Recherche avancée       Liste groupes



      
POP  |  STUDIO

Commentaires (1)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


Melody GARDOT - The Absence (2012)
Par ERWIN le 16 Juin 2012          Consultée 1147 fois

Je suis très circonspect sur cette vague de chanteuses qui revendiquent une filiation avec les pylones de la musique populaire… Quand on aligne des noms aussi prestigieux que Bessie SMITH, Billie HOLIDAY, Judy GARLAND ou Janis JOPLIN comme influences, à quelques exceptions près on a fait le tour de la question. C’est Diana KRALL qui ouvre cette porte au début des nineties, puis c’est l’éclosion de Norah JONES, blablabla, on connait la suite. Malgré les revendications de ces artistes prétendument assimilés à des scènes allant de la country au jazz, il est de notoriété publique qu'elles sont en fait plus proches de la pop qu’autre chose, tout en admettant quelques touches plus savantes dans leur zique. Toutefois, je ne franchirai pas le Rubicon en les comparant à Ella, Sarah ou Billie… Certaines comparaisons seraient franchement foireuses quand on constate ce que fait la fille de Ravi SHANKAR aujourd’hui… Bref, mon impression première est qu’il s’agit d’une mode sans doute passagère. Voyons donc de quoi il retourne avec notre jeune égérie du New Jersey.

Car comme le Boss, c’est de là qu’elle vient. Enfance difficile, accident traumatisant, elle se réfugie dans la musique et sort son premier album en 2008. Cette « absence » est sa troisième contribution au monde de la musique. J’y perçois dans un premier temps une belle ascendance sud américaine et latina, dont la Bossa nova est l’épicentre, la profusion des titres lusitaniens est une évidence : on retiendra la mignonne « Lemanja », qui va vous plonger dans un bain de carnaval propice à un plongeon dans les eaux limpides de Copacabana, un petit coté tribal s’en détache, ainsi que d'agréables harmonies vocales. La troublante « Se voce me ama » nous rapproche plus de Chico BUARQUE et du Brésil Smooth.

Les deux singles sont « Mira », une bossa qui trouve son origine dans les grands standards de la musique de Tom JOBIM, on y retrouve les même instruments, la même nonchalance nimbée de Caipirinha. On imagine que le deuxième « Amalia » s’adresse directement à la grande Miss RODRIGUEZ, reine du Fado et icône de la musique Portugaise. Tout ceci est assez joli et superbement produit. Comme on pouvait s’y attendre la référence à Lisbonne ne tarde pas avec « Lisboa », nantie d’une mélodie au piano très convaincante.

Petit aparté sur les qualités vocales de la demoiselle, telles que constatées ici même. Elle se situe dans un registre proche de celui de Norah JONES, certainement pas une grande voix, mais une jolie voix. A cet égard elle ne peut nullement prétendre à une quelconque comparaison avec les plus grandes chanteuses du 20eme siècle. Elle en fait finalement assez peu et axe son chant sur la douceur et le phrasé plus que sur la performance et la puissance.

En revenant à l’anglais, elle ne change pas plus de registre, mais le petit coté folk de « So long » manque un peu de relief. Les orchestrations de « So we meet again » lui permettent de sortir un peu de son cocon ouaté, mais nous sommes bien loin des capacités des grandes divas. Le titre est cependant bien fichu. « Impossible love » nous replonge dans le bain sud américain avec plus de tranchant, j’aime beaucoup ce titre ou Melody nous parle d'une voix suave en français.

« If I tell you I love you » reprend les thèmes des années 40/50 avec beaucoup de fantaisie, petite coquinette ! Le banjo y rajoute une petite touche campagnarde franchement bienvenue et apporte un peu de fraicheur à un album finalement pesant. Même constat pour le Tango « Goodbye » qui se révèle une bonne surprise ou enfin Melody pousse un peu sa voix, que l’on constate éraillée dans les graves. Elle retombe toutefois avec “My heart won’t have it any other way” dans certains travers trop “sérieux”, meme si le titre est joli.

Au final, un jugement un rien ambivalent. J’aurai tout de même souhaité plus de personnalité, la chanteuse se contente d’une performance assez moyenne malgré une réputation déjà enviable. Quelques chansons sont toutefois réussies telles « Goodbye », « Impossible love » ou « Lemanja ». L'ensemble est donc sympathique bien que peu original. Douceur et voyage sont au programme de ce disque qui se laisse néanmoins écouter.

Je vois une belle carrière au sommet des charts.

A lire aussi en POP par ERWIN :


Tori AMOS
Under The Pink (1994)
Angélique ?




Billy JOEL
River Of Dreams (1993)
Le dernier, le meilleur


Marquez et partagez





 
   ERWIN

 
  N/A



Non disponible


1. Mira
2. Amalia
3. So Long
4. So We Meet Again My Heartache
5. Lisboa
6. Impossible Love
7. If I Tell You I Love You
8. Goodbye
9. Se Voce Me Ama
10. My Heart Won’t Have It Any Other Way
11. Lemanja



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod