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- Style + Membre : Jean-jacques Goldman

FREDERICKS / GOLDMAN / JONES - Fredericks/goldman/jones (1990)
Par SUNTORY TIME le 25 Avril 2011          Consultée 3239 fois

La légende dit que Jean-Jacques GOLDMAN, alors qu’il travaillait sur la Bande Originale du film l’Union Sacrée (1989), eu une idée de génie. Et s’il formait un groupe ? Ou plutôt un collectif où chaque membre aurait une importance égale. C’est la chanson « Brother » (de loin la meilleure de la BO de l’Union Sacrée) qui est à l’origine du déclic. Ce titre est composé par GOLDMAN, les paroles anglaises sont de Michael JONES, le fidèle guitariste, et l’interprétation est signée Carole FREDERICKS, choriste de J.J. depuis 1985.

Après l’album live Trace (tournée de Entre Gris Claire et Gris Foncé) en 1989, le nouveau disque studio de GOLDMAN apparaît en début de la nouvelle décennie. Mais ce n’est pas sous son nom unique que cet album sans titre apparaît. A l’instar de Emerson, Lake & Palmer (alias ELP), voici le trio FREDERICKS / GOLDMAN / JONES (alias FGJ). Cette formation va, durant 5 années, deux albums studio et deux lives, survoler la grande pop francophone avec une qualité exceptionnelle.

Nous voilà avec trois voix, celle de Goldman bien sûr, qui la maîtrise de mieux en mieux après 15 ans de carrière. Carole Fredericks ne se tient plus qu’au rôle de choriste et apporte une énergie faite de soul et de gospel à la majorité des titres de l’opus. Quant à Michael Jones, le voilà qui nous gratifie de son accent gallois sur des textes français. Mais il faut bien dire ce qui est, Jean-Jacques reste le Boss, écrivant et composant la totalité des morceaux. Et l’on peu dire que la qualité d’écriture est encore plus aboutie qu’elle ne l’était sur l’album précédent, entre guitares acoustiques, cuivres en pagailles, et solos de guitares impeccables. Quant aux claviers, ils sont plus discrets que lors des arrangements des années 80, mais restent importants dans la construction de morceaux. Le piano dans toute sa pureté est beaucoup plus présent, et joué par Goldman lui-même, c’est ainsi qu’il cède le rôle de guitariste pour l’essentiel à Michael Jones, dont le talent n’est plus à prouver.

« C’est Pas de l’Amour » ouvre tout en délicatesse l’album et offre un bon condensé de son ambiance générale. Guitare acoustique pour la finesse, électrique pour de belles envolées finales, partage du chant entre F, G et J, un solo de saxo qui fait toujours son petit effet… des ingrédients qui ne nous sont pas inconnus dans la musique de Goldman, mais ici, le son est plus sincère, moins stéréotypé années 80. Fredericks/Goldman/Jones est un disque chaleureux, convivial (à l’image de la pochette), urbain et nocturne. Ce sont des chansons de concerts, que l’on découvrirait dans un petit cabaret avec ce qu’il faut de chaleur humaine, entre morceaux paisibles et touchants (« C’est pas de l’Amour », « Nuit », « Tu Manques ») et envolées plus "Rock N’Roll Baby !" (« Vivre Cent Vies », « Un, Deux, Trois », « Je l’Aime Aussi » …). La guitare se paye la part du lion sur « Vivre Cent Vie » et ses solos d’anthologie, ainsi que sur « Je l’Aime Aussi » où le refrain tout de cuivre vêtu est un régal, et ce pendant plus de 6 minutes !

« Un, Deux, Trois » est une chanson joyeuse en hommage au Rock N’Roll, le vrai, celui dans lequel nos trois lascars sont tombés quand ils étaient petits. Là encore on retrouve cette ambiance de concert, de joie et de convivialité. Pas étonnant que ces morceaux ont eu un grand succès radiophonique, pourtant moindre que « A Nos Actes Manqués » dans un style davantage « musique des îles » qui détonne avec le texte très sombre, parlant des regrets de la vie, des « Actes Manqués » justement. Autre grand hit, la merveilleuse « Nuit », lente et mélancolique où Carole Fredericks chante le couplet final en anglais. Magnifique, avec cette rytmique de tambourin tout du long et cette guitare aux accents « Knopfleriens ». « Nuit » est clairement l’un des sommets du disques.

L’autres sommet ? C’est sans conteste « Tu Manques », où Goldman se retrouve seul, à chanter d’une voie triste et fragile. Il s’agit d’un hommage à son père, mort deux ans auparavant, même si Goldman ne l’a jamais admis directement. Lente, atmosphérique, guitares et harmonica lointains, piano mélodieux… nous voilà peut-être en présence de la plus belle des chanson de Jean-Jacques Goldman. La plus longue aussi dans sa carrière francophone, car cette mélancolique mélodie urbaine et nocturne s’étend sur plus de 9 minutes. Rarement on a atteint un tel niveau d’émotion, avec des paroles magnifiques de surcroît.

Si les autres chansons détonnent un peu du climat général de l’album, elle restent de qualité, surtout « Né en 17 à Leidenstadt » où nos trois compères posent la question critique : Qu’aurait-on fait si on avait été allemand dans les années 30 ? Si on avait été des gamins des rues de Belfast lors du Bloody Sunday ? Si on était membre d’une riche famille afrikaner en Afrique du Sud ? Facile de donner des leçons quand on n’a pas vécu l’époque en question…

« Peur » parle à la première personne du pluriel du racisme ordinaire, dans un composition assez étrange, entre rock et influence 8O’s très présente. Quant à « Chanson d’Amour (… !) », la parenthèse et le « ! » sont de rigueur car jamais on a entendu une chanson aussi pessimiste sur l’Amour. Mais la conclusion du titre est bien trouvée : « Y a rien de pire que l’Amour. Sauf de ne pas aimer ».
No comment.

Inutile de tourner autour du pot, Frederick/Goldman/Jones est un grand disque, peut-être même le meilleur disque de Goldman (période solo incluse). La période FGJ marque l’apogée de la créativité de notre J.J national, qui trouve ici une énergie nouvelle. Une américaine, un français et un britannique pour un trio fabuleux, les Fab’ Three oserais-je dire !


P.S : Ce disque, par sa saveur allant bien au-delà de la musique franco-française, a eu un petit succès jusqu’au USA. Une édition américaine a vu le jour avec une pochette légèrement différente. Trois chansons du disque ont été réinterprétées en anglais : « Vivre Cent Vies » devient « To Live One Hundred Lives », « Né en 17 à Leidenstadt » devient « Born in 17 in Leidenstadt », et « A Nos Actes Manqués » devient « To the Deeds We Missed ».

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   SUNTORY TIME

 
   MARCO STIVELL

 
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- Jean-jacques Goldman (chant, piano, guitares, claviers, harmonica)
- Michael Jones (chants, guitares)
- Carole Frederiks (chants, chœurs)
- Eric Benzi (programmation, claviers, synthé)
- Claude Salmieri (batterie)
- Pino Paladino (basse)
- Gildas Arzel (guitares)
- Kick Horms Street (cuivres)
- Basile Leroux & Patrice Tison (guitares sur “tu manques”)


1. C’est Pas De L’amour
2. Vivre Cent Vies
3. Né En 17 à Leidenstadt
4. Un, Deux, Trois
5. Nuit
6. Je L’aime Aussi
7. Chanson D’amour (… !)
8. A Nos Actes Manqués
9. Peurs
10. Tu Manques



             



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