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POST-ROCK  |  STUDIO

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- Style : The Mount Fuji Doomjazz Corp.
- Membre : A Silver Mt. Zion

GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR - F♯a♯∞ (1997)
Par SEIJITSU le 16 Septembre 2010          Consultée 2216 fois

En 1997, tout le monde se fiche du post-rock. Le genre évolue de manière quasi-confidentielle et semble complètement éclipsé par les chantres de la musique électronique expérimentale du moment (l’IDM, le nouveau phénomène de la jungle) et par un genre plus populaire et grand public : la britpop.

Cette deuxième sortie des canadiens de GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR (leur première étant une obscure cassette sortie à une poignée d’exemplaires), fait pourtant figure d’énorme pavé dans la mare. Ce qu’on remarque en premier, c’est la face obscure de GY!BE en étroite parenté avec la noirceur du trip-hop. Ce dernier semble vouloir à tout prix récupérer les fans de la génération grunge, laissés à l’abandon par la mort de leur icône. Cependant, la principale influence de cette joyeuse troupe vient tout droit du grand TALK TALK avec cette volonté de jongler entre les silences et les furies instrumentales. Le groupe montre déjà une sacrée personnalité, avec des morceaux dont la longueur a de quoi effrayer plus d’un (un quart d’heure les deux premiers titres et 29 minutes le dernier). Les membres du combo se veulent être un groupe sans image. Ils montrent aussi qu’ils sont un collectif et pas un petit groupe de rock classique. L’identité visuelle est également très forte avec cette pochette d’un paysage post-apocalyptique qui évoque déjà beaucoup de chose et attire irrémédiablement l’œil.

La musique ? Comme je l’ai déjà dit leur recette restera globalement la même pendant toute leur carrière et inspira bon nombre de groupes post-rock quelques années plus tard. Ces jeunots ont bien retenu les leçons de Mark HOLLIS et n’hésitent pas à jouer avec les silences. Même s’ils vont souvent plus loin dans la recherche sonore en s’aventurant sur les terres de l’ambient et parfois du drone (flagrant dans les dernières minutes de « East Hastings »). « The Dead Flag Blues » démarre sur un sample politique attaquant le gouvernement et la société dans tous ses recoins pour finalement aboutir à des accords de guitares blues. Ce morceau est sûrement l’un des meilleurs du groupe mais aussi étrange que cela puisse paraître, il s’agit d’un des rares titres qui ne possède pas ces fameuses montées en puissance qui l’ont rendu si populaire. Mais au contraire, il est caractérisé par une descente ahurissante semblable à une chute interminable dans le vide. C’est peut-être pour cette raison que je le considère comme le meilleur titre du disque, qui est sûrement un des rares dans leur répertoire à ne posséder aucune longueur. Les morceaux suivants démarrent de la même manière : un sample nous accueille pour nous amener dans une suite de mouvements à la manière des morceaux fleuves de l’antique rock progressif. On remarquera aussi la présence d’instruments à vent et à corde qui augmentent l’aspect imposant de leur musique. Les guitares, elles, jouent à l’économie et mais savent rugir aussi à certains moments.

Il y a néanmoins quelques défauts comme ces habituelles longueurs dont seul GY!BE a le secret. Mais elles restent pardonnables et renforcent le côté introspectif que peut avoir cette œuvre. Le seul défaut qui mérite d’être pointé du doigt c'est l’incohérence que peuvent avoir certains enchaînements entre deux mouvements. Si certaines transitions sont admirables, d’autres sont gênantes et peinent à convaincre. Comme les dernières minutes de « East Hastings », morceau qui se voit passer d’un moment contemplatif à une mélodie enfantine. Ces reproches restent néanmoins du chipotage. Car la musique de l’empereur noir possède suffisamment de qualités pour les éclipser sans difficulté.

Cet album est en plus accessible et reste un excellent moyen de découvrir le post-rock dans les meilleures conditions qui soient. Le disque suivant est peut-être plus populaire mais souffre d’un côté caricatural qui le dessert complètement. La leçon sera d’ailleurs retenue et le groupe reverra son propos avec son troisième album. Ce qui sera une très bonne idée.

Donc ne faites pas attention à la note, qui s’inscrit ici dans une logique de cohérence par rapport au reste de la discographique. Car F♯A♯∞ a beau être perfectible, il reste un très bel (et sombre) album.

PS : Il est à noter que la version chroniquée ici est une version CD. La version vinyle possède une liste de chansons différente qui n’est autre que : 1) Nervous, Sad, Poor... 2) Bleak, Uncertain, Beautiful...

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   SEIJITSU

 
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- Aidan Girt (batterie)
- Bruce Cawdron (percussion)
- David Bryant (guitare)
- Efrim Menuck (guitare électrique)
- Mauro Pezzente (basse)
- Mike Moya (guitare)
- Norsola Johnson (violoncelle)
- Thea Pratt (cor)
- Thierry Amar (basse)


1. The Dead Flag Blues
2. East Hastings
3. Providence



             



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