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- Style : Saez

RAPHAëL - Pacific 231 (2010)
Par GEGERS le 20 Novembre 2010          Consultée 1566 fois

Qu'on l'apprécie ou non, il faut bien reconnaître à RAPHAËL un certain talent. Que ce soit à travers ses collaborations diverses et variées (Stephan Eicher, Calogero, Jean-Louis Aubert...) ou sur ses propres albums, le bonhomme a réussi, depuis une dizaine d'années, à se forger un univers propre et reconnaissable entre mille. Ses bleuettes folk acoustiques, agrémentées de minauderies vocales délectables ou insupportables (rayez la mention inutile), ont permis à l'artiste de s'installer durablement dans un paysage musical français en pleine déchéance. Alors que les artistes « jetables » représentent une part de plus en plus importante du catalogue de nos chères maisons de disques (qui restent malgré tout constantes dans la médiocrité de leurs sorties), savoir qu'un artiste peut durer possède ce petit quelque chose de rassurant qui fait que l'on aborde de manière bienveillante et optimiste.

Un optimisme rapidement mis à mal par le premier morceau, « Terminal 2B », sorte de poème chanté, façon Benjamin Biolay, qui introduit l'opus de manière étrange et peu judicieuse. Si l'on y ressent une certaine urgence, ces sons électro soutenus par un saxophone et sur lesquels RAPHAËL se transforme en dépressif enamouré (« Tu sais que le seul type que je déteste assez au point de lui tirer dessus c'est moi-même ») se révèlent rapidement imbitables et stressants, indignes du talent supposé de l'artiste. Mais alors que « Bar de l'Hôtel » prend la suite, on se reprend à y croire. Guitare acoustique, voix plaintive, « tu tu tu tu » à la « Caravane », RAPHAËL revient aux fondamentaux pour un titre totalement anecdotique et déjà écrit 10 fois par l'artiste, mais permettant de retrouver sa patte, son univers.

Puis l'album se déroule, doucement, lentement, alternant les genres et les références, sans jamais trouver à quelque moment que ce soit le moyen de convaincre et satisfaire. On navigue (à vue) entre rock électro indigeste (« La Locomotive », « Prochaine Station »), ambiances indiennes faites de bric et de broc (« Dharma Blues ») et folk à deux balles usé jusqu'à la corde. Faussement vindicatif et se dotant d'une conscience sociale, RAPHAËL rend un bien piètre hommage à Renaud sur « Le Patriote » tout en singeant une mélodie des Fatals Picards qui ont décidé de ne pas lui en tenir rigueur. C'est gentillet, inutilement ordurier (à quoi servent les insultes sans talent littéraire pour les justifier ?), et décidément désolant. On pense parfois à un Saez en mal de conviction (« Je Hais les Dimanches », « Versailles »), et on s'enfonce dans une dépression truquée qui semble tout sauf naturelle. Lorsque RAPHAËL se transforme en poète maudit, conchiant la société qui l'entoure, il agace et énerve plus qu'il ne séduit. Quitte à entendre du Saez ou du Renaud, je préfère encore me repasser l'original, merci.

Restent deux petits morceaux, qui parviennent à relever légèrement le niveau de l'ensemble. « Manteau Jaune », piano/voix délicats et sensibles, montre l'artiste sous son meilleur jour, inspiré et convaincant. Pas de bol, le morceau a été écrit par Gérard Manset. Petit délire linguistique, « L'alphabet des Gens » (présent sur la version limitée de l'album) et ses ambiances arabisantes est une petite sucrerie originale et, pour le coup, vraiment appréciable.

Mais voilà, c'est tout. Lorsqu'il ne se singe pas, RAPHAËL tente d'expérimenter ou de copier ses contemporains sans jamais parvenir à intéresser ou à convaincre. Si la voix geignarde et pleureuse de l'artiste suffit à insuffler aux compositions une touche personnelle, elle ne suffit pas pour transformer des morceaux de deuxième division en champions... Un album anecdotique et désespérant pour un RAPHAËL, dont la réputation semble surfaite... A éviter, à l'exception des deux petites perles pré-citées.

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- Raphaël (chant, guitare)


1. Terminal 2b
2. Bar De L'hôtel
3. Locomotive
4. La Petite Misère
5. Manteau Jaune
6. Je Hais Les Dimanches
7. Ce Doit Etre L'amour
8. Le Patriote
9. Versailles
10. Dharma Blues
11. Je Détruis Tout
12. Prochaine Station
13. Odyssée De L'espèce
14. L'alphabet Des Gens
15. Dépression N'7
16. La Fée



             



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