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ROCK PSYCHEDELIQUE  |  LIVE

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The DOORS - In Concert (1991)
Par PINHEAD le 10 Avril 2011          Consultée 3213 fois

C'est étrange comme chaque groupe est identifié par SON live de référence. Album archiculte à la réputation parfois exagérée, le live mythique est généralement le disque qui permet de faire entrer son groupe dans la légende.

Je vous dis DEEP PURPLE? Vous me répondez Made in Japan.

Je vous dis THE WHO? Vous me répondez Live at Leeds.

Je vous dis ROLLING STONES? Vous me répondez Get Yer Ya-Ya's Out!

Je vous dis THE DOORS? .............

C'est une réalité : les albums live des DOORS n'ont pas marqué les esprits, loin de là. Connaissant les désastreuses prestations alcoolisées du groupe en concert et l'abondance d'enregistrements live sur le marché depuis le début des années 2000, on comprend pourquoi la mémoire collective n'a pas retenu un album particulier du groupe sur scène.

J'ai acheté et découvert ce double CD In Concert à 13 ans. La scène de rencontre peut paraître stéréotypée romanesque, un peu comme dans un Stendhal, où dans un Flaubert... Vous savez: un lieu romantique, une rencontre totalement hasardeuse, un visage marquant et magnifique, une particularité qu'on ne retrouve chez aucune autre femme...
Ainsi, c'est dans une brocante (véritable paradis du collectionneur), que je tombe complètement par hasard sur une pochette magnifique qui recouvre un DOUBLE CD (!!) live inconnu du groupe le plus fascinant de la fin des 60's. Mon premier album des DOORS...
Pour un prix relativement modique, me voilà en possession d'un live dont je n'avais jamais entendu parler. Après tout, je l'avais principalement acheté pour ça...
Le hasard fait bien les choses : les probabilités de trouver un disque médiocre étaient tellement exorbitantes que j'aurais pu être dégoûté toute ma jeunesse des DOORS, juste à cause d'un live de merde trouvé dans une brocante foireuse. On dit souvent que le premier album d'un groupe que l'on écoute est le plus important : c'est celui qui définit la vision de l'artiste pendant un paquet de temps.

Sûrement le destin : aujourd'hui, THE DOORS est l'un de mes groupes préférés. Et ce disque... Comment dire? C'est une tuerie. Assurément le meilleur témoignage live du groupe originaire de Venice Beach. In Concert est en fait une compilation de plusieurs disques lives : l'intégrale de Absolutely Live (1970) et de Alive She Cried (1983) et trois morceaux de Live at The Hollywood Bowl (1987).
Sur le papier, l'opération peut paraître absolument douteuse et commerciale. Fusionner 3 disques live dont un incomplet, y ajouter le seul morceau en concert de l'album posthume An American Prayer et restaurer le tout, ça pue l'attrape couillon, je vous l'accorde.

Cependant, l'opération se montre très profitable : les défauts qui entachent le plus Absolutely Live et Alive She Cried (le son) sont effacés par l'excellente remasterisation, et du concert au Hollywood Bowl n'ont été retenus que les bonnes interprétations. On a en tout plus de 140 minutes de musique : il faut donc s'attendre à une tracklist très hétérogène.
Les tubes sont presque tous là et remarquablement bien joués et chantés : "Light My Fire", "Break On Through", "Love Me Two Times", "The Unknown Solider", "Moonlight Drive"... La voix de Morrison est au top : Parfois cristalline, parfois caverneuse... Le chanteur est encore à l'aise dans tous les registres.
On retrouve également de nombreux blues, ce qui montre qu'avant même l'enregistrement de The Soft Parade, les DOORS étaient déjà fascinés par le style du Mississippi. Robbie Krieger use et abuse de son bottleneck avec "Texas Radio & The Big Beat", "Close To You", "Who Do You Love" et surtout l'énorme "Little Red Rooster". Pas grand chose à redire sur la qualité de ces interprétations qui démontre que le groupe sait jouer sur ce terrain aussi bien que sur celui du rock psychédélique (et il faut savoir qu'à l'époque de l'enregistrement des livesprésents sur cette compilation, la bande à Jim n'avait sorti ni Morrison Hotel, ni L.A Woman).
On remarque également sur le premier CD trois medleys, ou comment parfaitement accommoder ses chansons dans cet exercice très difficile qu'est le melting-pot. Les deux premiers alternent poèmes et titres plus connus. Le troisième, beaucoup plus intéressant, n'est autre que la légendaire "Celebration Of The Lizard" dont l'interprétation est d'autant plus jouissive qu'elle est la première version disponible, avant celle incluse dans le remasters de Waiting For The Sun (pour plus d'informations sur le morceau, veuillez vous rendre à la chronique de l'album juste cité).

Et puis les deux morceaux fleuves! Il faut le faire quand même! Réussir à caser deux morceaux d'un quart d'heure sur un album (même double) sans obstruer sur les morceaux plus concis relève de l'exploit. Et un exploit remarquable : "The End" et "When The Music's Over" sont grandioses et démontrent l'aisance et la capacité d'improvisation du groupe devant un public. Injectant l'ingénieur des lumières, interpellant le public pour lui raconter des anecdotes, accélérant et ralentissant le rythme des morceaux pour en tirer les maximum... Le groupe (et surtout Jim Morrison) transpire de charisme et d'intensité sur ces deux morceaux. Quelle joie d'entendre "When The Music Is Over" à sa place naturelle, c'est à dire sur scène devant une foule engagée. Quel bonheur d'entendre Jim Morrison crier "FUCK YOU MY MOM, ALL NIGHT LONG" sans aucune censure...
Les deux morceaux sont tirés du Live au Hollywood Bowl, tout comme l'orgasmique "The Unknown Soldier" et sa superbe mise en scène... Pourtant le plus faible des trois live qui composent le double CD, le show à l'Hollywood Bowl fait bonne figure en incluant à In Concert ses trois meilleurs morceaux.
Même le petit intrus tiré de l'American Prayer, "Roadhouse Blues", est excellent grâce à l'énergie que met le frontman sur son titre.

Je crois avoir utilisé tous le vocabulaire élogieux que je connais dans cette critique, et cela ne suffit pas. Cette compilation est purement indispensable malgré son manque de renommée (due en partie à sa date de sortie). Les DOORS ont su de plus proposer une tracklist parfaite, exploitant toutes les possibilités d'un groupe en live (blues inattendus, medleys, poèmes, longs morceaux, dialogues avec le public) sans négliger la présence de tubes. Une longue chronique pour un long disque...

5/5

Coup(s) de coeur: "The Unknown Solider", "When The Music's Over", "Light My Fire"

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   PINHEAD

 
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- Jim Morrison (chant)
- Ray Manzareck (claviers)
- John Densmore (batterie)
- Robbie Krieger (guitare)


- disque 1
1. House Announcer
2. Whod Do You Love
3. Alabama Song
4. Backdoor Man
5. Love Hides
6. Five To One
7. Build Me A Woman
8. When The Music's Over
9. Universal Mind
10. Petition The Lord With Prayer
11. Dead Cats, Dead Rats
12. Break On Through
13. Lions In The Street
14. Wake Up
15. A Little Game
16. The Hill Dwellers
17. Not To Touch The Earth
18. Names Of The Kingdom
19. The Palace Of Exile
20. Soul Kitchen

- disque 2
1. Roadhouse Blues
2. Gloria
3. Light My Fire
4. You Make Me Real
5. Texas Radio & The Big Beat
6. Love Me Two Times
7. Little Red Rooster
8. Moonlight Drive
9. Close To You
10. The Unknown Solider
11. The End



             



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