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ELECTRO-ROCK  |  STUDIO

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- Style : Daft Punk

JUSTICE - Audio, Video, Disco (2011)
Par MOONDREAMER le 23 Janvier 2012          Consultée 2434 fois

« J’entends, je vois, j’apprends »… Voilà le titre (traduit du latin) du nouvel opus de JUSTICE, duo électro français composé de Gaspard Augé et de Xavier de Rosnay. Consacrés par la critique comme jeunes espoirs de la « french touch » suite au succès de leur premier album et inlassablement comparés aux DAFT PUNK, leur second album était attendu avec impatience après le buzz autour de †. Nul besoin de prolonger le suspense plus longtemps : les deux français n’ont clairement pas failli à leur réputation.

Le premier single, « Civilization », a fait polémique dès sa sortie. Plutôt difficile d’accès pour le public qui s’était arrêté à « D.A.N.C.E », le morceau commence sur un ton très lourd et hermétique, il faut attendre le refrain pour se rendre compte du potentiel énorme de la chanson : un air imparable, un beat qui donne immédiatement envie de danser, des arrangements aussi bien placés qu’à l’accoutumée.

L’album est-il du même niveau ? La réponse est un oui qui ne laisse place à aucune contestation… Notons tout de même que contrairement à ce qu’on pourrait croire après l’écoute de la première minute de « Civilization », ce second album est bien plus accessible que le précédent qui, de par le choix d’une instrumentation volontairement lourde, avait de quoi rebuter les non-amateurs du genre (la 1ère écoute de « Stress » est souvent assez traumatisante…).

Ici, JUSTICE assume complètement ses racines pop et surtout ses racines rock : prenez « Brianvision ». Ce morceau est avant tout centré sur une puis deux guitares qui dialoguent sur un fond très épuré, répétant un thème assez simpliste. Et pourtant la sauce prend avec des variations subtiles de l’accompagnement et l’arrivée de la deuxième guitare qui permet de donner plus de profondeur grâce à la superposition. Ou jetez un coup d’œil à la pochette : reprenant la fameuse croix qui est devenue leur véritable symbole de ralliement, la première image qui vient en tête est probablement la similarité frappante avec la couverture de « Who’s Next » des WHO. La coïncidence est trop forte pour ne pas être un hommage bien assumé. Dernier exemple ? « Parade » reprend les clappements reconnaissables entre milles de « We Will Rock You » de façon presque éhontée.

Mais la caractéristique vraiment fondamentale de Audio, Video, Disco est vraiment son côté immédiat, beaucoup moins agressif (à l’exception des couplets du 1er single) et le côté retro assumé de la plupart des morceaux. Un des sommets de l’album, qui illustre bien cette caractéristique, est « New Lands » : couplets portés par la combinaison d’un riff efficace et du chant de Morgan PHALEN, solo de guitare en fin de morceau et surtout refrain simple porté par un court break à chaque ligne chantée et un air chargé d’une énergie contagieuse.

Autre point intéressant, la diversité des morceaux qui vont de l’intro quasi-celtique ( ?) de « Canon (Primo) au néo-disco de « Helix » en passant par les chœurs éthérés de « Ohio » qui se transforment subitement en synthétiseur délirant. Même le refrain de « On‘N’On » qui rappelle par endroit les riffs de LED ZEPPELIN sur « Kashmir » et laisse place à un solo de… flûte (la guitare, c’est trop banal voyons !) ne trahit pas un instant la cohérence de l’ensemble du disque.

Et je n’ai même pas parlé du morceau éponyme qui clôt l’album sur ses paroles simplistes et répétitives mais qui s’avèrent de plus en plus hypnotiques au fur et à mesure que l’on s’approche du final. Les auditeurs attentifs auront même remarqué un morceau instrumental caché une minute après la fin de la chanson. Lent, solennel, mais de plus en plus sophistiqué, magnifié par plusieurs passages à la flûte, voilà une parfaite conclusion à cet album unique en son genre.

Prenant à contre-pied ce que les critiques et même ce que leurs fans attendaient d’eux, Justice nous livre ici un excellent album d’électro-rock à la fois rétro et innovant, choix risqué de leur part qui a divisé encore plus les amateurs d’électro, mais que chaque écoute embellit. Les deux français passent du statut de DJs à celui d’artistes confirmés avec cet opus que je qualifierais presque de progressif de par sa volonté d’étendre les limites de l’électro vers de nouveaux horizons inexplorés.

Pas encore un chef-d’œuvre mais on s’en approche dangereusement par endroits… Bref, une bonne raison d’être fier de nos artistes hexagonaux.

Note réelle : 4.5/5.

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   MOONDREAMER

 
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- Gaspard Augé
- Xavier De Rosnay


1. Horsepower
2. Civilization (with Ali Love)
3. Ohio (with Vincent Vendetta)
4. Canon [primo]
5. Canon
6. On’n’on (with Morgan Phalen)
7. Brianvision
8. Parade
9. New Lands (with Morgan Phalen)
10. Helix
11. Audio, Video, Disco



             



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