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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : Mostly Autumn, Iona
- Style + Membre : Karnataka

PANIC ROOM - Visionary Position (2008)
Par MARCO STIVELL le 14 Juin 2011          Consultée 1632 fois

Karnataka splitte en 2004. Les musiciens se retrouvent plus ou moins actifs, à participer à des expériences différentes, mais toujours proches d'une sorte de pop-rock progressif, parfois dotée d'influences celtiques, comme Karnataka en fait. Rachel Jones se sépare de Ian et part fonder The Reasoning. Ian trouve de nouveaux musiciens et publie le projet Chasing the Monsoon. Paul Davies et Jonathan Edwards sont surtout remarquables lors de sessions, notamment pour le génial groupe Mermaid Kiss. Gavin John Griffiths vit aussi de participations, notamment à des tournées de Fish. Enfin last but not least, Anne-Marie Helder publie un EP solo et fait aussi des sessions, pour Fish (album live acoustique Communion tout comme Gavin), son compagnon Dave Kilminster et bien sûr les grands Mostly Autumn. En 2007, quatre de ces musiciens se retrouvent. Anne-Marie, Jonathan, Paul et Gavin, avec le bassiste Alun Vaughan créent le projet Panic Room, et réalisent ce premier album, publié début 2008. Le style est donc un pop-rock progressif gallois classieux, inspiré des grands du genre avec un son très moderne et une production luxueuse. Là où Visionary Position brille encore, c'est par son originalité, sa volonté d'exploiter diverses influences.

"Elektra City", première chanson à rallonge, ouvre le tout par un pop-rock efficace et puissant, partagé entre ces couplets envoûtants décorés par des nappes splendides ainsi que la voix d'Anne-Marie passée dans un effet robotique, et des refrains plus "rentre-dedans" avec voix normale cette fois, sans oublier une urgence désespérée dans le ton. On la retrouve, après un emballement musical du meilleur effet, dans la coda de la chanson, instrumentale et étonnament jazzy (Jonathan Edwards et son piano à leur sommet). Autant dire que cela commence très fort. "Endgame (Speed of Life)" y est enchaîné grâce à une respiration profonde d'Anne-Marie, qui ne nous donne pour ainsi dire que peu le temps de reprendre notre souffle. Ce titre, divisé en trois parties, démarre dans un climat tendu dominé par les nappes et les percussions, au milieu desquelles le violon de la très talentueuse Liz Prendergast (du groupe - lui aussi - gallois de hard-rock celtique Bluehorses, le monde est petit) tente de se frayer un chemin. On sent une belle montée en puissance, puis ça part d'un coup avec l'entrée de la batterie et le cri d'Anne-Marie en voix de tête dans les aigus. Un riff de guitare, une basse lourde, des choeurs fuyants et une partie de tapping sont alors assénés, mais on le ressent surtout dans le milieu de la chanson qui n'est pas sans rappeler le "Broadway Melody of '74" de Genesis (album The Lamb Lies Down on Broadway). Jonathan réemploie le sitar synthétique, l'ambiance est hyper-prenante. La troisième partie n'est pas tout à fait évolutive par rapport à la seconde, disons simplement que la chanson s'élève encore plus haut, portée par un "Take me hoooome" et un matraquage prenant. Le final se fait en bordel sonore, avec une superposition d'effets et de parties vocales.

Lorsqu'arrive "Firefly", on sent que l'on va enfin pouvoir "récupérer". Le piano solennel ouvre le titre tout en douceur, et dès que le chant rentre, on sait que l'on a affaire à une ballade. Un slow somptueux, où Anne-Marie chante (mais avec sa voix bien à elle) à la manière d'une Andrea Corr (des Corrs), dans une émotion tout à fait similaire. Pour beaucoup, cette chanson est l'un des points faibles du disque, il est vrai que l'on ne parle pas ici un instant de "prog" mais simplement d'une beauté feutrée, d'un refrain particulièrement marquant tout comme le solo de guitare, as always avec Paul. "Reborn" débarque ensuite, se présentant comme le single pop-rock potentiel de l'ensemble. Dès le départ, on est happés dans cette avalanche de guitares acoustiques en accords majeurs/suspendus sur des nappes, et les couplets prolongent cette ambiance pour notre plus grand plaisir. Le refrain peut paraître un peu plus convenu, tout comme les ponts, mais la qualité y est toujours présente. "Moon on the Water", morceau le plus court (trois minutes), est une chanson à l'orchestration très simple, piano, nappe, arpège de guitare classique, percussions et violon. Hyper douce et rêveuse, elle fait elle aussi office de respiration idéale.

J'ai au départ souvent considéré "Apocalypstick" comme un morceau mineur car les influences orientales me touchent moins. Cependant force et de reconnaître que l'émotion reste présente, dans cet amas de couleurs chaudes, avec des synthés appropriés, des bourdonnements de guitares vibrants et une audace musicale clairement marquante. Et Anne-Marie qui se fait charmeuse de serpents, c'est à nous faire regretter qu'il n'y ait pas eu de clip pour la voir pratiquant la danse du ventre... C'est ensuite que vient la pièce de choix de l'album, celui que je préfère en temps que bon fan de musique celtique. Inspiré d'un traditionnel (donc seule chanson non complètement originale) et arrangé par Liz Prendergast, "I Wonder What's Keeping my True Love Tonight" commence a cappella et dans un recueillement "balladin-nostalgique-intimiste" dont seuls les celtes ont le secret. Puis arrivent les nappes envoûtantes, le violon, et la chanson se poursuit avec une batterie légère, dans la plus grande émotion. Le thème est simple et répété suffisamment, ponctué par un solo de violon absolument magique. Puis quand on croit la chanson finie, un arpège solide de guitare 12 cordes vient nous récupérer et fait se poursuivre ce grand moment par un décollage instrumental avec synthé bien prog qui ne détonne aucunement. C'est ça, la classe... On termine avec "The Dreaming", morceau d'un quart d'heure aussi bien pensé du début à la fin que le reste de l'album. On frissonne sur la première partie où Anne-Marie se fait doucereuse par-dessus des nappes oniriques. Puis le piano rentre et nous conduit vers un nouveau décollage, aboutissant sur un très joli passage à la flûte, le seul de l'album. Après un retour du piano nécessaire, la chanson part sur une dernière lancée, portée par les applaudissements, le "Are you ready ?", et le rêve devient réalité. "The time is nooooow, oooooh"... Quoi de plus splendide ? Et ce n'est pas terminé, alors que le fade-out est amorcé, Anne-Marie, Jonathan et Paul ont tenu à nous offrir une coda de deux bonnes minutes, qui est en fait la reprise de l'intro de la chanson mais donc dans un arrangement modifié. Merveilleux. Si vous laissez tourner le disque, vous tomberez vers 17 minutes sur une plage bruitiste qui ne révèle pas un grand intérêt, mais comme c'est un titre caché, on passe l'éponge.

Visionary Position est ainsi en cela un des disques indispensables de l'année 2008, pour tout amateur de musique rock dense et qui a ça de positif que chaque chanson est différente, voire comporte une certaine originalité. Quels musiciens, et quelle chanteuse... Chef-d'oeuvre, coup d'éclat pour un début de carrière (même si chaque membre a déjà une sacrée expérience) très prometteur, un retour en groupe et en force définitivement adopté.

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   MARCO STIVELL

 
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- Anne-marie Helder (chant, choeurs, flûte)
- Jonathan Edwards (piano, claviers, programmations)
- Paul Davies (guitares électriques et acoustiques)
- Alun Vaughan (basse)
- Gavin John Griffiths (batterie)
- + Peter Charlton (guitares acoustiques 6 et 12 cordes)
- Liz Prendergast (violon électrique)
- Gary Phillips (guitare classique)


1. Elektra City
2. Endgame (speed Of Life)
3. Firefly
4. Reborn
5. Moon On The Water
6. Apocalypstick
7. I Wonder What's Keeping My True Love Tonight
8. The Dreaming



             



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