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GROUNDATION - We Free Again (2004)
Par KLEMAN le 20 Mars 2012          Consultée 1227 fois

Après leurs trois premiers albums, Groundation annonce la sortie de « We Free Again » sur leur propre label « Young tree record », avec en featuring Apple Gabriel (de Israël Vibration), et Don Carlos ! Les trois premiers albums étant des perles du reggae des années 2000 (voir mes chroniques précédentes), et les deux invités que je viens de citer étant tout simplement la crème des chanteurs de roots encore vivants de la scène internationale de l'époque, on s'attend à un album juste sublime.

Pourtant, après l'énorme succès de « Hebron Gate » en 2002 et son lot de critiques élogieuses, « We Free Again » ne reçoit pas d'accueil en fanfare, et est même jugé par certains comme une déception. Vous l'aurez compris, ce n'est pas mon avis, et le groupe de Sonoma (Californie) a encore une fois frappé fort, même si...

L'album commence par un reggae-roots clair et profond, « Praising » aux accents très Groundation, mais dans un esprit très roots du début à la fin. « Dem rise » quant à lui est un morceau très rythmique (très peu de mélodies mis à part le solo trompette), aux sonorités Niabinghi qui ne séduit pas vraiment.

S'ensuit « Suffer the right », le premier des quatre featurings avec Donc Carlos dans lequel on peut apprécier le jeu d'orgues de Marcus Urani. Je passe rapidement sur ces trois premiers morceaux pour pouvoir me concentrer plus sur ceux qui ont retenu mon attention, avec "Music is the most high" en premier lieu.

Tous les fans de Groundation que j'ai pu rencontrer s'accordent à dire que « Music is the most high » est un incontournable de la discographie du groupe. En sept minutes on a ici un aperçu de leur œuvre entière, avec tout ce qui les caractérise : une structure complexe mais fluide, une large place faites aux instruments et instrumentistes avec des solos de trompette, des lignes de basse typiques de Ryan Newman, la voix de Stafford, des ponts, des changements de rythmique, de tempo, de tonalité dans tous les sens, du gros gros roots, et des passages très speed lors desquels la batterie envoie dans tous les sens. Je choisirais ce morceau pour être la quatrième de couverture de leur livre. Vous savez, comme quand on choisit de citer un passage du livre plutôt que de le résumer … et ben « Music is the most high » est ce type de passage.

Deux autres morceaux retiendront particulièrement mon attention avant le bloc final de l'album, il s'agit de « Smile » (autre emblème de la discographie) et « Fourth dimension » pour sa technicité.

« Smile » est un morceau que je qualifierais de spirituel, très lent, qui s'installe petit à petit. On y entend des ponctuations à la flûte traversière (peu habituel) et des nappes de cuivres feutrés, qui installent une ambiance particulière. On a pas pourtant d'impression de vide mais au contraire de plénitude, d'espoir dans la contemplation. Une sorte de repos salvateur, régénérateur. Une complainte positive en quelque sorte.

J'avais fait écouter « Fourth dimension » à un ami à moi, percussionniste et fan de reggae, qui connaissait très bien l'album et donc ce morceau. Je lui avais alors demandé quelle était la rythmique utilisée. Après quelques secondes d'analyse, je l'ai vu me faire des yeux ronds, recompter, me refaire des yeux ronds. « Un quatre temps et demi ? » … en effet. Le morceau, aux allures profondément reggae, se renverse une mesure sur deux. Tellement naturellement cependant qu'on y voit que du feu. Est-ce un neuf temps ou un quatre temps et demi ? Peu importe, mais j'opterais plutôt pour la deuxième réponse...


S'ensuit les Cultural Wars I, II, III et IV. Une sorte de pièce divisée en quatre pistes qui peut surprendre voire décevoir à la première écoute, mais qui, au fur et à mesure des écoutes suivantes, dévoile des subtilités incroyables et une construction tout a fait étonnante. La pièce propose des changements de tempo, de rythmique et de tonalité à en perdre les pédales, dans une réalisation parfaite (bon, on est en studio je vous l'accorde … mais quand même). L'inspiration est tellement originale qu'elle en devient déroutante, à mi-chemin entre du reggae, du jazz, du funk, de l'expérimental, et bien d'autres choses. On démarre sur un flow reggae assez banal, mais on se retrouve rapidement embarqué sur les chemins bien plus sinueux à la fin de la première piste avec un break au cuivres étrange. La tonalité de la deuxième partie est un poil différente, et une sensation d'entre-deux-mondes apparaît, renforcée par le chant de Stafford et un solo de trompette très jazz qui dégringole avec les autres instrus jusqu'à quelque chose d'anarchique, une sorte de chaos. De là, la basse nous relève sur la troisième partie avec une ligne bien speed qui tourne, qui tourne, sur un tempo bien plus élevé et des claviers en soutien. Les claviers se mettent à tourner également, et on est projeté sur la dernière partie, encore plus rapide que la précédente, le skank à la guitare se transformant presque en rythmique funk. À chaque fois que j'écoute cette suite j'en suis bluffé, la quatrième partie (Cultural wars IV) est la plus énervée, on est plus du tout dans du reggae, ça n'en finit plus de monter, avec un solo de rhodes complètement perché. La piste meurt finalement et se fond dans « The Seven Seal », qui conclut l'album sur un feat très posé et réussi avec Don Carlos.

Il est vrai que « We free again » comporte quelques déceptions. C'est peut-être à cet égard qu'il a été moins bien accueilli, qu'il a peut-être un peu déçu. Je qualifierais cet opus comme hétérogène en surprises. Certaines piste, bien que très bonnes, déçoivent par leur manque d'originalité à laquelle nous avaient pourtant habitué les californiens. D'autres compos cependant sont de vrais bijoux, qui font de cet album un des meilleurs de leur discographie.

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1. Praising
2. Dem Rise
3. Suffer The Right
4. Music Is The Most High
5. Wish Them Well
6. We Free Again
7. Smile
8. Fourth Dimension
9. Feel Jah
10. Cultural Wars I
11. Cultural Wars Ii
12. Cultural Wars Iii
13. Cultural Wars Iv
14. The Seventh Seal



             



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