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- Style : Lucinda Williams , Bob Dylan

Marianne FAITHFULL - Broken English (1979)
Par BAYOU le 20 Novembre 2013          Consultée 1332 fois

Quelle était jolie Marianne dans le swinging London des sixties, quand elle chantait "As Tear go by", ou qu’elle était arrêtée nue dans son manteau de fourrure après une nuit de fête avec les ROLLING STONES. Mais la trilogie sex drugs and rock n’roll est impitoyable et laisse des traces indélébiles dans le corps et l’esprit sauf si on se nomme Keith Richards. Les seventies seront une longue et douloureuse descente aux enfers pour l’ex-girl friend de Jagger et presque tout le monde l’aura oubliée…

Mais, en 1979, Chris Blackwell, le patron d’Island Records la pousse à écrire et surtout à retrouver le chemin des studios. Steve WINWOOD le petit génie maison des claviers répond présent et réunit quelques musiciens pour accompagner Marianne. La pochette bleue avec juste le point rouge incandescent d’une cigarette montre une chanteuse qui semble se protéger du photographe et de la lumière.
Et vous allez voir que Broken English sera un disque sombre ! le morceau éponyme qui ouvre la première face est un hommage aux femmes qui se battent et plus particulièrement à Ulrike Meinhof de la RAF en Allemagne de l’Ouest. La voix sous l’effet du tabac et autres a changé, plus grave, plus cassée, plus émouvante aussi. Les musiciens sont discrets, se fondent dans le décor, laissant Marianne seule devant avec ses Fantômes, ses blessures, ses fantasmes.

« Why D’ya do it », qui met en musique un poème de Heathcote Williams, relate de façon crue une scène de ménage, sur un rythme reggae mélangé à un orgue. Marianne ouvre les placards et dépose tout sur la table sans faire le tri. Elle raconte aussi ses addictions dans « What’s the Hurry » et « Brain Drain », assume ses choix de vie dans un poignant Guilt écrit par Barry Reynolds qui restera musicalement toujours très proche. Féministe par évidence, elle chante "Ballad of Lucy Jordan", racontant les tâches quotidiennes d’une femme au foyer, qui sera un moment fort de la BO du film Thelma et Louise de Ridley Scott avec Geena Davis et Susan Sarandon.

Et puis la fille d'un officier britannique et d'une aristocrate autrichienne, la petite-nièce de
l'écrivain Leopold von Sacher-Masoch, élevée dans l’aristocratie de Londres choisit définitivement son camp en reprenant le « Workin Class Hero « de LENNON avec cette voix éraillée, mais bouleversante et qui remue les tripes.

Marianne a durement appris de la vie, du succès, elle en ressort toute cabossée, usée, mais de ses épreuves, finalement changée, différente et plus forte. Broken English gratte les chairs jusqu’à l’os, quand cela fait vraiment mal, plus de jeu, plus de fausses apparences... Simplement la réalité, la vie.

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   BAYOU

 
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- Stevie Winwood (claviers)
- Steve York (basse)
- Joe Mavety (guitare)
- Barry Reynolds (guitare)
- Terry Stannard (batterie)
- Jim Cuomo (saxophone)
- Darryl Way (violon, claviers)


1. Broken English
2. Witche’s Song Brain Drain Guilt
3. The Ballad Of Lucy Jordan
4. What’s The Hurry Working Class Hero Why D’ya Do It



             



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