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SIOUXSIE AND THE BANSHEES - Hyaena (1984)
Par ARP2600 le 12 Juin 2014          Consultée 1748 fois

L'existence de SIOUXSIE AND THE BANSHEES est ponctuée de départs de guitaristes. Pour diverses raisons, aucun n'a participé à plus de trois albums... John McGeoch, sans doute le plus grand guitariste de post-punk, aura brillé sur Juju, un peu moins sur A kiss in the dreamhouse, puis s'en est allé fin 82, victime d'une dépression nerveuse. Il aura encore participé à quelques albums de PIL un peu plus tard, avant de décéder en 2004. Qui allait cette fois combler le vide chez les banshees ? Tout simplement Robert SMITH, le chanteur-guitariste de THE CURE, qui les avait déjà dépannés en 79. Il est resté un an et demi, le temps d'enregistrer le live Nocturne et ce sixième album du groupe, Hyaena, où son jeu peu virtuose mais très texturé apporte quelque chose d'un peu différent. Ensuite, il a simplement repris son chemin avec THE CURE.

La comparaison entre les deux groupes est à la fois naturelle et difficile... Si THE CURE est manifestement dans la lignée de SIOUXSIE AND THE BANSHEES, Smith ayant très tôt exprimé son admiration pour leur musique, ils ont tout de même adopté une recette plus lente, plus dépouillée, moins impressionnante, plus cold wave, et new wave à la fois vu la plus grande utilisation d'instruments électroniques. Et donc, cela a dû changer Smith de devoir un peu plus montrer ses muscles... la musique des banshees est autrement puissante, même dans le répertoire de Kaleidoscope et A kiss in the dreamhouse.

En 1984, cependant, la cold wave commence à s'éloigner, la new wave vieillit... il faut dire que cette année a quelque chose de symbolique. La new wave, c'est de la science-fiction pessimiste, et on ne peut que penser à un certain roman. Passée cette année, curieusement, la technologie est devenue de plus en plus banale et le message des musiciens a évolué. En 1984, on commence à vraiment parler de rock alternatif, avec l'émergence de groupes comme les SMITHS par exemple (au passage, Morrissey a souvent cité Siouxsie comme une des ses principales influences). Hyaena se place entre toutes les tendances, tourné à la fois vers le passé et vers l'avenir. C'est encore du post-punk/new wave, c'est déjà de l'alternatif... mais avant toute chose, indépendamment de toute futile tentative de classement, c'est un authentique album de SIOUXSIE AND THE BANSHEES, toujours aussi intègre, toujours aussi puissant, malsain et difficile.

Les premières notes laissent pourtant croire qu'ils se vendent, qu'ils se ramollissent. Ces violons romantiques avec une mélodie douce de la chanteuse, est-ce une blague ? Peut-être un peu, pourtant l'enchaînement avec la chanson «Dazzle» proprement dite semble finalement logique. Ce n'est pas compliqué, c'est un des meilleurs titres du groupe, avec un son abrasif, un peu sale, des effets monstrueux... beaucoup de réverbération mais c'est plus une qualité qu'un défaut ici. L'autre single, «Swimming Horses», perpétue le manque de qualité mélodique du groupe, tout comme les deux dernières chansons de l'album, un peu longuettes. La reprise de «Dear Prudence» des BEATLES, single présent uniquement sur la version américaine, est assez anecdotique.

Les chansons bluesy qu'ils ont tenté depuis Kaleidoscope n'ont jamais été leur point fort, «Take me back» est donc un peu en retrait également malgré de belles sonorités. D'autre part, «We hunger» est passionnante grâce à son motif à la TALKING HEADS, «Belladonna» est un bel exemple de leur façon de mêler nervosité et romantisme, «Bring me the head of the preacherman» est à la hauteur de son titre, un western psychotique, et enfin, «Running Town», avec son piano et sa guitare moqueuse, et un des sommets du groupe.

Hyaena est donc un disque un peu inégal mais fort bien construit et passionnant dans l'ensemble. À mon avis, c'est leur quatrième meilleur après The Scream, Juju et Tinderbox, il mérite donc une attention particulière, surtout avec ces chansons irrésistibles que sont «Dazzle» et «Running Town». Et puis, entendre Robert Smith en même temps que Siouxsie, c'est quand même très tentant pour un amateur de post-punk, n'est-ce pas ?

Note : 3,5

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- Siouxsie Sioux (chant)
- Steven Severin (basse, claviers)
- Budgie (batterie, marimba)
- Robert Smith (guitares, claviers)
- Robin Canter (bois)
- The Chandos Players (violons)


1. Dazzle
2. We Hunger
3. Take Me Back
4. Belladonna
5. Swimming Horses
6. Bring Me The Head Of The Preacherman
7. Running Town
8. Pointing Bone
9. Blow The House Down



             



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