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- Style : The Dandy Warhols , The Black Angels
- Membre : Black Rebel Motorcycle Club

The BRIAN JONESTOWN MASSACRE - Methodrone (1995)
Par PINHEAD le 15 Août 2011          Consultée 1674 fois

Il fallait avoir une sacré paire de couilles, ou bien être un peu givré sur les bords pour s'accrocher à la musique des 60's (considérée comme complètement démodée) au milieu des années 90, alors que la musique résolument commerciale explose via des boys bands tous plus superficiels les uns que les autres, et qu'aucun mouvement revival n'a encore été lancé...

Anton Newcombe est un mec un peu givré sur les bords avec une sacré paire de couilles. Ayant grandi à Newport Beach en refusant de céder à la tentation du hit parade, c'est résolument la musique qu'écoute sa maman qui l'attire. BOB DYLAN, JIMI HENDRIX, LOVE, et THE VELVET UNDERGROUND tournent sans arrêt sur sa platine. Nourri aux acides dès son adolescence, délinquant notoire finissant ses soirées ivre en garde à vue, le garçon s'avère être très instable mentalement malgré des capacités intellectuelles non exploitées à l'école. Son père alcoolique et schizophrène l'abandonne très tôt et Anton trouve réconfort dans la musique, puisqu'il s'essaye à tous les instruments qu'il peut trouver.

En hommage au guitariste fondateur des ROLLING STONES et au Massacre de Jonestown - suicide collectif d'une communauté sectaire - le jeune adulte ayant au préalable migré vers San Francisco (ville symbole du mouvement psychédélique) fonde SON groupe: le BRIAN JONESTOWN MASSCRE, dont le premier album est... déroutant pour ceux qui ont connu la formation grâce au rockumentaire d'Ondi Timoner: Dig!. En effet, alors que le groupe est surtout connu pour une pop psychédélique lorgnant vers le folk rock, c'est à un album de shoegaze autoproduit que nous avons ici affaire.

(Rappel: Le Shoegaze, qui signifierait en français "regarder ses chaussures", qualifie une musique planante aux guitares néanmoins très saturée à grands renforts de pédales d'effets. Le terme vient des guitaristes le regard fixé au sol à modifier incessamment leur son grâce à leurs pédaliers).

Cependant, nous avons tout de même ici affaire à une musique bien psychédélique, comme le montre le premier titre, "Evergreen", modèle de shoegazing où Anton Newcombe partage le chant avec une voix féminine, celle d'Elise Dye derrière une rythmique crunchy, métronomique et lancinante. Même si les plus beaux jours du shoegaze sont passés avec l'avènement de MY BLOODY VALENTINE et de SLOWDIVE, le BJM parvient tout de même à convaincre sans rien inventer. Les morceaux sont solides, certains sont excellents ("Wisdom", "Crushed"), toujours marqués par cette volonté de pénétrer la pensée, d'exercer une musique qui révèle l'âme... Une musique résolument psychédélique qui laisse place à des moments de sensibilité, (l'écho "That Girl Suicide"). L'excellent "Crushed" est un titre réellement envoutant avec son côté mystique à peine assumé.

Methodrone, au passage jeu de mot entre "métahadone" (produit de substitution à l'héroïne) et "drone" ("bourdonner" en Anglais), possède une production très cheap qui contraste avec les budgets astronomique de certains albums de shoegaze (Loveless de MBV entre autres) et un chant tantôt à la limite du juste, tantôt carrément faux qui donnent une image assez bâclée de l’œuvre. Bien qu'on puisse considérer ce son primitif comme un charme.

Autre constat cette fois catégoriquement négatif: l'album est beaucoup trop long: plus 1h10 de bourdonnements et de compositions qui se perdent parfois dans des idées assez floues, et surtout une baisse de régime dans la seconde moitié de l'album qui rend ces longueurs sévèrement handicapantes. Par exemple, le titre "She's Gone" ressasse pendant plus de sept minutes des inspirations et des structures interminables vues et revues depuis le début de l'album. On pourra également trouver "Hyperventilation" longuette au bout de ses 10 minutes, bien qu'il s'agisse ici de mon titre favori (délire hallucinatoire intense au rythme obsédant). En revanche, des titres comme "Records" ou "Outback" ne servent strictement à rien (4 minutes de feedback... Déjà fait en plus extrême par Lou Reed)
Methodrone est assez difficile d'accès, car ce n'est qu'après un long temps de familiarisation (à l'image des titres) qu'on peut en apprécier la quintessence, et en savourer le charme malgré ses rallonges.

L'album atteint son apogée lors du dernier titre, éponyme, qui commence avec une innocente guitare acoustique (annonçant l'orientation future de la formation) et s'achève sous un déluge de larsens et de fuzz. Conclusion irréprochable.

Pas vraiment représentatif de la carrière du BJM, Methodrone est tout de même un album de shoegaze bien sympathique avec ses défauts et ses attraits, dont certaines bizarreries (le xylophone et le tambourin de "I Love You") seront déterminantes pour les prochains albums.

3/5

Coup(s)de cœur: "Hyperventilation"

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   PINHEAD

 
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- Anton Newcombe (guitare, basse, batterie, chant)
- Jeffrey Davues (guitare)
- Rick Maymi (basse)
- Matt Hollywood (basse, chant)
- Brian Glaze (batterie)
- Grahambonnar (batterie)
- Elise Dye (chant)
- Paola Simmonds (chant)


1. Evergreen
2. Wisdom
3. Crushed
4. That Girl Suicide
5. Wasted
6. Everyone Says
7. Short Wave
8. She Made Me
9. Hyperventilation
10. Records
11. I Love You
12. End Of The Day
13. Outback
14. She's Gone
15. Methodrone



             



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