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Felix MENDELSSOHN - Songe D'une Nuit D'été (klemperer) (1843)
Par CHIPSTOUILLE le 16 Septembre 2013          Consultée 1711 fois

Le songe d’une nuit d’été, ou « A midsummer night’s dream » est à l’origine une pièce de théâtre écrite par l’illustre William Shakespeare. Moins célèbre que ses drames, cette « tragédie drolatique » doit plus aux contes pour enfants par la mise en scène de fées, d’elfes, d’amazones et d’autres filtres d’amour. Si le nom vous évoque quelque chose, c’est peut-être grâce à l’ouverture que composa Felix MENDELSSOHN en 1826, dans sa prime jeunesse. Ce sera sa première œuvre célèbre, qui lui permit d’acquérir une certaine notoriété. Plus tard, au début des années 1840, le compositeur écrira de la musique de scène afin d’accompagner plusieurs pièces de théâtre pour le roi de Prusse Frédérick IV. Après Antigone, d’une simple ouverture, Le songe d’une nuit d’été s’est ainsi transformé en une œuvre plus conséquente.

Tout ceci ne vous dit peut-être rien, mais vous connaissez déjà Le songe d’une nuit d’été. En effet, au 7ème numéro, afin d’illustrer le mariage de Thésée et Hyppolite reine des amazones, Mendelssohn a composé une « Marche Nuptiale » que vous connaissez tous. Elle a été excessivement reprise, tellement qu’on ne se donne plus la peine de citer le compositeur pour la qualifier. Attention cependant, il en existe deux, toutes aussi célèbres, l’autre est de Wagner (tirée de l’opéra Lohengrin). La question qui vient logiquement à l’esprit du néophyte une fois la musique de cérémonie remémorée, c’est si celle-ci est représentative du reste ? Peut-être, comme moi, trouvez-vous le morceau pompeux, et pas qu’un peu ! A cela je répondrais à la fois non et oui.

Non, car niveau instrumentation, en dehors de la marche, nous ne devons supporter ni cymbales, ni cuivres pétaradants, ni ce côté ampoulé. Mieux le reste ne nous a pas été rabâché jusqu’à saturation. Le reste est fluide, parfois de bois venteux ou à cordes. Quelques numéros sont dotés de chant, d’autre non.
Et donc, oui, la marche nuptiale est quelque part représentative, non au niveau de style, mais plutôt en termes de structure. De par sa nature d’accompagnement, MENDELSSOHN nous gratifie de différents tableaux successifs. Chaque numéro développe une ambiance particulière, presque à la manière d’une bande originale de film, ou plutôt dirons-nous d’une « compilation ». La marche nuptiale est ainsi, au même titre que toutes les pièces qui constituent cette œuvre, une chose isolée.

La règle souffre toutefois d’une exception, à savoir l’ouverture originale entièrement instrumentale. De par sa nature, elle se suffit bien entendu à elle-même. Cela étant, la conclusion en reprend le thème magnifique, tout en le parant de chœurs féminins. A l’image de l’oratorio de Pacques de BACH ou bien d’ouvertures d’Opéra, l’existence de deux mouvements similaires se faisant écho est une véritable prouesse. Cela crée chez l’auditeur une forme d’impatience, qui se dissipe, de façon extatique, lorsque les voix font leur entrée.

Pour le reste, l’œuvre souffle le chaud et le froid. Certains tableaux sont magiques, d’autres en revanche ne provoquent pas grand chose en nous. Sort du lot le 5e mouvement, qui lie avec élégance ses cordes en faisant une forêt dense et énigmatique ou se répondent hautbois, clarinettes et autres. Le mouvement n'est pas éloigné de l’excellente ouverture des Hébrides. Le chœur des elfes qui précède, "Ye spotted snakes", sans rapport donc, évoque d’abord un essaim d’abeilles (1) avant de nous charmer par le chant d’angéliques muses. Bon, d’accord, admettons, c’est un peu cul-cul sur les bords. On est entre Disney et la pub pour papier toilette, mais l’ensemble est magnifique. Enfin la brève marche funèbre bénéficie d’une douce ironie. Malheureusement positionnée entre les deux morceaux les plus festifs, elle passe inaperçue.

Pour le reste, tout dépendra de votre humeur. Bien qu’une aura de féérie entoure l’ensemble, le gros problème, vous l’aurez compris, est le côté fourre-tout. Des mauvaises compilations en classique, ce n’est malheureusement pas ce qui manque. N’oublions pas non plus que les morceaux étaient faits pour être joués entre les scènes de la pièce d’origine, et non être enchaînés.

Côté interprétation, je pensais depuis des années vous évoquer une version récente de Phlippe Herrweghe qui me convenait tout à fait, mis à part le morceau de remplissage. L’ouverture des Hébrides, un peu rachitique, aurait du me mettre la puce à l’oreille. Il a fallu que je tombe par hasard sur une version d’Otto Klemperer de 1960. Bien que l’âge ne nous épargne pas un léger souffle remarquable dans les silences, le chef nous rétribue la magie d’origine. C’est certainement grâce à lui qu’on pense avec émerveillement à Walt Disney, celui de Blanche Neige, Cendrillon ou Fantasia, féérique.

(1) Le vol du bourdon de RIMSKY-KORSAKOV n’est pas loin.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Haether Harper (soprano)
- Janet Baker (mezzo-soprano)
- Choeur Et Orchestre Philharmonia
- Otto Klemperer (direction)


- le Songe D'une Nuit D'été, Musique De Scène Op.6
1. Ouverture - Allegro Di Molto
2. Scherzo - Allegro Vivace
3. Marche Des Elfes - Allgero Vivace
4. Choeur Des Elfes : 'ye Spotted Snakes'
5. Intermezzo - Allegro Appassionato
6. Nocturne - Con Moto Tranquillo
7. Marche Nuptiale - Allegro Vivace
8. Marche Funèbre - Andante Comodo
9. Danse Bergamasque
10. Finale : 'through This House Give Glimm'ring Light



             



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