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ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA - Out Of The Blue (1977)
Par BAAZBAAZ le 24 Décembre 2012          Consultée 1901 fois

Une apogée, et le début du déclin. Voilà comment on peut résumer Out of the Blue. Une apogée dans la fièvre créatrice et dans l’hystérie pop absolue : des chansons éblouissantes, sucrées et colorées comme des pâtisseries, garnies de violons et de pianos surexcités, de nappes de synthé enflées jusqu’à exploser et de voix hallucinées sous hélium pur… Aguicheur, emphatique et terriblement prenant, cet album d’ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA est une radicalisation de la recette inventée au cours des années précédentes. Jeff Lynne se lance dans une débauche artistique perverse, ultra-commerciale, prétentieuse à l’extrême, à travers laquelle il atteint un sommet qu’il n’égalera plus jamais. Et derrière, logiquement, se profile la chute, la crise d’une inspiration poussée dans ses ultimes retranchements.

Avec cet album, Lynne fait comme Ulysse. Il rentre à la maison. Autrement dit il accepte, enfin, après des années d’errance et d’hésitations, après s’être longtemps fourvoyé, d’assumer le statut de songwriter pop. Déjà, un an plus tôt, A New World Record avait été un premier retour aux sources. Mais c’est avec Out of the Blue qu’il remet au goût du jour un style de chanson – court, pétillant et mélodique, condensant le plus d’idées possibles en quelques minutes – directement échappé de ces années 60 où il avait tant brillé. Et alors même que les dollars s’amoncèlent, Lynne joue à l’ermite et s’isole pendant quelques semaines dans un chalet suisse pour prolonger l’exaltation du disque précédent. Frappé de logorrhée sonore, il compose à la chaine et s’enivre de sa propre inventivité.

Oui, mais voilà. Ce faisant, il commet l’erreur tragique du songwriter imbu de son propre talent, hanté par la démesure et perdant son discernement : il décide qu’Out of the Blue sera un double album. Terrible erreur, que tant d’autres ont commise avant lui. Car l’une des lois fondamentales du rock, l’une de ses règles les plus immuables, les plus inviolables, est qu’un double album est toujours raté. Toujours. Aucun artiste n’a jamais eu assez d’inspiration pour écrire suffisamment de bonnes chansons en un laps de temps suffisamment réduit pour réussir un tel tour de force. Les fans, bien sûr, ferment les yeux. Mais il n’y a aucune exception. Et surtout pas le White Album, génial mais complètement bancal, ni Tommy (au secours), ni Physical Graffiti et autres London Calling. On peut le regretter, mais c’est ainsi.

Lynne, petit génie pop en pleine bourre, n’était tout de même pas plus doué que Townshend ou Hendrix. Et au cours de cet été 1977, qui voit ELO entrer en studio avec une tonne de chansons dans les valises, il fait comme eux, et comme tous les autres avant et après lui : il gâche ce qui aurait pu être un formidable disque d’une durée raisonnable en le remplissant de compositions qui auraient dû être gardées pour les faces B des singles ou pour les compilations de raretés. Il oublie donc cette autre loi fondamentale du songwriting, à savoir la nécessité de filtrer, de trier et de ne jamais enregistrer la totalité de ce qui vous passe par la tête. Surtout quand vous produisez vous-même votre album, que votre label vous lâche la grappe parce que vous engrangez assez de pognon pour le satisfaire et donc que personne ne vient calmer vos ardeurs. Souvenez-vous de « My World » sur Use Your Illusion II…

Un formidable disque d’une durée raisonnable… Voilà en effet ce qu’aurait pu être Out of the Blue si quelqu’un avait mis une gifle à Lynne pour lui éclaircir les idées. Car il y a ici de quoi rester pantelant : chœurs suraigus, refrains délicats (« Turn to Stone », « Night in the City »), chansons à tiroir, à la fois langoureuses et entraînantes (« It’s Over ») ou rock 'n' roll baroques et endiablés (« Sweet Talkin’ Woman », « Across the Border »)… Tout le début laisse penser que l’on tient-là ce fameux chef d’œuvre absolu de la pop arty que SUPERTRAMP ou le YES de 90125 (le meilleur ?) chercheront à réaliser à leur façon. Et la palme revient sans doute à « Mr. Blue Sky », véritable outrage aux BEATLES et pièce maitresse de l’album. Mais qui aurait pu tenir un tel rythme dix-sept fois de suite ?

Lynne échoue. Sirupeux, putassier, Out of the Blue est long jusqu’à l’écœurement. Le problème vient surtout des ballades. Prises individuellement, certaines sont agréables (« Starlight », « Wild West Hero ») bien que leur accumulation soit insupportable. Mais la plupart sont navrantes et génèrent un atroce ventre mou qui assomme le fan le plus tolérant : « Big Wheels », « Summer and Lightning »… Sans compter « The Whale », médiocre pièce atmosphérique. ELO se vautre dans le sucre et subit l’orgueil de son leader mégalo. Le public, lui, ne retient que les splendides déflagrations pop, oubliant les pétards mouillés cachés derrière. Il applaudit, achète en masse et Lynne, encouragé par le succès, décide d’aller encore plus loin. Sans se rendre compte – pardon pour la métaphore – qu’il a déjà passé le sommet et commencé à redescendre.

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- Jeff Lynne (chant, guitares, claviers)
- Bev Bevan (batterie)
- Richard Tandy (guitare)
- Kelly Groucutt (basse)
- Mik Kaminski (violon)
- Hugh Mcdowell (violoncelle)
- Melvyn Gale (violoncelle)


1. Turn To Stone
2. It’s Over
3. Sweet Talkin’ Woman
4. Across The Border
5. Night In The City
6. Starlight
7. Jungle
8. Believe Me Now
9. Steppin’ Out
- concerto For A Rainy Day
10. Standin’ In The Rain
11. Big Wheels
12. Summer And Lightning
13. Mr. Blue Sky
14. Sweet Is The Night
15. The Whale
16. Birmingham Blues
17. Wild West Hero



             



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