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- Membre : Roxy Music
- Style + Membre : Brian Eno , Robert Fripp

FRIPP & ENO - The Equatorial Stars (2004)
Par ARP2600 le 4 Septembre 2011          Consultée 2199 fois

On a parfois de bonnes surprises... J'avoue que je n'attendais pas grand chose de cet album, au vu des précédentes collaborations entre les deux hommes. Mais il me faut bien reconnaître que The Equatorial Stars m'a charmé. Il s'agit d'un très beau disque de musique ambiante, profitant beaucoup de la technique électronique moderne.

Avant toute chose, rappelons quelques faits sur Robert Fripp et Brian Eno. Deux musiciens à idées, ayant tout deux très vite cherché à tisser des ambiances sonores très amples. Si on n'oublie pas que Fripp est un fantastique guitariste, il a également très tôt utilisé des instruments électroniques comme le mellotron et le VCS3. Un point commun frappant des deux musiciens est qu'ils n'ont jamais vraiment réussi à travailler seuls, multipliant les collaborations, ou tout simplement le travail en groupe en ce qui concerne Fripp. Il est de ce fait étonnant que leur dernier album en binôme avant celui-ci remontait à presque trente ans. En effet, ils ont déjà publié deux disques de musique ambiante en 73 et 75 : No Pussyfooting et Evening Star. Le titre me laissait présager une véritable suite du deuxième.

Mais comme je le disais, une différence essentielle est l'évolution du matériel. Dans les albums des années 70, le son est somme toute ingrat. Et pourtant j'aime beaucoup les instruments analogiques de l'époque mais il était ardu de réussir le tour de force d'un beau disque ambiant avec ceux-ci. En vérité, je trouve que Brian Eno n'a jamais été un très bon compositeur, il a une nette tendance à la monotonie. Quant à Robert Fripp, il tombe facilement dans le piège de longues notes lancinantes avec ses guitares. Pour ceux qui connaissent un peu plus King Crimson, on peut remarquer cette tendance très nettement sur les morceaux les plus abstraits de Three of a perfect pair. Et donc, c'est une question de goût bien sûr, mais ceci pour dire que je n'aime pas trop le mélange créé dans les deux anciens albums, donc.

Par contre, avec des morceaux plus courts et une meilleure résolution des sons, c'est tout-à-fait différent. Quant on réussit à vraiment travailler en finesse, la monotonie devient hypnotique et fascinante. Le choix de morceaux de sept minutes en moyenne évite d'autre part une trop grande lassitude. Gageons que, dans leur cas, les trente ans d'expérience ont été très bénéfiques, en tout cas, The Equatorial Stars réussit là où Fripp et Eno, ensemble ou chacun de leur côté, ont souvent échoué.

Parlons un peu des étoiles en question. Certains choix sont surprenants, d'autant que tout n'est pas vraiment sur l'équateur céleste. Les titres désignent étoiles, constellations et astérismes. La Lyre et le Loup sont deux constellations, l'une nettement au Nord, l'autre bien au Sud, c'est bien parti. Altaïr est une étoile très brillante et plutôt connue de la constellation de l'Aigle, Tarazed fait également partie de celle-ci. Meissa est dans la constellation d'Orion. Ces trois-là sont près de l'équateur, rien à redire. Par contre, Ankaa, faut pas pousser... elle fait partie du Phénix, avec une déclinaison de -42°, presque à mi-chemin du pôle. Le dernier morceau est consacré au Terebellum, un petit astérisme de quatre étoiles dans la constellation du Sagittaire, bien au Sud de nouveau. Enfin, assez de médisances, ils ont sans doute voulu parler de choses facilement visibles depuis les régions équatoriales de la Terre, tout simplement.

Mais qu'importent les étoiles qui ont été choisies. Toutes ont des noms arabes, perses, latins, qui renforcent le mystère de l'espace. La musique, très ambiante donc, est tout-à-fait dans l'optique habituelle de la musique cosmique, proposant avec des rythmes éthérés une vision des étendues infinies de l'espace. Je ne vais pas vraiment détailler les morceaux, ils sont de toute façon difficiles à décrire. En tout cas, dès l'ouverture «Meissa», on sera frappé par la subtilité du travail. Ensuite, je dirais que chaque morceau offre quelque chose de sensiblement différent. Après les notes cristallines du début, on trouve des arpèges sur «Lyra», quelque chose de très dépouillé sur «Tarazed», des sons percussifs discrets sur «Lupus», un morceau lancinant et un peu dissonant avec «Ankaa» (qui est donc logiquement celui que j'aime le moins), une rythmique bien marquée voire assez funky sur «Altair» et, au contraire, un paysage abstrait, sombre et dilué, qui n'est pas sans rappeler le fantastique Atem de Tangerine Dream, sur le final «Terebellum».

En bref, retour gagnant en 2004 pour Fripp&Eno, qui livrent ici sans conteste leur meilleure production en duo. Je ne suis pas un spécialiste de l'ambient, mais je ne doute pas qu'il s'agit d'un des plus beaux disques du genre de ces dernières années. Comme ils ont réussi à ne tomber dans aucun excès et à varier la musique dans les limites du vocabulaire du genre, il s'agit de plus d'un disque très accessible et plaisant. Je le recommande très chaudement à toute personne partante pour une belle séance de méditation.

Note : 4,5/5

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- Robert Fripp (all music, guitares)
- Brian Eno (all music)


1. Meissa
2. Lyra
3. Tarazed
4. Lupus
5. Ankaa
6. Altair
7. Terebellum



             



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