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John ZORN - O'o (2009)
Par TEEMO le 5 Février 2018          Consultée 564 fois

En 2001 sort « The Gift », troisième volume de la série Music Romance qui connaîtra un succès certain auprès d'un public large. La formation regroupe les fers de lance du cercle zornien en un quintet débordant de vie. Il aura fallu attendre 2008 pour que la formation refasse surface lors de l'album « The Dreamers », qui donnera son patronyme au groupe devenu sextet avec l'arrivée du vibraphoniste Kenny Wollessen. « O'o » est donc le second opus du projet mené par John Zorn et il doit son nom au O'o de Kauai, espèce d'oiseau disparue originaire d'Hawaï. Un titre aux accents donc exotiques qui prend tout son sens à l'écoute de l'album...

Nanti d'une pochette et d'un artbook magnifiques signés Heung-Heung « Chippy » Chin, « O'o » est une invitation au dépaysement le plus total, une ode contemplative au vivant, une fable aux attraits tantôt féeriques tantôt mystérieux. Presque chaque morceau porte le nom d'un oiseau disparu ou en voie d'extinction et développe sous forme de tableaux musicaux diverses ambiances trouvant leurs influences dans la surf music, l'exotica, le jazz et même le rock. Tout comme « The Gift », l'album évolue dans un esprit easy-listening et divertissant par sa simplicité, mais il livre aussi une facette qui ne manque pas de nous surprendre.

La plupart des compositions s'affranchissent de toutes formes d'aspérités et leur esthétique dévoilent des harmonisations envoûtantes laissant s'exprimer des mélodies tendres et enjôleuses. La finesse du touché de Wollessen au vibraphone se mêle, par ses sonorités organiques, aux hululements des oiseaux de « Po'o'uli », transportant avec un réalisme criant l'auditeur au cœur du tumulte d'une forêt vierge. Avec son titre évoquant une fois de plus les îles d'Aloha, « Akialoa » manie les couleurs sonores avec davantage d’ambiguïté, et les instruments se faufilent toujours avec cette élégance délicate et gracile. Sur « Mysterious Starling », les mélodies enchantées du pianiste Jamie Saft semblent flotter dans un brouillard dessiné en filigrane par les ondulations de guitare, les scintillements de batterie et le bourdonnement d'une basse rondelette. Puis, s’immisce « Laughing Owl », pimpant et radieux comme les gazouillis guillerets aux premières lueurs l'aube.

Si ces quelques pièces se veulent légères et fugaces, « O'o » tient dans son répertoire une poignée de compositions se prêtant à une écoute peut-être plus approfondie et dont l'improvisation semble être le fil conducteur. L’immanquable « Miller's Crake » ouvre l'album avec une allégresse poignante. Le rythme se veut plein de gouaille, le thème jovial, et enfin, les improvisations s'enchaînent dans une cascade de mélodies plus rafraîchissantes les unes que les autres. Sur « Little Bittern », c'est Marc Ribot qui mène la danse avec sa guitare aux sonorités électriques et crunchy ; un morceau très rock donnant lieu à de nombreuses joutes mélodiques qui prennent d'autant plus d'ampleur en concert ! Plus véloce et plus touffu, « The Zapata Rail » confirme que John Zorn dirige son sextet avec brio, tant les musiciens naviguent ensemble avec une coordination toute naturelle. On pourra plus tard entendre Mike Patton reprendre ce même morceau assez fougueux avec une hargne qui n'appartient qu'à lui... Toujours dans le souci d'incarner l'organique, de lui donner corps, « Piopio » s'impose avec une rythmique exotique et dansante. Il en émane des improvisations captivantes dévoilant avec subtilité l'intime accointance que partage John Zorn avec les sonorités atypiques du klezmer.

« O'o » s'inscrit clairement dans la continuité de « The Gift » comme étant un recueil d'histoires merveilleuses. Néanmoins, le travail de John Zorn gagne en profondeur en proposant des paysages plus variés. Baptista, Dunn, Baron, Ribot, Saft et Wollesen forment une vraie entité homogène et d'une grande cohérence qui explore brillamment les compositions du new-yorkais. Tout en conservant une approche très accessible propre au style des Dreamers, Zorn parvient à surprendre l'auditeur avec des pièces marquantes qui apportent dynamisme et vitalité à l'ensemble.

Note réelle : 3,75/5

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- Cyro Baptista (percussion)
- Joey Baron (batterie)
- Trevor Dunn (basse)
- Marc Ribot (guitare)
- Jamie Saft (piano, orgue)
- Kenny Wollesen (vibraphone)


1. Miller's Crake
2. Akialoa
3. Po'o'uli
4. Little Bittern
5. Mysterious Starling
6. Laughing Owl
7. Archaeopteryx
8. Solitaire
9. Piopio
10. The Zapata Rail
11. Kakawahie
12. Magdalena



             



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