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ULTRAVOX - Ha ! Ha ! Ha ! (1977)
Par ARP2600 le 11 Octobre 2011          Consultée 2090 fois

Voici le volet punk de la carrière d'Ultravox. En 1977, la contestation en est à son maximum d'agressivité et de popularité et le groupe a succombé à la tentation de montrer ses muscles. Pour ce faire, ils n'ont eu qu'à puiser chez Neu! la rythmique binaire hypnotique et d'y ajouter des mélodies simples et des paroles osées. Néanmoins, ça reste un peu plus... je n'ose dire intellectuel, enfin admettons, que les groupes de punk proprement dit. Il y a vraiment ici une fusion de plus en plus totale entre krautrock et glam rock, avec déjà un emploi de divers artifices électroniques.

Eh oui, ce punk est bel et bien déjà de la new wave. Comme je le disais dans la chronique d'Ultravox!, au départ les genres n'étaient guère séparés, le punk étant plutôt l'idéologie et la new wave le style. Et quand la colère s'est apaisée, c'est ce style qui est resté, devenant de plus en plus commercial, avec des côtés romantiques, mais toujours un rythme assez binaire et des mélodies simples. Et précisément, l'évolution de la new wave entre 77 et 80 est avant tout due à des groupes comme Joy Division et Ultravox, les deuxièmes ayant eu le mérite de publier des albums très tôt.

De romantisme il n'est pas encore tellement question dans Ha!-Ha!-Ha!... dès «Rockwrok», ça arrache pas mal, avec des paroles comme «fuck like a dog, bite like a shark-shark». On entend aussi clairement un «masturbating» sur «Fear in the western world». Bref, ça pourrait mériter son label «Explicit lyrics», mine de rien. La plupart des textes sont d'autre part fort pessimistes, nihilistes voire apocalyptiques. Et donc, bien sûr, la musique est fort agressive, un vrai brûlot qui n'a rien à envier à nombre de groupes de la même époque. L'abondance d'aigus rend même la chose assez difficile à écouter, je trouve. On trouve quand même un répit étonnant dans la première moitié de «Distant smile». Pendant deux bonnes minutes instrumentales, l'ambiance est complètement onirique et suspendue, une référence manifeste au krautrock tendance cosmique, avant qu'une nouvelle charge ne nous prenne au dépourvu, c'est assez fascinant.

Ça c'est pour ce qui est de la première face, la plus punk. La deuxième est nettement plus innovante. Mon passage préféré est «The man who dies every day», déjà tellement proche de ce qu'on trouvera sur Systems of Romance. C'est peut-être tout simplement la naissance d'un courant musical à laquelle on assiste là. C'est plus agressif que de la new wave canonique et pourtant... le rythme y est, les nappes de synthés et les beats plus lents que le punk aussi, eh oui, on y est ! Pour un peu, sans la guitare, ce serait presque déjà de la dance, ce truc.

Le reste de la deuxième face continue l'exploration. Tout d'abord avec la dramatique «Artificial life» qui annonce à peine The cure avant de finir d'une manière particulièrement brutale – eh oui, un violon, ça peut arracher, c'est moi qui vous le dis. «While I'm still alive» s'inscrit également dans un schéma de complainte violente. Et pour terminer, «Hiroshima mon amour» est un grand pas vers l'invention de l'électropop et de la vague des nouveaux romantiques. Des nappes de synthés invasives se combinent à une guitare répétitive et une mélodie au saxophone. Oui, ça détone pas mal par rapport au son très dur du reste de l'album, mais je n'irais pas jusqu'à dire que c'est éthéré.

Avant de terminer, je voudrais souligner à quel point le rôle de précurseur peut être ingrat. Cet album n'a eu que très peu de succès. Pourtant, je suis intimement convaincu qu'à l'instar du travail du Velvet Underground, les nombreuses innovations d'Ultravox ont eu une influence énorme dans le milieu musical. Il y a heureusement une justice, au moins pour le nom du groupe et certains des musiciens, car la deuxième mouture du groupe, menée par un vrai bon chanteur, Midge Ure, a été un des porte-drapeaux les plus emblématiques de la new wave pendant la plus grande partie des années 80. C'est juste qu'il est tellement triste qu'on oublie trop souvent qu'ils ont également fait partie de ses inventeurs...

Ha!-ha!-ha! est donc le premier des deux albums-clé d'Ultravox, le plus ambigu, le plus novateur. Aucune chanson n'est superflue ici. De plus, l'interprétation est nettement meilleure que dans leur premier effort, il faut dire que le côté plus punk excuse pas mal d'approximations de chant... Bref, je ne dirai jamais assez à quel point ce disque et son successeur sont incontournables, que dis-je, indispensables pour espérer comprendre quelque chose à la new wave.

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- John Foxx (chant)
- Billy Currie (violons, claviers, synthétiseur)
- Stevie Shears (guitares)
- C.C. (basse, chœurs, saxophone)
- Warren Cann (batterie, chœurs)


1. Rockwrok
2. Frozen Ones
3. Fear In The Western World
4. Distant Smile
5. Man Who Dies Every Day
6. Artificial Life
7. While I’m Still Alive
8. Hiroshima Mon Amour



             



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