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DEAD CAN DANCE - Anastasis (2012)
Par MR. AMEFORGEE le 24 Février 2013          Consultée 1790 fois

Depuis Spirit Chaser en 1996 et le split du groupe en 1998, Brendan Perry et Lisa Gerrard ont mené leur petit bonhomme de chemin. Elle, plus productive que jamais, a creusé son trou à Hollywood (combien de personnes l'ont découverte, et par corrélation son ancien groupe, avec sa participation au film Gladiator ?), enchaîné les projets, collaborant ci avec Denez Prigent, là avec Pieter Bourke, ou là-bas encore avec Klaus Schulze, et l'on en passe. De l'autre côté, lui, plus tranquille, avec deux albums solos en dix ans, a pris le temps de planter des patates, de perdre ses cheveux, d'aller au pub et de jouer au bingo. Il y a bien eu la tournée d'adieu de Dead Can Dance en 2005, mais comme pour beaucoup de groupes, ce n'était finalement qu'un au revoir mes frères. On ne quitte pas la musique, c'est elle qui nous quitte. Et même ensuite, on a tout de même besoin de payer l'entretien de la piscine.

Or donc, le retour, le voilà : Anastasis, qui, dans cette merveilleuse langue morte qu'est le grec, signifie « résurrection » ou « renaissance ». Un retour qui sonne assez classique pour du Dead Can Dance, mais également en forme de synthèse de la décennie écoulée : instrumentation classieuse, quelques touches orchestrales, les morceaux où intervient Brendan Perry à l'image de son dernier album solo, à la fois planants et très subtilement pop, et ceux de Gerrard, plus franchement ethniques, entre énigmes orientales et charades byzantines.

Les fans les plus exigeants regretteront sûrement de ne pas voir leur groupe favori, fort jusqu'ici d'une carrière quasi sans fautes, oser une fois de plus se renouveler jusqu'à l'âme. On restera en terrain connu, pour ne pas dire conquis. Mais si, présentement, la résurrection n'est pas synonyme de renouveau, cela ne fait pas pour autant d'Anastasis un album déshonorant, loin s'en faut.

Brendan Perry se charge d'ouvrir et de fermer le rideau, et ce de belle manière : de sa voix nonchalante pour ne pas dire hypnagogique, qui s'exprime paradoxalement dans un anglais très compréhensible, le voilà qu'il nous promène au milieu d'une forêt de nappes de claviers vaporeuses, ponctuée de percussions presque caressantes, qui établissent un semblant d'assise stable. « Children of the Sun » et « All in Good Time », comme les deux parenthèses enchantées qui encadrent un monde de nuages en suspens.

Si les morceaux où chante le Britannique adoptent des teintes oniriques, ceux de l'Australienne, quant à eux, s'empreignent assez logiquement d'une couleur mystique, sinon ésotérique. On y retrouve les fameuses glossolalies qui ont fait sa renommée, avec la déférence et le plaisir qui leur sont dues. Deux titres notamment, retiennent l'attention : « Anabasis » et « Agape », le premier, mystérieux et envoûtant, au tempo lent, avec ce psaltérion songeur et ces sonorités dépaysantes, gagne en densité à mesure que les minutes filent : l'in-cantatrice y fait merveille. Le second s'avère plus rythmé, arabisant, avec cadences chaloupées, rideaux d'arpèges et ornementations tintinnabulantes : un bijou à l'ambiance à la fois saisissante et élégante. Votre serviteur, étant plus sensible à la musique de Gerrard, n'hésitera d'ailleurs pas à avancer que ces deux morceaux sont sûrement les deux meilleurs du disque.

Après cela, sans catastrophisme, c'est moins convaincant. Perry plane derechef sur « Amnesia » et « Opium », « Kiko » l'olympien manque un peu de caractère, l'unique duo de l'album, « Return of the She-King », un peu clinquant, n'est pas l'épiphanie attendue. On finit par ressortir de ce bain de douceur qu'est Anastasis, certes parfumé, mais aussi un peu frustré. Il y aura sûrement guerre fratricide entre les thuriféraires de Perry et les adorateurs de Gerrard, mais ils s'accorderont sûrement pour dire que l'album n'est pas un chef d'oeuvre.

Ce n'est pas si grave, car il y a tout de même de quoi se sustenter. Musique ciselée et élégante : chez d'autres, cela suffit. A chacun ensuite d'évaluer le capital de magie que recèle Anastasis à l'aune de sa propre sensibilité ; voir si elle s'évapore en quelques cuillerées ou si elle a l'ensorcellement tenace : un peu des deux, sûrement. Depuis la glorieuse époque, une multitude de groupes ont fleuri, imitant plus ou moins le grand maître, se dispersant en diverses chapelles, ci néo-classique, là dark ambient, là encore ésotéro-folk, voire même bizarro-cathédralo-pop. Il existe même des labels entièrement consacrés au prêche de cette musique. Mais quand bien même Dead Can Dance ne serait pas un phénix glorieusement renaissant, il n'en demeure pas moins le chef, que dis-je, le grand gourou de l'assemblée des moines. Un joli colibri au soyeux ramage, qui, bec de pythonisse et œil de sphinx, plane encore au dessus du parterre des tournesols. On a connu pire retour.

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   (2 chroniques)



- Lisa Gerrard (presque tout)
- Brendan Perry (l'autre moitié)
- + David Kuckhermann (daf)


1. Children Of The Sun
2. Anabasis
3. Agape
4. Amnesia
5. Kiko
6. Opium
7. Return Of The She-king
8. All In Good Time



             



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