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ROCK CELTIQUE  |  STUDIO

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- Style : Seven Nations, The Pogues , Levellers, The Saw Doctors , Fairport Convention, Acoustic Revolution, Runrig, The Albion Band
- Membre : Ray Cooper , John Jones
 

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OYSTERBAND - Holy Bandits (1993)
Par GEGERS le 3 Septembre 2023          Consultée 520 fois

Avance rapide. Vous le savez, chez FP nous ne sommes pas du genre à aborder les artistes que nous évoquons en dilettante. Lorsque nous attaquons une discographie, nous aimons aller au bout. Les 94 chroniques consacrées aux sorties estampillées Johnny HALLYDAY, les 68 consacrées à l'œuvre de Klaus SCHULZE ou les 64 déclarations d'amour d'Erwin pour Elvis PRESLEY témoignent d'une certaine idée de l'abnégation qui habite l'esprit de nos valeureux camarades. Je vous avoue avoir un temps caressé le rêve de traiter de manière exhaustive la discographie des Britanniques d'OYSTERBAND, avant de réaliser mon échec dans cette entreprise. Non pas que le répertoire du groupe soit particulièrement fourni (une trentaine d'albums, tout au plus), mais il y a un réel fossé entre les premiers albums de la formation et ceux publiés à partir de l'aube des années 90, un fossé si large que je vous avoue ne pas avoir réussi à le franchir. Car aux albums formateurs publiés durant la décennie 1980, certes iconoclastes mais constitués pour l'essentiels de reprises dansantes de morceaux traditionnels, s'oppose la ferme volonté du groupe de faire porter sa voix, socialement engagée, parfois politisée, à partir de l'album Deserters en 1992. Il n'y a pas eu de révolution, et ce cheminement s'est fait de manière naturelle pour le groupe qui, dès le milieu des années 80, a commencé à infuser dans sa musique des morceaux de son cru. Néanmoins, ce changement qui s'inscrit dans une évolution plus globale de la scène britannique de l'époque nous laisse à penser que quelque chose se joue ici. En effet, nous voici ici à la croisée des chemins, une époque où les groupes folk se font plus rock, engagés, mordants, tandis que la scène rock creuse du côté de ses racines folk. Au milieu des POGUES, des SAW DOCTORS, des LEVELLERS, des WATERBOYS une certaine émulation s'exprime, à laquelle sera plus tard collée l'étiquette de "rock celtique". Tant pis pour les albums des années 80, et jetons-nous donc avec délectation dans ce qui constitue sans aucun doute la meilleure décennie pour nos valeureux OYSTERBAND.

Holy Bandits, considéré par beaucoup et à juste titre comme l'album essentiel de la formation, ne naît pas du néant. Non, c'est fort d'une expérience longue de plus de 10 ans que le groupe a pu ainsi mettre au point cette recette dont la saveur particulière se dégage sur cet album. Un an à peine après Deserters qui témoignait d'une certaine idée de la radicalité, John Jones et ses camarades proposent ainsi le définitif Holy Bandits, son œuvre certainement la plus aboutie. Il y a sur ce douzième album de la formation comme un air de renaissance, une sorte d'épiphanie artistique qui se retrouve dans la douceur rugueuse des mélodies folk, dans l'enthousiasme virtuose des cinq camarades, dans l'énergie parfois mélancolique du rock "riffu" ici proposé. Enregistré à Wrexham, à la frontière est du Pays de Galles, Holy Bandits débute avec "When I'm Up I Can't Get Down", classique intemporel du groupe repris et popularisé en Amérique du Nord par le groupe GREAT BIG SEA. Le folk que propose le groupe sur ce morceau est dansant, virevoltant, sautillant, décomplexé. Les motifs à l'accordéon, le mariage entre les instruments traditionnels et les guitares, ce sentiment que les musiciens jettent toutes leurs forces dans cette bataille festive, nous donne ici l'impression d'atteindre un climax, qu'il sera impossible pour OYSTERBAND de voir plus loin que ce tube indéniable, tellement naturel dans sa construction et innovant dans ses mélodies qu'il est aujourd'hui considéré par beaucoup comme un titre traditionnel daté du milieu du siècle plus que comme la réalisation hédoniste d'un groupe contemporain.

OYSTERBAND puise néanmoins dans ses ressources pour proposer un album homogène qui n'a pas à rougir de la beauté de son titre d'ouverture. "Road to Santiago" voit en effet flûte et violon s'entremêler dans une gigue frénétique et irrésistible, le morceau proposant un break plus sombre qui renforce cette envie du groupe de se rapprocher de la scène rock. Sur "I Look For You", un riff rugueux se combine avec un solo hispanisant, pour un résultat d'une poésie à la beauté désarmante. Alors que le groupe se politise en sous-main, sans de déclarer ouvertement comme il le fera sur The Shouting End Of Life, il va de soi que les morceaux qui constituent cet album ne sont aucunement anodins. Il y a du sens et de la profondeur sur "We Shall Come Home", qui voit le violon adopter des sonorités électriques parfois stridentes, générant une sorte de tension et radicalisant la musique. Plus festifs, le rock direct de "Gone West" ou les ambiances façon pub irlandais de "Here's To You" (violoncelle, violon, bodhràn et accordéon s'en donnent à cœur joie) apportent une touche de légèreté, au même titre que l'espiègle "Blood Wedding" final, qui boucle la boucle avec brio. Plus solennel, "A Fire is Burning", minimaliste autant que puissant, propose un riff en cavalcade sur lequel se superposent un violoncelle apaisant et un violon vindicatif qui, pour sa part, verse de l'huile sur le feu. Le résultat est splendide. Seul titre traditionnel présent sur cet album, "Ramblin' Irishman" qui évoque l'émigration massive des Irlandais vers l'Amérique à partir du milieu du 19ème siècle, est interprété ici avec une délicatesse amère. Son intensité n'en est que décuplée.

Tout est là. Holy Bandits, où le mélange parfait entre la tradition folk britannique séculaire et l'impertinence rock de la nouvelle génération de musiciens qui ont à cœur de se faire aider de la distorsion pour porter leur propos plus frontalement engagé. L'album est à la fois direct et subtil, tant et si bien que chaque nouvelle écoute révèle un détail négligé, une mélodie en filigrane, un trait d'esprit inattendu, marque de ces grands albums qui vous accompagnent la vie durant. Unanimement reconnu comme le travail le plus aboutis des inépuisables OYSTERBAND, nous avons ici affaire à un essentiel de la scène folk/rock britannique.

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- John Jones (chant, accordéon)
- Ray 'chopper' Cooper (basse, violoncelle, guitare)
- Lee (batterie, bodhran, percussions)
- Alan Prosser (guitare, mandoline, banjo)
- Ian Telfer (violon)


1. When I'm Up I Can't Get Down
2. Road To Santiago
3. I Look For You
4. Gone West
5. We Shall Come Home
6. Cry Cry
7. Here's To You
8. Moving On
9. Rambling Irishman
10. Fire Is Burning
11. Blood Wedding



             



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