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The DOORS - L.a. Woman (1971)
Par PINHEAD le 22 Novembre 2010          Consultée 4201 fois

1971. Jim Morrison, 27ans. Le même âge que Janis Joplin, que Brian Jones, et que Jimi Hendrix à leur décès, tout trois victimes de leurs abus de substances peu recommandables. Le chanteur se sait en danger. En danger face à la justice qui veut le faire plonger à cause de son concert à Miami, en danger face à l'alcool qu'il ne peut se résoudre à arrêter.
Jim Morrison à changé. Le svelte shaman psychédélique s'est transformé au fil du temps. Le roi lézard a mué. Sa mince carcasse a laissé place à un ventre imposant. Sa voix angélique sent désormais le whisky et la cigarette. Le poète acide a disparu, et le bluesman alcoolisé a pris sa place.

Drôle de situation non? Après leur succès en montagnes russes dû à deux albums très moyens, les Doors savent que cet album sera leur dernier, le chant du cygne comme on dit dans le milieu.

Dès le premier titre de l'album, le chanteur avoue explicitement sa transformation: "The Changeling", à mi chemin entre rock et blues, révèle le nouveau Jim Morrison. En plus des paroles assez explicites, on découvre son organe sous un nouveau jour. Déjà plus rauque sur Morrison Hotel, le larynx du chanteur atteint cette fois des sommets. Différent. Dès ce premier titre, on sait que cet album sera celui qui se démarquera le plus de la disco du groupe.
En dehors du tube rock assez enjoué "Love Her Madly", le ton de cet album sera celui du blues. Le blues de Jim Morrison.
Le sens de la mélodies a changé. Très Mississippiennes (ça se dit?), inspirées explicitement des bluesmen des anneés 50 (la reprise de "Crawling King Snake" de John Lee Hooker est grandiose).

Mais malgré ce talent de composition, le blues sonne parfois faux, voire artificiel. La pauvreté des compositions est parfois évidente, comme sur "Cars Hiss By My Window", ou "Been Down so Long" qui peine à démarrer, mais bien rattrapé par ses solos de bottleneck pour le moins épiques.
Le groupe laisse entendre un son différent. Il a perdu sa bonne humeur, son coté fun et mélodieux. C'est en bonne partie ce que je reproche à L.A. Woman.

Cependant, malgré les nombreux aspects critiquables de cet album, j'affirme sur l'honneur que c'est un chef d'oeuvre.
Les atouts qui rendent L.A. Woman irrésistible, ce n'est pas son coté blues. Les merveilles de l'album s'appellent "L.A. Woman" et "Riders on the Storm". L'un Rock, voire Funk, l'autre jazzy, dépouillent complètement l'oeuvre pour clôturer chaque face du vinyle par leur longueur.

Hymne sincère à la cité des anges, le titre éponyme est tout simplement un modèle de composition. La voix de Jim Morrison se livre à un duel sans merci avec la guitare slide de Robbie Krieger qui n'a jamais aussi bien joué sur un album. La section rythmique est impeccable soutenue par John Densmore en Bossa Nova et le piano saloon de Ray Manzareck. Et quel bonheur d'entendre enfin une basse, une vraie! En effet, le dernier album des Doors accueille trois musiciens additionnels (un bassiste et deux guitariste rythmiques) pour laisser à Densmore et Manzareck la possibilité d'exercer tout leur art sans se soucier de soutenir la rythmique complexe qu'est celle des Doors.
"Riders on the Storm" clôt l'album. Dernier morceau de l'album, et dernier titre du groupe. Mélancolique, poétique, transcendental... Le parfait chant du cygne. Un poème de Jim Morrison sur un accident de voiture avec des indiens au beau milieu du désert. Episode autobiographique du chanteur âgé de huit ans quand il assista à la tragédie ("Des morts partout, c'était horrible").
Un "Wasp" pour mettre tout le monde d'accord, et on tient un cadeau du ciel.

Remettre en cause L.A. Woman est un blasphème. J'ai blasphémé. Equilibré, homogène, parfois monotone, L.A. Woman n'est pas l'album parfait que tout les critiques du monde entier portent au rang de meilleur album du groupe. Cependant, il reste un album exceptionnel, où on trouve les meilleures compositions du groupe qui atteint ici une maturité indéniable, bien qu'étouffante sur les longs et lancinants morceaux blues qui caractérisent l'album. Les Doors ont réussi leur sortie. Le 3 juillet 1971, le groupe atteindra un statut de légende.

Coup de coeur: L.A. Woman

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- Jim Morrison (chant)
- Robbie Krieger (guitare)
- Ray Manzarek (piano, orgue)
- John Densmore (batterie)
- Jerry Scheff (basse)
- Marc Benno (guitare rythmique)


1. The Changeling
2. Love Her Madly
3. Been Down So Long
4. Cars Hiss By My Window
5. L.a. Woman
6. L’america
7. Hyacinth House
8. Crawling King Snake
9. The Wasp (texas Radio And The Big Beat)
10. Riders On The Storm



             



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