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THIS HEAT - Made Available: John Peel Sessions (1996)
Par JOVIAL le 18 Septembre 2012          Consultée 1205 fois

Comme de nombreux autres groupes de l’underground britannique des années 70 ou 80, THIS HEAT s’est avant tout fait connaître grâce à l’aide précieuse du légendaire John Peel, chez qui nos trois Londoniens effectuent ainsi deux mémorables passages en 1977. Ces deux performances, aujourd’hui disponibles en version remasterisée au sein de la compilation Out Of Cold Storage, constituent ainsi la seule trace de ce que pouvait produire le groupe avant la sortie de son premier album en 1979, si l’on omet volontairement la collaboration avec Mario Boyer Diekuuroh, quasiment introuvable de nos jours. On y constate alors combien THIS HEAT était influencé par bon nombres de grands-frères allemands, à commencer Can et Faust, ou, plus près d’eux, des artistes tels que King Crimson ou Throbbing Gristle. Mais ce Made Available le prouve, le groupe n’a jamais cherché à proposer au public un dilué grossier de leurs influences, mais au contraire à se servir de ces dernières pour se construire leur propre univers sonore. Et celui-ci, dès 1977, ne ressemblait à aucun autre.

La première partie du live correspond au premier passage de THIS HEAT chez John Peel, le 28 mars 1977, et regroupe trois morceaux que l’on retrouvera deux ans plus tard sur le premier album. Le classique « Horizontal Hold » ouvre la marche, avec ses éructations électroniques mécaniques et toute son ambiance malsaine, magnifiée par la guitare venimeuse de Charles Bullen, et fait immédiatement sauter les premières résistances du cerveau de son auditeur. Aride et davantage minimaliste, « Not Waving » poursuit sur des tons plus calmes, sans pour autant renoncer à son atmosphère violemment désolé, qui trouve son apothéose dès le morceau suivant, la funèbre « The Fall of Saigon ». Pour la première fois, le chant, d’une grisaille presque noble, occupe une place quasi-centrale, associé aux boucles de percussions lentes et tribales que le groupe réutilisera d’ailleurs à l’identique deux ans plus tard pour son premier disque. Le live s’achève enfin, sans jamais desserrer les dents, crispant jusque dans ses derniers râles distordus de guitare, et nous laisse, après seulement un quart d’heure de performance, complètement assommé. Il y a quelque chose dans cette musique qui ne vous lâche pas, un sentiment de fascination et de dégoût à la fois, une sensation d‘aboutissement, qui ne laisse jamais rien percevoir au-delà, comme si THIS HEAT était parvenu au limite d’un univers déjà vide et sans lumière.

La seconde partie du live correspond, en toute logique, à la seconde Peel Sessions, enregistrée le 26 octobre 1977 et voit le groupe évoluer sur des terrains plus inhabituels. En effet, si l’intimiste triptyque « Sitting »/« Basement Boy »/« Slither » s’inscrit bien en ligne droite de l’ambient morne et inquiétant de la première face, c’est au contraire les instruments utilisés qui en surprendront plus d’un, puisque THIS HEAT, en supplément de ses monocordes d’électroniques, y emploient des collages de piano et de violons. Le résultat, assez saisissant, aurait toutefois eu le mérite d’être un peu plus développé par ses géniteurs, n’excédant malheureusement qu’à peine les six minutes ici. Le groupe se rattrape néanmoins avec deux autres morceaux plus longs et surtout étonnamment plus frontaux, prouvant ainsi qu’avant 1979 nos trois Anglais savaient déjà naviguer sans difficulté de l’ambient à un post-punk plus « direct », sans pour autant se montrer moins exigeant. « Rimp Romp Ramp » voit en effet les bandes électroniques de Williams passer au second plan, permettant à Hayward à la batterie et Bullen à la guitare de s’imposer, dans un spectacle parfois à la limite du metal, qui rejoindrait presque les moments les plus durs d’un Larks’ Tongues in Aspic. « Rimp Romp Ramp » se termine néanmoins sous des cieux plus paisibles, rappelant ainsi les travaux de THIS HEAT sur la compilation Repeat, reposant nos oreilles pour l’immense « Makeshift », première ébauche de « Makeshift Swahili » qui sortira sur Deceit en 1981. C’est bien simple, ce morceau reste à mon humble avis ce que le groupe londonien a pu produire de mieux durant sa courte carrière. D’une rare violence, avec son ambiance démentielle entre le chant railleur d’Hayward, ses guitares tranchantes et ses collages d’airs arabisants, « Makeshift » nous achève enfin dans l’hystérie générale, où Charles Hayward gueule comme jamais tandis que ses deux compères multiplient les vocalises azimutées, alors même que les autres instruments se taisent petit à petit. Un vrai must à mon avis, qui ne devrait pas vous laisser indifférent.

Avec Made Available, les musiciens de THIS HEAT nous prouvent ainsi qu’ils peuvent tout aussi bien assurer en live qu’en studio, se montrant capables de nous fournir d’aussi grands moments, voire des meilleurs pour le cas des excellentes « Horizontal Hold », « The Fall Of Saigon » et « Makeshift ». En outre, ces Peel Sessions ont l’intérêt de nous faire découvrir plusieurs morceaux inédits, à savoir « Sitting », « Basement Boy », « Slither » et « Rimp Romp Ramp », qui n’intégreront finalement pas la maigre discographie studio du groupe, désormais couronnée d’un live que je qualifierai presque d’indispensable, dans sa version remasterisée de 2006 tout du moins. Un très bon moment donc, qui vaut bien ses 4,5/5.

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- Gareth Williams (basse/chant/claviers/tape)
- Charles Bullen (guitare/chant/clarinette/batterie/tape)
- Charles Hayward (batterie/claviers/chant/guitare/tape)


1. Horizontal Hold
2. Not Waving
3. The Fall Of Saigon
4. Rimp Romp Ramp
5. Makeshift
6. Sitting
7. Basement Boy
8. Slither



             



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