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- Style : Joy Division, Rome, Sol Invictus
- Membre : Boyd Rice Non
- Style + Membre : Current 93

DEATH IN JUNE - Nada! (1985)
Par SUNTORY TIME le 11 Août 2012          Consultée 1521 fois

Troisième méfait de la Mort en Juin, Nada! est marqué par l’éviction de Tony Wakeford.
En effet, si les symboles plus que douteux dont le groupe fait usage (je vous renvois à la chronique du premier album) ne sont que pure provocation, il semble que le guitariste se soit laissé emporté par ce petit jeu en s’engageant dans un parti d’extrême droite britannique. En désaccord politique profond avec ses deux compères, il quitte le navire et crée son propre groupe SOL INVICTUS, qui aura un grand rôle dans la scène Néo-Folk, deux ans plus tard.
Malgré ce départ, Wakeford et Douglas Pearce resteront en bon contact.

Voilà du moins la version officielle de la raison pour laquelle DEATH IN JUNE est passé du trio à un duo … Enfin pas tout à fait ; la pochette nous montre en effet trois personnes face à un mur dans ce caveau funèbre des plus sordides. Le troisième loustique, c’est David Tibet, ancien de PSYCHIC TV et leader de CURRENT 93, groupe expérimental des plus barrés qui soit (à l’époque du moins). Et ce mec là, sans faire partie intégrant du groupe, va avoir une grande influence sur sa musique. Et l’inverse sera réciproque. Car la rencontre entre Douglas Pearce et David Tibet sera déterminante dans l’évolution de ce style en devenir, le Néo-Folk.

Mais on n’en est pas encore là. Car Nada! est dans la continuité de ses deux prédécesseurs, en beaucoup plus abouti cependant. Le côté punk bordelique des débuts semble s’effacer pour une qualité sonore bien plus soignée. On pourrait regretter que cette rage s’amenuise, mais l’ambition du groupe sur ce nouveau disque est tout bonnement stupéfiante.

La musique, toujours entre post punk et new wave, s’agrémente de certaines sonorités acoustiques qui se sont étoffé depuis Burial, l’effort précédent, ainsi qu’une petite touche hispanique sur le premier titre « The Honour of Silence ». Des ambiances plus gothiques, un chant plus lyrique, et ces notes de guitares hispaniques donc qui apportent un climat énigmatique à ce titre. Ce n’est pas forcément le cas dans les autres titres de l’album. Nada! est en effet un album très hétérogène, si ce n’est le plus hétérogène de la carrière de DIJ.
On change en effet radicalement d’ambiance avec « The Calling (MKII) », qui n’est autre qu’un pur morceau de new wave, avec claviers en pagailles et boite à rythmes cinglants. Oui, nous sommes toujours dans les années 80 ! Ce morceau n’en reste pas moins une grande réussite, et la voix de Patrick Leagas s’y fait plus puissante et intense que jamais.
Puis arrive « Leper Lord », qui s’inscrit dans la lignée de « Death of the West » ; guitare folk, percussions martiales et chant incantatoire. Bref, les prémices du Néo-Folk, et ce en 1 minute et 14 secondes seulement. Encore un titre essentiel de cet album.

Les trois premiers titres de l’album présentent finement les styles qui s’y mélangent. On vogue entre Post punk gothique (« The Honour of Silence »), New Wave toute de synthétiseurs vêtue (« The Calling ») et Néo-Folk en gestation (« Lepper Lord »). Et parfois les genres se mélangent. « Rain of Dispair » par exemple, a une rythmique dansante typique de la New Wave, mais ses chants fantomatiques et ses guitares distordues à la fin marquent le côté expérimental et gothique cité plus haut. D’ailleurs David Tibet n’y est pas pour rien dans ces expérimentations, même s’il reste discret. On ne l’entend que ricaner de façon macabre sur « Behind the Rose », autre titre dans une veine proto-néo-folk. Sa présence sera beaucoup plus importante sur l’album suivant de DIJ.

Il serait inutile de décrire chaque chanson de Nada! tant elles se révèlent différentes les unes des autres. Je citerai juste encore « Foretold » qui fait penser à du Joy Division en plus expérimental, l’excellente « She Said Destroy », entre New Wave et Folk, qui aurait pu être un hit monumental si le groupe n’était pas boudé par les grands médias. Un titre encore plus à part que les autres, « C’est un Rêve » , bizarre et malsain, basé principalement sur sa rythmique. Le groupe chante en français (!) et à tue tête : « Où est Klaus Barbie ? Il est dans le Cœur Noir » … voilà voilà. Assez déroutant n’est ce pas ? Non content de se faire une sale réputation (infondée selon moi), il faut que messieurs Leagas et Pearce en remettent une couche ! Comme quoi ils n’ont pas perdu leur rage punk … libre à chacun d’approuver ou pas…

Difficile à cerner à cause des nombreux styles abordés, Nada! est un très bon disque une fois apprivoisé. C’est même le meilleur album de la première période de DEATH IN JUNE. Mais les choses vont bientôt changer. Car cette fois, c’est Patrik Leagas qui, pour des raisons obscures, quitte le groupe pour former son propre projet, SIXTH COMM. Douglas Pearce se retrouve seul maître à bord de la Mort en Juin, avec David Tibet comme associé régulier.
La révolution musicale approche doucement…

Réédité à de nombreuses reprises, Nada! a été agrémenté de 4 titres inédits nés des sessions de l’albums, mélangés dans les morceaux originaux dans un ordre différent, en 1993. La réédition de 2002 remet les titres originaux dans l’ordre de départ, ainsi que les inédits en fin de disque. Y ont été rajoutés une version remixée de « Carousel » ainsi que « Born Again », un long titre New Wave dans la veine de « The Calling MKII ». Parmi ces titres inédits, notons « The Torture Garden », expérimentation gothique très influencé par les premiers albums de David Tibet avec CURRENT 93 (en moins extrême cependant), ainsi que la première version de « The Calling » (la MKI), franchement beaucoup moins abouti que la version de l’album originel. Pour finir, une nouvelle réédition appelée Nada Plus! , avec les titres originaux, les inédits déjà parus, ainsi que de nombreuses versions alternatives et un DVD live.

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- Patrick Leagas (chants, guitares, claviers, percussions)
- Douglas Pearce (chants, guitares, basse, percussions)
- David Tibet (chants, intruments diverses)
- Richard Butler (musiciens additionel)


1. The Honour Of Silence
2. The Calling (mkii)
3. Leper Lord
4. Rain Of Dispair
5. Foretold
6. Behind The Rose (fields Of Rape)
7. She Said Destroy
8. Carousel
9. C’est Un Rêve
10. Crush My Love

- nada (reissue 1993)
1. The Torture Garden
2. Last Farewell
3. The Calling (mki)
4. Doubt To Nothing
5. The Honour Of Silence
6. The Calling (mkii)
7. Leper Lord
8. Rain Of Despair
9. Foretold
10. Behind The Rose (fields Of Rape)
11. She Said Destroy
12. Carousel
13. C'est Un Rêve
14. Crush My Love

- Nada! (reissue 2002)
1. The Honour Of Silence
2. The Calling (mkii)
3. Leper Lord
4. Rain Of Dispair
5. Foretold
6. Behind The Rose (fields Of Rape)
7. She Said Destroy
8. Carousel
9. C’est Un Rêve
10. Crush My Love
11. The Torture Garden
12. The Calling (mki)
13. Doubt To Nothing
14. Carousel (bolt Mix)
15. Last Farewell
16. Born Again

- Nada Plus! (2011)
1. The Honour Of Silence
2. The Calling (mkii)
3. Leper Lord
4. Rain Of Dispair
5. Foretold
6. Behind The Rose (fields Of Rape)
7. She Said Destroy
8. Carousel
9. C’est Un Rêve
10. Crush My Love

1. The Torture Garden
2. Last Farewell
3. Doubt To Nothing
4. Fields Of Rape (alternate Version)
5. C’est Un Rêve (alternate Version)
6. She Said Destroy (alternate Version)
7. The Calling (alternate Version)
8. Leper Lord (unreleased Version)
9. Doubt To Nothing (unreleased Version)
10. Fields Of Rape (unreleased Version)
11. He Said Destroy (unreleased Version

1. 20th Anniversary 'nada!' Reunion Performance (lond



             



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