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INDOCHINE - 7000 Danses (1987)
Par SUNTORY TIME le 20 Février 2011          Consultée 2618 fois

En l’an de grâce 1987, INDOCHINE est au sommet de sa gloire, non seulement dans l’hexagone et outre Quiévrain, mais aussi en Scandinavie et au … Pérou, où le groupe jouit d’un véritable culte.
L’album 3, s’il est loin d’être le sommet artistique de la bande aux Frère Sirkis, leur a permis de se forger une solide réputation dans le monde très exigu du rock français. Mais c’est sans compter sur la presse (musicale et autre), qui se lance dans une véritable fatwa (comment ça j’y vais un peu fort ?) contre INDOCHINE , alors que le quatuor prépare son quatrième opus. Opus qui, selon la presse toujours, sera d’office « beaucoup moins inspiré ».
Les chiens de chasse sont lâchés. Première attaque : vous savez où INDOCHINE enregistre son nouvel album ? A Montserrat ! Comme qui, peu de temps avant ? Hein ? Comme THE CURE !!! Depuis le temps qu’on vous disait que INDOCHINE n’étais qu’un pale plagiat de la bande à Robert Smith !

Alors qu’en est-il réellement de cet album ?
Tout d’abord une pochette sombre, loin des couleurs vives (voire kitsh) des trois premiers disques. Ces corbeaux posés sur un arbre, en hiver, sont l’œuvre du photographe japonais Fukase Masahisa. Superbe photo, malheureusement gâchée par une typographie jaune et rose absolument immonde !
Musicalement, la différence est de taille. Adieu la boite à rythme, place à une batterie, une vraie de vraie ! Les synthés se mêlent à un orchestre symphonique et autres flûtes et violons en pagaille. Les ambiances sont d’une finesse impressionnante, parfaitement arrangées pour des composition qui flirtent souvent avec les 6 minutes. Le son est plus brut, moins artificiel, la musique sonne plus vraie, tout simplement. Pas mal pour un groupe en manque d’inspiration !

L’ouverture instrumentale « La Buddha Affaire » est en cela caractéristique de la production de l’album. Une boite à musique et une flûte viennent nous inviter au voyage vers des contrées exotiques, vers une certaine péninsule indochinoise, au hasard. Et la magie est là, jusqu’au grand final transitant vers « Les Citadelles », où le saxo de Dimitri Bodianski se fait rageur. Les arpèges de Dominique Nicolas retrouvent leur saveur, perdue sur 3, et ici rafraichissante. Et puis il faut bien dire que la batterie donne aux titres une énergie exceptionnelle.
La new-wave aux sonorités orientales des début est ici renforcée, et beaucoup plus aboutie. Il suffit d’écouter la sublime intro de « La Chevauchée des Champs de Blés » pour s’en rendre compte. Morceau épique et poétique, il est malheureusement bâclé par sa conclusion au saxo, totalement à contre-propos par rapport à l’ambiance générale. Dommage.
« Il y a un Risque » est dans un registre plutôt délirant, mais les « Y-eh Y-eh y-eeeh oooh » à répétition de Nicolas Sirkis sont assez ridicules. « Un Grand Carnaval », unique composition de Stéphane Sirkis, n’est pas des plus mémorable, malgré son énergie débordante. Mais ces deux titres sont les seuls vrais points faibles du disque.

Car « Les Tzars », le grand succès de l’album, se fait plus virulent, agressif, ce qui a refroidi plus d’un fan du précédent opus (tant pis pour eux !). Il est clair que les compositions, si elles sont beaucoup plus riches, sont aussi plus sombres, à l’image de la pochette. Et les textes de Nicolas ont mis de côté l’aspect sexuel de 3 pour une thématique plus politique, s’attaquant aux tyrans en tout genre (« Les Tzars »). Ils sont aussi encore plus surréalistes et poétiques, et il n’est pas compliqué d’affirmer que cet album contient les meilleurs textes de Nicola Sirkis, jusqu’à aujourd’hui. Quand à son chant, il ne s’est jamais autant égosillé que sur cet album, ce qui n’est pas sans provoquer quelques fausse notes… « Mais puisqu’on vous dit que ce mec ne sait pas chanter !! » ont du dire les journaleux. Mais dans l’ensemble ça passe, et Nicola ne se débrouille pas si mal.
D’ailleurs il fait preuve d’audace sur le summum du disque, « 7000 Danses », le génial morceau titre qui n’est malheureusement pas parmi les chansons les plus connues du groupe. Le phrasé de guitare, reconnaissable entre mille, fait mouche à répétition, et le final est tout bonnement divin. Il s’agit, sans hésiter, de la meilleur composition de Dominique Nicolas.

Que rajouter ? Que « Une Maison Perdue » vient clore en douceur (relative) cet album ? Que « La Machine à Rattraper le Temps » est un autre tube imparable ? Que s’il fut un grand succès, 7000 Danses a marqué le début du déclin du groupe (commercialement parlant) ? Il y aurait encore pas mal de chose à dire sur cet album, mais on peut résumer en disant que INDOCHINE n’a pas eu peur de se renouveler après un 3 plus que caricatural. Le duo Nicolas Sirkis / Dominique Nicolas fait des merveilles et atteint son apogée avec ce disque.
7000 Danses est donc une réussite malgré quelques titres un peu foireux, un superbe mélange entre New Wave et influence de world music, essentiellement extrême-orientale (avec un soupçon de musique péruvienne ?). Le sommet de INDOCHINE première période, le meilleur des années 80.

Merci, Sa Majesté des Sept-Mille Danses !

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   SUNTORY TIME

 
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- Nicolas Sirkis (chants)
- Dominique Nicolas (guitares, claviers)
- Stéphane Sirkis (guitares, claviers)
- Dimitri Bodianski (saxophone)
- Mark Brzezicki (batterie)
- Preston Heyman (percussions)
- Dina Bennet (piano)
- Anna Noakes (flûte)


1. La Bûddha Affaire
2. Les Citadelles
3. La Chevauchée Des Champs De Blé
4. Il Y A Un Risque (le Mépris)
5. Les Tzars
6. La Machine à Rattraper Le Temps
7. Un Grand Carnaval
8. 7000 Danses
9. Une Maison Perdue …



             



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