entre Ringo et Francis Rossi, vocaliste des Quo. Une entrée en matière bien peu fracassante.

Le reste de l'album, successeur d'un déjà mitigé Liverpool 8 en 2008, est malheureusement à l'avenant. Car si RINGO STARR s'est visiblement fait plaisir lors de l'enregistrement de cet album, faisant appel à des artistes aussi variés que Ben Harper, Joss Stone, ou encore son ami de toujours et ex-comparse Paul McCartney, ce plaisir n'est pas partagé par l'auditeur qui a l'impression qu'on lui propose ici une compilation de faces B à l'intérêt artistique plutôt limité...

Reprenant à son compte le message « Peace & Love » véhiculé par John Lennon dans les années 70, Ringo décide de rendre hommage à ce dernier avec le niais « Peace Dream », qui, doté d'une indigente mélodie, voit son message bien trop appuyé et peu naturel prêter plus à sourire qu'à réfléchir :

« Just like John Lennon said
In Amsterdam, from his bed
One day the world will wake up to see
The reality ».

Plus mordant, « The Other Side of Liverpool », titre autobiographique sur l'enfance du batteur/chanteur, est le premier titre convaincant d'un album souffrant fortement de l'absence de morceaux de ce type. Marquant ce titre de son empreinte métronomique (le bonhomme reste un très bon batteur) et d'une voix grave et monocorde s'adaptant parfaitement à l'ambiance très rock du morceau, Ringo parvient enfin à faire dresser l'oreille de ses auditeurs, grâce notamment à un refrain imparable et persistent.

Mais s'il y a un titre à sauver de cet opus, ce sera bien « Walk with you ». Chanson célébrant la force de l'amitié d'apparence traditionnelle, ce titre voit Ringo s'acoquiner avec un orchestre symphonique apportant une profondeur et une émotion intense à un morceau au premier abord un peu niais. Mais c'est bien l'apparition sur le refrain de la voix plaintive et un peu cassée d'un Paul McCartney toujours en forme qui offre enfin à ce morceau le statut de vraie réussite. Se mariant parfaitement, les voix des deux ex-Beatles s'unissent au plus grand bonheur de tous, faisant oublier en un instant les claviers un peu cheap qui parsèment le morceau ainsi que l'apparente facilité des mélodies.

Ce sera malheureusement tout. Incapable de concrétiser la réussite « Walk with you », RINGO STARR enchaîne titres anecdotiques et calamités musicales. Que ce soit le funky « Time », totalement inadapté au style et à la voix du britannique, le bluesy « Can't do it wrong », qui aurait pu être une nouvelle chute de studio de Status Quo, ou encore le titre éponyme « Y Not », morceau électro-rock doté d'un break aux intonations orientales et d'évidents overdubs sur la voix de Ringo, qui gagne le prix pourtant convoité de pire morceau de l'album, aucun titre ne parvient à surnager dans cet océan de médiocrité. Allez, en se forçant un peu, l'auditeur pourrait se dire que « Everyone Wins », titre pop-rock un peu facile, pourrait faire l'objet d'un single radio potable ou encore que « Who's your daddy », titre rock sauvé par la voix de Joss Stone et par un saxo entreprenant, constitue une fin d'album sympathique. Tout cela est néanmoins bien maigre en regard de la carrière d'un artiste pourtant majeur.

Noter si mal un album de RINGO STARR provoque tout de même un petit pincement au cœur. Car si 40 ans après leur séparation la musique des Fab Four reste toujours aussi populaire, c'est tout de même un peu grâce au sang-froid, à l'humour et au talent de batteur (sinon de compositeur) d'un tonton Ringo qui prolonge aujourd'hui sa carrière musicale pour son bon plaisir et celui de ses fans. A 70 ans, le bonhomme n'a en effet guère besoin des ventes générées par ses nouveaux albums pour vivre. Saluons donc la persévérance du britannique mais, amoureux de rock bien fait et nostalgiques des Beatles, évitez de jeter une oreille sur cet insignifiant Y Not , vous vous feriez du mal.

Note réelle : 1,5/5

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   GEGERS

 
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- Ringo Starr (chant, batterie)
- Joe Walsh (guitare)
- Dave Stewart (guitare)
- Steve Dudas (guitare)
- Benmont Tench (clavier)
- Don Was (basse)
- Michael Bradford (basse)
- Paul Mccartney (basse et chant sur 'walk with you')
- Billy Squier (guitare)
- Edgar Winter (saxophone alto)
- Joss Stone (chant)
- Ben Harper (chant)
- Richard Marx (chant)
- Ann Marie Calhoun (violon)


1. Fill In The Blanks
2. Peace Dream
3. The Other Side Of Liverpool
4. Walk With You
5. Time
6. Everyone Wins
7. Mystery Of The Night
8. Can’t Do It Wrong
9. Y Not
10. Who’s Your Daddy



             



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