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GRAJDANSKAÏA OBORONA - Optimizm (1985)
Par SASKATCHEWAN le 28 Avril 2013          Consultée 638 fois

Le deuxième album de GRAJDANSKAÏA OBORONA, Optimizm, n’est en fait que la seconde partie de Poganaïa Molodioj. Il regroupe les compositions les plus tardives de la période 1982-1985 et a été enregistré en même temps que le premier opus du groupe. On retrouve donc Kouzia OUO à la basse et l’inévitable Egor LETOV, chanteur multi-instrumentiste. La production est toujours aussi grossière, mais bon, ce n’est pas comme si nos deux protagonistes avaient eu accès à un véritable studio à l’époque. La mention « enregistré aux studios GrOB » qui figure aux dos de la pochette n’est souvent qu’un euphémisme pour désigner l’appartement de LETOV.

L’album s’ouvre sur un rythme martial de batterie, ou de ce qui semble être une batterie. Les cris juvéniles de LETOV ne tardent pas à résonner. Une bonne partie du disque poursuit la dynamique rageuse de Poganaïa Molodioj. GRAJDANSKAÏA OBORONA hurle son dégout de la société soviétique sur « Ia bloïou na vachi dela » (« Je crache sur vos affaires ») et sur « Kto ichtchet smysl », où le chanteur vocifère : « Menia tochnit ot vacheï loguiki ! » (« votre logique me dégoûte »). LETOV comme Kouzia se sont aguerris à la pratique de la guitare : les riffs sont plus ambitieux (« Klenovy list ») ; un solo énergique vient même ponctuer le très bon «Sobaka ».

Au jeu des comparaisons, Optimizm s’avère un peu plus varié que son prédécesseur. GRAJDANSKAÏA OBORONA compose de plus en plus de chansons calmes aux mélodies entêtantes. L’hypnotique « Eto ne ia » préfigure les futurs travaux psychédélique de LETOV et sa bande dans les années 90 et 2000. On perçoit par moment quelques influences dub sur les rythmiques (« Na nachikh glazakh ») ; la formation sibérienne suit en cela ses aînés britanniques. Un certain Valerytch ROJKOV ose même défier l’austérité grésillante de la production avec sa flûte fragile.

Faux second album, Optimizm comporte encore tous les excès et les défauts d’un premier essai. « Eï, babichtcha, blevani! », sorte de chanson à boire grivoise, est un délire plus que dispensable. « Detski doktor skazal: « Nishtiak » », dans le même esprit, est une plaisanterie qui fait office de remplissage. Sur trente minutes de musique, ça fait beaucoup.

GRAJDANSKAÏA OBORONA affûte tranquillement ses couteaux, en attendant des conditions d’enregistrement plus favorables. Optimizm, sans être le clone de son prédécesseur, contient les mêmes qualités et les mêmes défauts que lui. Longtemps restés dans les placards, les deux albums ont été une première fois sortis en 1988 sous forme de bandes magnétiques copiées et recopiées par les admirateurs du groupe. A l’époque, le rock soviétique, et a fortiori le punk, ne pouvaient espérer passer par les circuits officiels de la maison de disque d’Etat. Malgré la Glasnost, le « magnitoalbum » allait rester le moyen d’expression privilégié de GRAJDANSKAÏA OBORONA jusqu’à la fin des années 80.

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   SASKATCHEWAN

 
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- Egor Letov (chant, guitares, basse, percussions)
- Konstantin 'kouzia Ouo' Riabinov (basse, guitares, choeurs)
- Valerytch Rojkov (flûte)


1. Bespolezen
2. Ia Bloïou Na Vachi Dela
3. Na Vachikh Glazakh
4. Klenovy List
5. Eï, Babichtcha, Blevani!
6. Kto Ichtchet Smysl
7. Sobaka
8. Eto Ne Ia
9. Optimizm
10. Detski Doktor Skazal: 'nichtiak'
11. Ne Nado



             



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