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COCKNEY REJECTS - Greatest Hits Vol. 1 (1980)
Par RED ONE le 10 Juillet 2013          Consultée 1592 fois

Le punk est-il réellement mort en 1979 ? Beaucoup de traditionalistes prétendront que oui, que rien de bien intéressant n'a pu naître après. Que se dire « punk » après la fin des SEX PISTOLS est un acte de totale mauvaise foi (John Lydon n'a d'ailleurs cessé de le clamer jusqu'à nos jours) et que bref, le mouvement punk ne fut qu'une sorte de « happening » sociétal éphémère, un météore dans l'histoire de la musique... Ainsi donc, aux alentours de l'année 1979, les médias proclament la mort du punk. De nombreux artistes de la première génération punk de 1976-1978 (les fameux groupes dits « punk 77 ») se tournent d'ailleurs alors vers des genres musicaux hybrides, flirtent ouvertement avec la musique électronique et la pop, aboutissant à l'apparition de la new wave et de ce que certains appelleront le « post-punk ».

Face à ce que beaucoup de punks considèreront durant ces années-là comme une trahison, de nombreux groupes continueront pourtant de faire vivre la flamme des origines... quitte à radicaliser considérablement leur musique, en réaction au post-punk vu comme une musique trop « intellectuelle ». Si le punk « hardcore » apparaît alors à cette époque, principalement aux USA et en Grande Bretagne, d'autres groupes, plus ou moins proches des milieux skinheads, seront à l'origine du street punk puis du mouvement Oi!... La formation la plus importante de ce mouvement parallèle, ce sont les COCKNEY REJECTS.

Les COCKNEY REJECTS sont l'un de ces nombreux groupes anglais nés après les trois années d'or de la première génération punk. Le groupe est fondé en 1978 dans l'Est londonien par deux frères, Jeff et Mick Geggus. La carrière du groupe connait une ascension ultra-rapide : après un premier single écoulé en très peu de temps, le groupe est signé par EMI qui finance leur premier LP en 1980. Ce premier effort studio longue durée est volontairement intitulé Greatest Hits Vol.1, comme un pied de nez au mercantilisme des maisons de disques. La couleur jaune criarde de la pochette et son graphisme général sont en revanche un hommage évident aux PISTOLS. À moins qu'il ne s'agisse peut-être aussi d'une critique ? Peu importe. Revanchards, les REJECTS le sont également dans leurs textes, qui critiquent la classe politique et le système de façon générale, mais qui se gardent bien de prendre position pour telle ou telle idéologie.

Il n'y a pas grand-chose à dire de négatif sur ce premier album des REJECTS : les chansons sont courtes, concises, efficaces, et tabassent bien dans les chaumières. Une impression de joyeux bordel savamment orchestré, bien pensé, émane de ce premier effort longue durée. Le son de guitare est encore très marqué par les sonorités vintage des années 1970, avec beaucoup de réverb’, une basse très, très lourde, une batterie carrée et minimale. Dès l'introduction, « I'm not a Fool », le ton est donné par un son de guitare gras et huileux, dans la veine des meilleures productions des années précédentes : le groupe y vocifère son mépris pour les élites, sa rage de vivre et sa foi punk.

Les mélodies sont simples, vont à l'essentiel, et imposent le groupe comme l'un des fleurons d'un punk simple et efficace, sans concessions. Les bases du style street punk sont donc déjà posées : un chant proche de celui des supporters de football (les membres des REJECTS sont d'ailleurs de farouches partisans de l'équipe de West Ham United) et des riffs plaqués parfaits pour danser après un match perdu contre Manchester (bloody bastards). « Join the Rejects » apportera une petite touche de plaisanterie à l'ensemble avec une introduction typée années 1950, de même que la piste de fin, « Where the Hell Is Babylon », qui se moque gentiment du goût pour le reggae des formations fondatrices mais se révèle être un brûlot punk ultra-efficace.

Alors voilà : le premier album des REJECTS, s'il ne pose pas réellement les bases du mouvement Oi! (ça sera chose faite avec l'album suivant), a quand même le mérite de prouver aux détracteurs du punk que cette musique nouvelle était encore loin d'avoir tout dit. Les COCKNEY REJECTS commencent leur carrière de fort belle manière en 1980, avec cet album exemplaire, annonciateur d'une tempête qui va tout dévaster sur son passage.

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   (2 chroniques)



- Jeff Geggus (chant)
- Mick Geggus (guitare)
- Vince Riordan (basse)
- Nigel Woolf (batterie)


1. I'm Not A Fool
2. Headbanger
3. Bad Man
4. Fighting In The Street
5. Shitter
6. Here They Come Again
7. Join The Rejects
8. East End
9. The New Song
10. Police Car
11. Someone Like You
12. They're Gonna Put Me Away
13. Are You Ready To Ruck
14. Where The Hell Is Babylon



             



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