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- Style : The Dandy Warhols , The Black Angels
- Membre : Black Rebel Motorcycle Club

The BRIAN JONESTOWN MASSACRE - Take It From The Man! (1996)
Par PINHEAD le 25 Août 2011          Consultée 2169 fois

Il y a des groupes comme ça, sortis de nulle part, qui n'inventent rien, et qui pourtant vous sauvent de l'ennui.
L'ennui d'une discothèque entendue et réentendue jusqu'à l'overdose. Les CD prennent la poussière et les pochettes des 33 tours jaunissent en même temps que leurs sillons se rayent... Cette discothèque qui, même en distillant minutieusement tous les genres, se fait de moins en moins attractive alors que vos tympans crient famine. Il vous faut découvrir quelque chose, tout de suite avant qu'un incident arrive, ou bien je ne réponds plus de cette corde autour votre cou.

Puis le BRIAN JONESTOWN MASSACRE fait son apparition dans votre vie, en toute humilité. La formule est diablement simple, loin d'être novatrice, sans virtuosité, sans fioritures. Une bande de hippies téléportés au beau milieu des années 90 avec pour seul projet de faire revivre une époque révolue : celle des 60's, du psychédélisme, de l'amour!
Un virage radical pour le groupe qui avait entamé sa carrière avec un album shoegaze complètement déjanté. Abandonnons la saturation des guitares, rajoutons-en des acoustiques, et gardons surtout cet aspect planant qui fait qu'une chanson du BJM déclenche inexorablement l'appel du pétard, grillé paisiblement les yeux tournés vers San Fransisco.

Une musique riche, mais pourtant tellement immédiate ! Un morceau tout con comme "Vacuum Boots" par exemple n'a pas son pareil pour vous emmener au septième ciel : la mélodie est parfaite, entrainante tout en restant apaisante. Le contraste refrains-couplets est géré à merveille, le solo pentatonique qui introduit le titre est flagrant de facilité et pourtant tellement prenant. On repère alors une sens de la mélodie extraordinaire dans ce garage rock à tendances folk.
Quel meilleur morceau pour ouvrir Take It From The Man? Un parfait titre qui montre la nouvelle orientation du groupe, audible sur toutes les autres chansons de la galette.

En effet, "Vacuum Boots" n'est pas le seul titre intéressant de l'album. Il en existe 17 autres, tous plus excitants les uns que les autres. En multipliant les influences, Anton Newcombe copie, pompe, plagie, pioche dans tout ce qui vient des 60's. Le tambourin de Joël Gion (qui devient dès lors la marque de fabrique du groupe) est inspiré directement de la période électrique de BOB DYLAN et les accords basiques grattés par les trois guitaristes rappellent ceux qu'on pouvait entendre sur la compilation Nuggets sortie en 1972. Les hommages se revendiquent également de la période révolue du Peace & Love (Syd BARRETT, David BOWIE) avec des chansons qui leur sont carrément dédiées ("My Man Syd", "David Bowie I Love You"). La ballade acoustique sur le caméléon est d'ailleurs d'une rare beauté, et la nostalgie est palpable dans la voix du chanteur qui, malgré ses limites vocales, développe un style de chant assez personnel non sans rappeler Lou REED (sur le fond) et Syd BARRETT (sur la forme).

L'orgue utilisée à bon escient évite les digressions trop garage à des moments où l'intensité est à son comble ("Straight Up And Down"). Les guitares Folk abondent au secours du chanteur, et donnent à l'album quelques belles balades: "Dawn" avec son harmonica Dylannien, ou encore le plus planant "Fucker".

L'exploit est aussi d'arriver à produire une musique vieille de 30 ans avec une sonorité particulièrement neuve et ouverte à la modernité. En effet, le son du disque est irréprochable, une qualité bien rare chez les albums autoproduits. La production anormalement soignée montre que le perfectionniste leader du groupe a bien retenu les leçons de son précèdent opus au son brouillon.

Quelques points culminants ("Mary Please", "Cabin Fever", "Monkey Puzzle") finissent de transformer cet album revival sans prétention en chef-d’œuvre. Et comme tout chef-d’œuvre qui se respecte, Take It From The Man est une pépite oubliée à l'image du groupe, avec pour seul moyen de subsister quelques tarés qui n'ont rien d'autre à foutre que d'écrire des louanges aveugles lues par une poignées d'amateurs sur un webzine ou sur un blog.
Quelque part c'est rassurant, de se dire que le BJM, c'est mon groupe à moi tout seul, jalousement gardé derrière une forteresse de mauvaise foi et un refus considérable d'admettre que finalement, ce n'est peut-être pas si énorme que ça.

4,5/5 (léger défaut de longueur)

Coup(s) de cœur: "Vacuum Boots", "Straight Up And Down", "Cabin Fever"

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   PINHEAD

 
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- Anton Newcombe (guitare, basse, batterie, chant)
- Matt Hollywood (basse, guitare)
- Joel Gion (percussions, tambourin)
- Dean Taylor (guitare)
- Jeff Davies (guitare)
- Brian Glaze (batterie)
- Mara Keagle (chant)
- Dawn Thomas (accordéon)


1. Vacuum Boots
2. Who?
3. Oh Lord
4. Caress
5. (david Bowie I Love You) Since I Was Six
6. Straight Up And Down
7. Monster
8. Take It From The Man
9. B.s.a
10. Mary Please
11. Monkey Puzzle
12. Fucker
13. Dawn
14. Cabin Fever
15. In My Life
16. The Be Song
17. My Man Syd
18. Straight Up And Down



             



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