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POP-ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : Mostly Autumn, Iona
- Style + Membre : Karnataka

PANIC ROOM - Skin (2012)
Par MARCO STIVELL le 14 Juillet 2012          Consultée 2034 fois

PANIC ROOM est sans doute l'un des groupes britanniques les plus précieux de sa génération, dans un style pop-rock progressif. Pour le moment, il arrive à s'en tenir à son quota d'un album tous les deux ans, et arrive à conserver une certaine stabilité, même si cela concerne avant tout le noyau dur des quatre ex-membres de Karnataka car le bassiste Alun Vaughan choisit de se consacrer à une carrière solo après la sortie du deuxième album Satellite. Il est remplacé par Yatim Halimi qui a travaillé avec de nombreux musiciens de grand renom comme Mick Hucknall, Robert Palmer... En bon musicien originaire de Singapour, on se dit qu'il peut insuffler à la musique du groupe une bonne dose d'exotisme.

A vrai dire, ce ne serait pas tout à fait malvenu dans un univers qui, avec Skin, le présent troisième album, revêt des allures de noirceur et de complexité de plus en plus fortes. Cette oeuvre pourrait faire penser à un concept-album et ses plus ardents défenseurs se plairont à l'imaginer (moi compris). Mais une fois encore, le groupe a tenu à séparer les chansons, donner une identité propre à chacune bien que l'on puisse retrouver une trame similaire entre certaines. On y voit, d'abord dans le contexte mondial plus que difficile une lueur d'espoir pour demain («Song for Tomorrow»), puis une critique des médias («Screens»), mais c'est bien sûr le rapport homme-femme qui prévaut, et pour cela il faut compter sur la sensibilité de l'atout numéro un de PANIC ROOM : Anne-Marie Helder. Aidée par Jonathan Edwards pour la plus grande part de la musique, la merveilleuse musicienne écrit des chansons sombres, où, et la pochette l'illustre très bien, la femme est souvent délaissée, voire abandonnée par celui qu'elle aime. De «Chances» à «Nocturnal», on ressent cette mélancolie profonde, qui peut être aussi présente lorsque le couple est soudé face aux problèmes, comme sur «Tightrope Walking». Dans ce marasme dont personne n'est à l'abri, l'évasion est d'autant plus nécessaire («Freefalling»). Un album à fleur de peau.

Passons à la musique. Si Skin est plus noir, c'est pour mieux donner l'occasion d'entendre un quatuor de cordes dramatiques (The Larkin Quartet) venir soutenir le groupe. Le son est chargé en instruments alors qu'ils ne sont pas beaucoup à jouer et la production met bien sûr dignement en valeur l'ensemble tout en nous invitant à être attentif. En fait, après deux albums déjà solides d'un point de vue réalisation, Skin est la preuve du progrès accompli par le groupe à tous les niveaux, arrangement, production... Et c'est là qu'il convient néanmoins de parler de la complexité de l'ensemble, non pas dans la composition mais plutôt dans le rythme général : les chansons sont plutôt lentes (avec de telles idées de textes, surprenant non ?), et lors de la première écoute, le sentiment d'écouter un album enlisé dans une certaine torpeur n'est pas incongru. Pourtant plus on y revient, et plus on saura s'imprégner de cet ensemble si riche, pour les raisons décrites ci-dessus.

«Song for Tomorrow» mélange sonorités cristallines et tribales, métriques en 7/8 et 4/4 avec une aisance et une justesse déconcertantes. La ballade mélancolique «Chameleon» emploie de superbes parties de piano et effets de guitares 12 cordes par Anne-Marie herself. «Screens» nous rappelle combien Jonathan Edwards sait trouver des riffs de synthés simples et intéressants, de même que Paul Davies et ses soli torturés, ici sur fond rock à cordes baroquisantes ! Le up-tempo funky de «Chances» (chanson d'Anne-Marie seule) contraste avec son côté éperdu -ah ces superpositions de voix-, extraordinaire. «Tightrope Walking» et son arrangement tribal ensorceleur autant que noir et aux cordes de plus en plus denses, «Promises» et son pop-rock changeant, le fragile et feutré «Velvet & Stars», «Freefalling» qui évoque un «Sunshine» en version trip-hop, «Skin» et ses mini-crescendos magnifiquement négociés, la tourmente rock-funky de «Hiding the World»... des chansons difficiles à aborder mais si prenantes. Un sommet est encore atteint avec le titre le plus long, «Nocturnal» et ses neuf minutes d'abord nébuleuses, pour nous conduire à un pont au solo de piano bleusy inattendu et fantastique, avant un retour à la ballade qui use du crescendo nécessaire pour une fin en bonne et due forme. «We are... we are... we are...», amazing...

Ce groupe sait vraiment y faire pour trouver des mélodies et des ambiances touchant au sublime. Si Visionary Position avait l'excellence de la diversité, Skin est l'album de la maturité.

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   MARCO STIVELL

 
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- Anne-marie Helder (chant, guitares électriques et acoustiques)
- Jonathan Edwards (pianos, synthétiseurs, samples, guitares)
- Paul Davies (lead guitares)
- Gavin John Griffiths (batterie, percussions)
- Yatim Halimi (basses)
- + Dave Larkin (violon)
- Henry Salmon (violon)
- Allan Grant (alto)
- Leah Evans (violoncelle)
- Tim Hamill (guitare baryton)


1. Song For Tomorrow
2. Chameleon
3. Screens
4. Chances
5. Tightrope Walking
6. Promises
7. Velvet & Stars
8. Freefalling
9. Skin
10. Hiding The World
11. Nocturnal



             



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