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LIVE DOUBLE, FOLK ET ROCK  |  LIVE

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- Style + Membre : Jean-jacques Goldman

FREDERICKS / GOLDMAN / JONES - Du New Morning Au Zénith (1995)
Par MARCO STIVELL le 4 Septembre 2017          Consultée 334 fois

Enfin un live digne de ce nom pour GOLDMAN, en trio ou non ! Peut-être pas complet, mais au moins consistant, réussi, avec les interventions parlées de lui-même, de JONES et FREDERICKS, et même une touche hybride entre le fameux concert acoustique d'avril 1994 au New Morning (Paris) et le déluge électrique des dates suivantes. Tout ça en même temps, sur un coffret double CD qui cartonne en France et ailleurs, succès logique après le concept de Rouge très risqué, avec la chanson-titre pour tube, certes, mais déjà bien détonnant dans la pop/variété habituelle. C'est bien simple, à sa sortie en 1995, devant ce live, il n'y a que l'album écrit pour Céline DION, en première position des ventes. GOLDMAN est bien au zénith, non pas la salle de concerts, l'autre.

Le concert au New Morning a beau être acoustique, il n'est pas minimaliste pour autant, puisque tout le groupe habituel de GOLDMAN accompagne le trio. En dehors de FREDERICKS, lui et JONES jouent des guitares folk, Le Péron est à la basse "sèche", Cricri d'Amour à la batterie "légère" - même si à certains moments il tonne comme il faut, sur l'épique et merveilleux "Ne Lui Dis Pas" en particulier -. Jacky Mascarel, Philippe Grandvoinet pour sa toute dernière tournée, Erick Benzi seconde Deschamps aux percussions et pas de saxophone solo ni de cuivres, nulle part (même pas sur le live électrique). Une tournée assez particulière, mais qui reste dans les mémoires.

Ce n'est pas seulement à cause de la très jolie version de "Pas Toi", toute en harmonies vocales et très douce, loin de la déchirure originelle, qui paraît en single et passe en radio, encore des années après. GOLDMAN fait aussi des morceaux solo vocalement, comme "Confidentiel", en donnant tout l'espace possible à la musique, solo de guitare, arrangements piano-claviers, tambourin joué à la batterie, des aspects très 90's qu'on aime. "C'est Pas d'l'amour", avec les passes chantées du trio sur la transition, donne l'impression qu'on n'aura pas le décollage final, et en fait si !

Si certains moments laissent rentrer les silences ou sont jouées de la façon la plus dépouillée (excellent "Veiller Tard"), avec un piano électrique très présent et favorisé par GOLDMAN, le New Morning brille par son ambiance bon enfant. Les musiciens délirent entre eux, parfois pour un rien (le fameux moment où JONES parle de crème solaire hydratante = fou rire de Jean-Jacques), il y a des morceaux mineurs – à mon goût – mais qui rendent très bien dans ce contexte, "P'tit Blues Peinard", "Jeanine Medicament Blues", "Quelque Chose de Bizarre"... Petit bémol pour "Un, Deux, Trois" version swing, même s'il permet de laisser plus de place à Le Péron, et pour "Tobacco Road" qui alourdit une partie de reprises soul néanmoins bienvenue et très fraîche.

Après ce concert caritatif (les recettes vont à Amnesty International), avant la fin du CD 1, on est déjà passé au concert "sérieux", celui de la vraie tournée rock de GOLDMAN et son groupe talentueux. Si la réalisation de Rouge pouvait le rendre déroutant par moments, le live a ce côté direct, avec des guitares sans concession, encore plus "hard". La relance de "Comme Toi", après le solo de violon, élève cette version au rang de la meilleure existante ! Juste après, "Être le Premier" enterre son originale de 82, avec une coda gospel/country et les soli d'instruments. Yeah!

JONES et GOLDMAN font un boulot fabuleux, bien secondés par Deschamps et Le Péron. On pourrait même regretter que Patrice Tison n'ait pas été sorti de son carcan studio pour avoir un troisième fou furieux à la six cordes. Le Gallois est impérial sur "Des Vies". "Des Vôtres" perd son solo de piano virtuose mais gagne un tonnerre de distorsion, encore plus remarquable sur "On N'a Pas Changé", époustouflant avec le synthé qui réclame son temps de parole. Un des moments d'anthologie de GOLDMAN en concert ! Il ne manque que "Elle Avait 17 Ans", cité de loin dans l'intro funky de "On N'a Pas Changé".

C'est la spécificité de ce live, le son Rouge en plus dur et en mieux. La couleur vive qui irradie jusque dans le soleil d'"À Nos Actes Manqués", "Je Commence Demain", et des quelques échanges avec le public. La chaleur de la scène, du public très présent, et la froideur de certaines ambiances, comme l'intro "industrielle" d'"Envole-Moi", sur laquelle Carole FREDERICKS est un peu hors-sujet, hélas. Les chansons du dernier album sont plus convaincantes, plus folles ! À grands coups de guitares blues et rock, GOLDMAN rend un vibrant hommage à ses idoles, STATUS QUO, HENDRIX (dans les citations de "Fermer les Yeux").

Et puis il y a les choeurs de l'ex-Armée Rouge, qui débarquent de façon inattendue sur le "refrain" de "Il Suffira d'un Signe". Bam ! Cette classe... La montée finale, avec les vocalises de la chorale soviétique, c'est à en donner des frissons, pour la musique, pour le contexte, l'Histoire... Pensez un peu, un descendant de Polonais qui fait chanter des Russes ! Voilà une belle leçon d'humanité, sans discours politique forcé ; rien que la musique et les mots qui conviennent. Le tube "Rouge" bien sûr, dans la sueur, la fin de "Puisque Tu Pars" et un rappel de "Serre-Moi" (qui ouvrait le concert), à pleurer de bonheur. Un double disque essentiel, qui commence légèrement, et qui, à la fin, vous oblige à reprendre des mouchoirs et remettre du déodorant. N'oubliez pas la crème solaire hydratante !

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Carole Fredericks (chant, percussions)
- Jean-jacques Goldman (chant, guitares, piano électrique)
- Michael Jones (chant, guitares, harmonica)
- Claude Le Péron (basse, choeurs)
- Christophe Deschamps (batterie, choeurs)
- Philippe Grandvoinet (claviers, choeurs)
- Jacky Mascarel (claviers, choeurs)
- Erick Benzi (percussions, choeurs)
- Beckie Bell, Yvonne Jones (choeurs)
- Choeurs De L'ex-armée Rouge


- acoustique
1. Veiller Tard
2. Ne Lui Dis Pas
3. Quelque Chose De Bizarre
4. Jeanine Médicament Blues
5. Il Part
6. Il Y A
7. P'tit Blues Peinard
8. Confidentiel
9. C'est Pas D'l'amour
10. Un, Deux, Trois
11. Pas Toi
12. Think (aretha Franklin)
13. Knock On Wood (eddie Floyd)
14. Tobacco Road (john D. Loudermilk)
- electrique
15. Serre-moi (début)
16. Des Vôtres
17. Envole-moi

1. Que Disent Les Chansons Du Monde ?
2. Comme Toi
3. Être Le Premier
4. Je Commence Demain
5. Des Vies
6. On N'a Pas Changé
7. Frères
8. Juste Après
9. A Nos Actes Manqués
10. Fermer Les Yeux
11. Il Suffira D'un Signe
12. Rouge
13. Puisque Tu Pars
14. Serre-moi (fin)



             



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