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- Membre : Paul Weller

The JAM - In The City (1977)
Par BAAZBAAZ le 14 Août 2012          Consultée 1250 fois

Le punk est anglais. Cette vérité mérite d’être rappelée car elle est essentielle à la compréhension d’un album comme In the City. Contrairement à ce qu’une certaine relecture de l’histoire voudrait nous faire croire, il n’y a aucune origine à aller chercher du côté des Etats-Unis, et surtout pas chez les NEW YORK DOLLS et Cie. Tout, dans le punk renvoie directement à un mélange de concision, d’agressivité et de mélodie typique de la musique anglaise des années 60. Que d’autres influences se soient greffées là-dessus, sans doute. Que certains groupes américains aient servi de passeurs, peut-être. Mais il ne faut pas oublier qu’à la racine de cette musique, on trouve d’abord et surtout les premiers disques des KINKS, des SMALL FACES et des WHO.

Le punk est anglais et dure un an, entre 1976 et 1977. Après cette date, tout le monde passe à autre chose et les groupes évoluent. Pendant cette période cruciale, THE JAM sort le meilleur album du lot. Loin devant les SEX PISTOLS et leurs singles formatés, et coiffant au poteau les merveilleux mais bordéliques DAMNED. Devant les CLASH ? Oui, In the City est meilleur que le premier CLASH, par ailleurs excellent. Une fois établie cette hiérarchie, on peut commencer à discuter, en gardant donc à l’esprit que Paul Weller, pendant ces années-là, est un songwriter intouchable. Et ça aussi, mine de rien, ça renvoie directement à une tradition typiquement british, dont l’apogée se situe dix ans en arrière.

L’histoire est connue. Le jeune Weller est fan de rock n’ roll avant de tomber en émoi devant My Generation. Dès lors, il s’emploie à devenir le nouveau Pete Townshend, y parvenant à tel point qu’il dépasse son maître si l’on considère que les WHO n’ont fait que trois bons disques – les trois premiers. C’est le déclic : il devient instantanément mod. Parka, Lambretta, amphétamines et musique soul. Weller s’apprête à devenir le fer de lance d’un revival qui fait le grand écart entre le passé et l’avenir, qui tire le meilleur de la décennie précédente – Les tables de la loi ont été écrites par THE SMALL FACES ou THE ACTION – et y incorpore toute l’urgence et la colère de la jeunesse anglaise de la fin des années 70.

Alors THE JAM, punk ou mod ? Les deux. Du moins sur In the City, où le mélange est parfait : teigneux, rapide et érudit. Déjà, signe de bon goût absolu, l’album est court et dépasse tout juste la demi-heure. Seule « Away from my Numbers » franchit la barre des quatre minutes. Mais c’est un tel brûlot – rare incursion pop au milieu de ces détonations – que l’on pardonne volontiers cette petite faute. D’autant que les moments fondamentaux que sont « Art School » et surtout « In the City » n’ont besoin que de 120 secondes pour tout renverser sur leur passage. Deux chansons foudroyantes de classe, aiguisées comme des lames de rasoir.

Weller a dix-neuf ans et marque son territoire. Comme ses idoles Marriott et Townshend, il assure à la fois le chant et la guitare. C’est la formule gagnante : la voix, chaude et hargneuse, et la Rickenbaker qui déverse sa pluie électrique. Mais THE JAM ne se réduit pas à cela. Aux côtés du prodige énervé, Bruce Foxton et Rick Buckler sont les créateurs indispensables du son du groupe. En arrière-plan des incursions soul (le terrible « I Got By in Time ») ou des compositions plus mélodiques (« Sounds from the Streets »), ils imposent une inaltérable rythmique punk-rock. Et leur cohésion est évidente lorsque la priorité revient au rock n’ roll, comme sur « Slow Down », la reprise de LARRY WILLIAMS, ou « I've Changed My Address », quasi-garage.

Alors oui, tout n’est pas parfait. A la fin (mais qui va jusque là ?), « Bricks and Mortars », un peu lancinante, semble annoncer une éclipse d’inspiration qui deviendra flagrante avec This Is the Modern World. Mais un grand album n’a pas besoin d’être parfait. Ce chipotage-là est bon pour les pisse-froid. Seules comptent les grandes chansons, jouées par un grand groupe. THE JAM en est un. Sur scène, en costards, arrogants et furieux, le trio ultra-charismatique crache une musique sans concessions qui claque comme un fouet. Weller, parfois, arbore sur sa guitare un autocollant « Carnaby St. » et ce sera, deux mois plus tard, le titre d’une face B du groupe. Tout est dit.

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- Paul Weller (chant, guitare)
- Bruce Foxton (basse)
- Rick Buckler (batterie)


1. Art School
2. I've Changed My Address
3. Slow Down
4. I Got By In Time
5. Away From The Numbers
6. Batman Theme
7. In The City
8. Sounds From The Street
9. Non-stop Dancing
10. Time For Truth
11. Takin' My Love
12. Bricks And Mortar



             



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