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The CRAMPS - Psychedelic Jungle (1981)
Par TOMTOM le 24 Juin 2012          Consultée 1036 fois

Tout fout le camp. Alors qu’il avait trouvé dans son bordélique studio de Memphis la formule parfaite pour produire les Cramps, Alex CHILTON décide d’emmener sa dépression loin du sillon fumant qu’il avait lui-même contribué à creuser. Remplacé par Brian TRISTAN, alias Kid Congo Powers, fan des Ramones et fondateur du sulfureux Gun Club quelques années plus tôt, qui aurait pu croire que la mèche et la tronche gravelée de Brian GREGORY pouvait créer un tel sentiment de vide à la vue de la pochette de ce deuxième album studio des douleurs ragnagnataires ?

De fait, le fossé sonique qui sépare Psychedelic Jungle de son prédécesseur est équivalent à celui constaté entre Raw Power et Lust For Life, toute chose égale par ailleurs. Alors que les premiers méfaits du gang semblaient reposer tout entier sur le riff distordu du « Rumble » de Link Wray, on assiste ici à une légère baisse de volume et de dangerosité, au profit d’une attitude de dandy psychédélique décadent, parfaitement assumée par sieur Lux INTERIOR tout au long de l’album. Un peu plus classieux donc, illuminé et clair à l’image du merveilleux « Green Fuz » qui inaugure la galette, reprise de Randy Alvey et première excursion du groupe hors du rockabilly détraqué (on y retourne néanmoins très vite, en témoigne le non moins merveilleux « The Crusher »).

C’est surtout sur cet album que les deux étiquettes que l’on accolera par la suite au nom du groupe (« psychobilly » et « gothabilly ») prennent tout leur sens. N’écoutez que le doublé « Don’t Eat Stuff Off The Sidewalk » et « Can’t Find My Mind » pour vous en convaincre. Zappa n’est jamais très loin. Psychedelic Jungle est d’ailleurs sûrement le dernier album des Cramps à fonctionner comme un trip halluciné au pays des poubelles et des seringues usagées, où il n’est pas rare de croiser des macaques au rire narquois dont l’habillement hésite entre le poncho mariachi et le haut de forme.

Ces considérations étant, la qualité (sic) est-elle toujours au rendez-vous ? Assurément : la voix de Lux INTERIOR circonvole toujours aussi bien autour de la rythmique de sa femme, le mec possédant sûrement les seules cordes vocales capables de retranscrire à l’audition autant les sons qui s’en échappent que les mimiques de l’homme qui les exécute. Encore une performance époustouflante : « Beautiful Gardens » bat tous les records de démence stoner, quand « Jungle Hop » explose ceux d’imitations animales. INTERIOR se glisse dans tous les costumes possibles, avec toujours cette prédilection pour le trash évoqué comme dans une série z, errant entre sérieux débonnaire et folie totale. Les zombies sont de retour sur « Rockin’ Bones », le chamanisme sur « Voodoo Idol », les rugissements sur « Caveman » et toujours cette rythmique lourde ensemencée de délicates graines de distorsion fifties qui vous endort le cerveau, tout en ayant au préalable pris la précaution d’y isoler les sentiments les plus bassement inavouables.

Moins extrême, plus psyché et classieux mais toujours décadent, Psychedelic Jungle reste un classique et définit de manière définitive le style de vie (car ces gens là ne faisaient fondamentalement pas la différence entre scène, studio et vie privée) de The Cramps. Sans aucun doute leur dernière prouesse indispensable.

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   TOMTOM

 
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- Lux Interior (chant)
- Poison Ivy Rorschach (guitare)
- Kid Congo Powers (guitare)
- Nick Knox (batterie)


1. Green Fuz
2. Goo Goo Muck
3. Rockin' Bones
4. Voodoo Idol
5. Primitive
6. Caveman
7. The Crusher
8. Don't Eat Stuff Off The Sidewalk
9. Can't Find My Mind
10. Jungle Hop
11. The Natives Are Restless
12. Under The Wires
13. Beautiful Gardens
14. Green Door



             



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