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- Style + Membre : Echospace

DEEPCHORD - Hash-bar Loops (2011)
Par STREETCLEANER le 8 Décembre 2011          Consultée 1022 fois

Après l’excellent Liumin d’ECHOSPACE, fenêtre ouverte quasi « impressionniste » sur un Tokyo hautement coloré plongé au cœur de la nuit, Rod Modell revient, mais seul ici, avec Hash-Bar Loops, un travail qui traduit toujours une volonté d’exploration nocturne et qui prend cette fois pour décor la ville d’Amsterdam.

Et Amsterdam n’est pas Tokyo. La ville est approchée d’une manière différente. Moins colorée, avec moins de relief aussi, l’heure serait plus tardive et la vie un peu plus lointaine. Le son de la ville semble en partie étouffé par le double vitrage et les lourds rideaux du Sofitel. Avec une fenêtre moins ouverte la plongée est de ce fait plus introspective. Il s’agit probablement plus de contempler la ville la nuit, derrière la fenêtre de l’hôtel, le rideau écarté, qu’une franche sortie en noctambule passé minuit. Il semble évident que les atmosphères se veulent plus profondes, moins en surface, et moins facilement appréhendables aussi. Si l’immersion est plus solitaire, l’idée de voyage, de parcours, est quant elle moins perceptible. Le field-recording se fait désormais bien plus discret (on en retrouve essentiellement sur le bon final « Neon And Rain » ). Les beats, parfois plus rapides et aux basses plus profondes, perdent malgré tout en ampleur (on ne retrouve pas ici un « BCN Dub » ou un « Maglev » par exemple).

Un souffle granuleux et drony, à l’enveloppe nocturne et ensommeillée, met en image ce nouveau décor (« Spirits », « Stars »). Pas mal du tout, mais un exercice qui n’est désormais plus très surprenant. On rencontrera une fin de nuit bourdonnante sur le plus captivant « Black Cavendish » avec ses nappes qui peuvent évoquer avec facilité un lieu silencieux plongé au coeur de la nuit, ou des échos qui sont tout aussi habiles à mettre en images la transition d’atmosphères entre la nuit et le jour que le passage de la lumière tombante du soir cédant lentement au pouvoir de l’obscurité « Neon And Rain ».

« Sofitel » n’est pas un mauvais titre, une petite nappe toute chétive et quasiment cachée qui finit par arriver à la moitié de la composition s’intègre parfaitement bien, à condition de savoir l’entendre. C’est d’ailleurs elle qui apporte une véritable valeur ajoutée, car si le pattern rythmique est sympathique il n’a rien de bien révolutionnaire. Et c’est là où on se dit dans qu’il est indubitable, dans l’ensemble, que Hash-Bar Loops déçoit car il semble beaucoup trop miser sur les détails. Et il en oublie l'essentiel... et forcément fait moins bien que les travaux précédents.

Moins puissant dans sa force hypnotique qu’un Liumin (exemple éloquent avec un « Sofitel » qui ne vaut pas un « BCN Dub », un « Sub-Marine » ou un « Maglev »), moins coloré, moins aventureux et perdant en audace, en ambiances et pouvoir d’évocation même, Hash-Bar Loops est très bien exécuté avec un sentiment de retour à une base plus minimaliste et dépouillée. Ici le détail prend, nous le disions, vraiment encore plus d’importance (forcément), mais d’un autre côté n’est-ce pas là révélateur de la limite d’un exercice de style ? Voire d’un style ? Est-ce une volonté d'ambiance feutrée et loungy qui rend les patterns rythmiques moins intéressants ? Pour les amateurs de dub techno qu’apporte réellement Hash-Bar Loops ? En toute honnêteté, j’oserais dire « foncièrement rien ». Hash-Bar Loops est un bon album, très (trop) feutré, peut-être très personnel, mais manquant globalement d'accroches. A vrai dire, Hash-Bar Loops pourrait même être inquiétant. Et s’il traduisait chez l'auditeur – bien involontairement - l'amorce d'une prise de conscience d’une impasse du genre ? D'autant plus que Rod Modell n’est pas non plus n’importe qui....

En réalité le travail rendu semble bien inférieur à celui d'un Liumin ou d'un Incense & Black Light (que je recommande fortement pour le coup) pour les raisons qui ont été exposées précédemment. Beaucoup trop de titres défilent sans véritablement marquer ou se faire remarquer. Cependant, reconnaissons que Hash-Bar Loops n'en demeure pas moins un bon album dans l'ensemble. Il n'empêche qu'il déçoit, de la part de Rod Modell on en attendait certainement plus.

Morceaux préférés « Neon And Rain », « Black Cavendish », « Stars », « Electromagnetic »

Un des titres les plus écoutés sur Youtube : « Sofitel » : http://www.youtube.com/watch?v=tJ3CLt5UgwQ

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   STREETCLEANER

 
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- Rod Modell


1. Spirits
2. Stars
3. Sofitel
4. Merlot
5. Tangier
6. Electromagnetic
7. Balm
8. Oude Kerk
9. City Centre
10. Crimson
11. Black Cavendish
12. Neon And Rain



             



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