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MUSIQUE BAROQUE  |  OEUVRE

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- Style : Georg Philipp Telemann , Johann Sebastian Bach , Johann Joseph Fux

Georg Friedrich HANDEL - Dixit Dominus (gardiner) (1707)
Par CHIPSTOUILLE le 3 Avril 2013          Consultée 1238 fois

J’ai un souci avec HÄNDEL, je suis resté bloqué sur le messie, la version de Gardiner je précise, il y a bientôt 10 ans. Pourtant tout y est pour me plaire. J’affectionne tous les « grands » de l’époque baroque avec peut-être une légère réticence pour le style français du XVIIe, certes (LULLY, CHARPENTIER…). HÄNDEL, sur le papier, c’est fait pour me plaire. Des chœurs massifs, de l’énergie, de la technique et un soupçon d’influence italienne mais pas trop, un BACH en plus facile, un autre inspirateur pour MOZART… Oui mais non. J’ai tenté la méthode Coué, la dernière écoute qui remonte à quelques 6 mois m’a laissé une meilleure impression, mais disons que le double du messie prend chez moi la poussière. J’émets un gros doute quant à l’interprétation de Gardiner qui me semble bien timorée quant à la majesté supposée de l'œuvre, mais qui va aller dépenser 20€ minimum (de nouveau) dans un double CD d’un oratorio qu’il n’écoute jamais ?

J’évite alors d’en parler, je me cache, je me garde le compositeur pour plus tard, en réserve. Jusqu’à ce que je parle de mon problème à des spécialistes. On me conseille des traitements radicaux à base de CHOSTAKOVICH (d’immondes concertos pour violon et violoncelle), de SCRIABINE que je ne suis pas, à tort, peut-être ? Tel un toxico en manque, je trouve ma dose dans des cantates de BACH ou dans des messes de HAYDN. Rien n’y fait, le messie d’HÄNDEL me fait l’effet d’un disque de nouvelle chanson française, de l’indifférence totale dans laquelle surnage quelques bonnes idées, parfois. Internet vient alors à ma rescousse, un baroqueux qui a visiblement abusé des mêmes choses que moi me conseille le Dixit Dominus, « version de Gardiner t’es sûr ? » « vas-y c’est de la bonne ».

Ami fan de métal, toi qui me lis, sache que Le Dixit Dominus d’HÄNDEL est fait pour toi. Voilà une œuvre concise et qui ne lésine pas sur les couleurs et les contrastes. Il s’en dégage un enthousiasme communicant, du grandiloquent aux arias de solistes soprano. Tout ceci ne ramollit jamais, c’est d’une qualité inouïe du début à la fin. Et, contrairement à d’autres œuvres sur lesquelles j’ai pu me répandre en dithyrambes comme celle-ci, c’est immédiatement accessible.

Alors est-il utile de s’étaler ? Faut-il vous parler du mouvement éponyme et de son chœur massif qui de par son entrain enthousiaste vous convainc direct? Passons peut-être sur quelque chose de plus paradisiaque, tels ces à-coups stratosphériques qui concluent magnifiquement le "Dominus a Dextris Tuis", si évidents que l’on croirait être né en les écoutant. Toujours pas en train de vous ruer sur le disque, évoquons cette voix d’ange de Felicity Palmer rayonnante sur le "Tecum Principium In Die Virtutis" ? N’allez pas croire que Margaret Marshall ne lui donne le change sur "De Torrente in Via Bibet", bien au contraire, c’est encore mieux à deux.

Mais ce n’est pas tant la qualité sans faille de chacun de ses mouvements que sa structure d’ensemble qui fédère. Pour une époque où les mouvements se suivaient souvent sans rapport, le Dixit Dominus a l’intelligence des transitions. Sa structure fermée love des mouvements courts et percutants au creux d'une entame et une fin de cortège plus développées. Ces « délimiteurs » avec leurs thèmes de qualité martelés, nous transportent ainsi pendant et après l’écoute, reflétant cette impression d’extase, ce petit goût inéluctable de reviens-y. J’oserai même une comparaison peu orthodoxe: le Dixit Dominus est à la musique sacrée ce que Reign in Blood est au thrash. Oui, vous avez bien lu, je compare HÄNDEL et SLAYER. Le compositeur allemand côtoie les anges là où la bande à Kerry King s'acoquine aux démons. La structure est commune, le sens de la concision et l’efficacité aussi. HÄNDEL, malgré son jeune âge, compose en 1707 une œuvre aboutie.

Gardiner nous offre une pièce de choix en guise de supplément. Zadok the priest, connu en tant qu’hymne de couronnement en Angleterre est joué pour ces occasions depuis lors. Il partage avec le Dixit Dominus ce goût pour la grandiloquence, pour les chœurs que l’on souhaite massifs (des records ont d’ailleurs été battus concernant ses interprétations), et ne dépareille pas. A la réflexion, il est même assez rare que ce genre d’apposition ne joue pas d’un contraste qui finalement dessert l’ensemble. Mais le disque, du haut de ses 42 minutes, garde son sens de l’efficacité.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Felicity Palmer (soprano)
- Margaret Marshall (soprano)
- Charles Brett (contre-ténor)
- Angelo Messana (contre-ténor)
- Richard Morton (ténor)
- Alastair Thompson (ténor)
- David Wilson-johnson (basse)
- Nicholas Kraemer (clavecin)
- Malcolm Hicks (orgue)
- Monterverdi Choir
- Monterverdi Orchestra
- John Eliot Gardiner (direction)


- dixit Dominus (psalmus 109)
1. Dixit Dominus
2. Virgam Virtuis Tuae
3. Tecum Principium In Die Virtutis
4. Juravit Dominus
5. Tu Es Sacerdos In Aeternum
6. Dominus A Dextris Tuis
7. De Torrente In Via Bibet
8. Gloria Patri E Filio
- coronation Anthem N°1
9. Zadok The Priest



             



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