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- Style : Steve Gadd Band
- Membre : Miles Davis , John Zorn , Gov't Mule
- Style + Membre : Billy Cobham , Medeski Scofield Martin & Wood, Hudson

John SCOFIELD - Überjam Deux (2013)
Par TEEMO le 18 Mars 2014          Consultée 1390 fois

John Scofield est un élément de taille dans l'histoire du jazz fusion. Passionné de blues et de rhythm' n blues, passé par la case de la prestigieuse université de Berklee, il vit son début de carrière en tant que véritable électron libre. De 1974 à 1982 il côtoie des grands noms du jazz tels que Gerry Mulligan, Billy Cobham (il remplace alors John Abercrombie), George Duke, Larry Coryell, Gary Burton, (cette fois ci c'est Pat Metheny qui cède sa place)... C'est la rencontre fatidique - que chaque jazzman se doit d'avoir faite – de Miles Davis en 1983, sous l'impulsion du saxophoniste Bill Evans (à différencier du pianiste) qui le lance réellement (avoir Miles sur son CV ouvre les portes de la renommée !). Il apporte alors un élan bluesy à la formation de Miles, chose qui plaisait vraiment à ce dernier. Mais c'est en 77 qu'il démarre sa carrière solo, avec un régularité impressionnante d'environ un album par an. Il a fait ses preuves chez Blue Note, chez Verve, chez ECM et chez Emercy (dont on retient notamment l'album « Piety Street ») mais pour cet album il s'est tourné vers Universal, label réputé mais moins spécialisé en jazz.

Le style Scofield se caractérise par des morceaux à la construction plutôt simple, avec un côté easy-listening affirmé. Les improvisations sont portées par le blues et enrichies par le jazz et les accompagnements sont carrés et assez variés. « Überjam Deux » est donc la suite de l'album « Überjam » sorti en 2002 sous le label Verve. C'est un album marquant par son côté expérimental et une parfaite définition du style fusion puisque qu'il réunit jazz, blues, rock, hip hop... L'enjeu est de faire de « Überjam Deux » un album aussi original et osé.

On reconnaît d'emblée le son rond et incisif du guitariste et l'album dans son ensemble de va pas vraiment à l'encontre de l'aspect sobre et sage du style. En fait, c'est un peu dommage que ce qui avait fait le charme de « Überjam » premier du nom ne se répète qu'à moitié ici. Le côté explosif, instinctif est beaucoup moins présent. Les arrangements sont plus convenus moins travaillés, le jeu de Scofield est certes toujours de qualité, mais moins fougueux.

Alors, pourquoi lui avoir administré une note de 3/5 me direz vous.
C'est bien simple : si l'on considère « Überjam Deux » comme un album « indépendant », c'est-à-dire sans le considérer comme une sorte de suite, alors, on peut le considérer comme un bon album. Certes, il ne réussit pas la prouesse de nous servir un album aussi original, mais force est de constater qu'il propose des morceaux de qualité. Citons « Snake Dance », morceau funky contenant de superbes improvisations où s'entremêlent influences jazz, blues et rock. C'est l'occasion d'admirer quelques expérimentations intéressantes (pédales d'effet entres autres) qui font plaisir à entendre.
« Curtis Knew » quant à lui intègre habilement certains éléments du drum and bass dans une ambiance apaisée. En parlant de Curtis, le morceau d'ouverture « Camelus » propose un funk à la frontière entre « Pusherman » de Mayfield et un morceau de James Brown. Un morceau sympa mais qui manque réellement d'un point d'accroche, d'un thème, et qui, du coup, semble n'être qu'un morceau destiné à la simple improvisation.
Vous voulez du groove ? Direction « Scotown » ! Vous voulez quelque chose de plus mouvementé ? « Boogie Stupid » saura vous satisfaire. Ce n'est pas très novateur mais c'est efficace...
« Torero » est un titre qu'il faut retenir : l'incorporation d'éléments hip-hop adjoint au morceau un aspect sombre qui se lie bien au style parfois tortueux de Scofield.

Le style de John Scofield s'est assagi depuis la sorti de « Überjam ». Cette transformation est d'abord et tout simplement illustrée par la pochette. Alors que « Überjam » arborait une esthétique aux couleurs bariolées et au ton psychédélique, « Überjam Deux » se veut plus enfantin et attendrissant. Ensuite, c'est l'écoute qui témoigne qu'un stade a été franchi : les compositions sont plus plates (pas forcément dans le mauvais sens du terme), les arrangements laissent moins la place à la spontanéité. La qualité des soli reste inchangée et promet toujours de belles envolées « out ».
L'ensemble est en somme plus mature et certainement plus abordable.

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- John Scofield (guitare)
- Avi Bortnick (guitare, samples)
- Andy Hess (basse)
- Adam Deitch, Louis Cato (batterie)
- John Medeski (orgue, mellotron)


1. Camelus
2. Boogie Stupid
3. Endless Summer
4. Dub Dub
5. Cracked Ice
6. Al Green Song
7. Snake Dance
8. Scotown
9. Torero
10. Curtis Knew
11. I Just Don't Want To Be Lonely



             



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