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The GATHERING - How To Measure A Planet? (1998)
Par AIGLE BLANC le 30 Avril 2015          Consultée 1580 fois

La position du groupe hollandais The Gathering était fort délicate en 1998. Après avoir livré deux albums essentiels du Metal atmosphérique, dont un Nighttime Bird de toute beauté, la pression avait atteint des sommets dont peu de groupes se remettent. Deux options s'offraient alors : revenir au Métal plus franc de Mandylion rassurer les fans que la douceur relative de Nighttime Bird avait déconcertés, ou réitérer l'exploit de N.B en renouvelant la poésie inouïe de cet opus exceptionnel avec le risque au mieux de lui être inévitablement inférieur. The Gathering, avec une audace hautement suicidaire, balaie ces deux options les plus faciles pour en aborder une troisième, celle que nul n'aurait osé envisager pour sa radicalité susceptible de lui aliéner le noyau dur de ses fans.

How To Measure A Planet? abandonne la voie toute tracée du Metal pour investir celle d'un Space Rock à forte teneur pink floydienne (période Syd Barret) et même hawkwindienne. Non, vous ne rêvez pas : le groupe se jette dans un courant musical qu'il n'avait jamais pratiqué auparavant et pousse sa démarche jusqu'à nous livrer un double album. Quoi?! Un double! Ils sont fous ou quoi ? Personne n'ignore les ravages que certains doubles mythiques ont causé dans la sphère musicale pop/rock. Souvenons-nous des ratages que furent en leur temps les Tales From Topographic Ocean et autre Incantations, bourrés d'idées et de talent, mais rendus malades par une folie des grandeurs mal digérée. Le rapprochement avec les opus progressifs de YES et de Mike OLDFIELD est justifié par une démarche conceptuelle commune. H.T.M.A.P est une ode à l'apesanteur qui nous convie rien de moins qu'à un trip spatial. Comment le groupe des frères Rutten gère-t-il le monstre engendré?

Dans sa globalité, l'album se révèle excellent avec deux ou trois sommets impressionnants. Le bémol, car bémol il y a, se situerait plutôt dans les quatre titres d'ouverture qui constituent en quelque sorte "le ventre mou" de l'opus. Non qu'ils soient mauvais en eux-mêmes, mais leur succession plombe malheureusement l'entrée de l'auditeur dans l'univers fascinant que déploie le groupe par la suite. "Frail", "Great Ocean Road", "Rescue Me" et "My Electricity"sont des chansons calmes et lentes qui bénéficient du chant tout en suave retenue de la grande Anneke, laquelle module impeccablement les inflexions de sa voix sinueuse. La guitare climatique de Rene Rutten et la batterie de Hans Rutten, y brillent par leur discrétion. La production de Attie Bauw privilégie la clarté et l'apesanteur qui servent parfaitement les textes d'Anneke. La chanteuse, sur "My Electricity", poursuit son exploration poétique de l'espace effleurée dans le précédent album. Elle y dépeint la terre vue depuis le hublot d'une fusée. Le chant et les percussions légères créent une sensation de fluidité. Ces quatre titres sont presqu'interchangeables, si l'on excepte certains passages digressifs qui voient les claviers de Frank Boeijen entrer en furie, décuplés par une explosion de batteries, comme dans "Rescue Me" où intervient une cassure psyché totalement barrée digne du HAWKWIND des années 70. Si ces titres avaient été mieux disséminés, cela aurait renforcé l'équilibre de H.T.M.A.P. Tous les quatre en pole position donnent l'impression que l'album "ne décolle pas" si je puis me permettre ce jeu de mot.

Heureusement, on se rattrape avec les cinq titres suivants. "Liberty Bell", le single de l'époque, avec la voix trafiquée d'Anneke (de coloration métallique), sur laquelle la guitare et la batterie assènent un mur du son bien frappé, arrive à propos pour secouer l'auditeur. C'est pêchu et ça balance grave. Les claviers livrent un boulot formidable en tissant l'espace sonore de scintillements et de ronflements encore hérités de Hawkwind. "Red Is a Slow Colour", "The Big Sleep" et "Marooned" ne prolongent pas cette trouée Space Rock et reviennent donc à des ambiances plus rêveuses, mais les compositions souvent très originales ("The Big Sleep" en particulier avec son rythme étrange mais terriblement hypnotique) captivent l'auditeur par l'inventivité des claviers. La première galette se clôt même sur un chef-d'oeuvre : "Travel" compte parmi les plus beaux titres du groupe, véritable trip cosmique de 9 minutes bénéficiant d'une structure magique. Les instruments cette fois jouent ensemble dans un grand équilibre des textures et des couleurs. D'incessantes cassures de rythmes dynamisent ainsi la première partie de la composition... Jusqu'à la 4°minute où les claviers entrent dans une transe symphonique qui va s'amplifiant. Après avoir plaqué des accords saturés, la guitare suspend son souffle sur des arpèges tintinabulants. Et Anneke pousse de longues et lentes litanies. Le ton se charge d'une gravité solennelle. Comment résister à une telle alchimie? Le voyage vous propulse jusqu'aux confins de l'infini.

Si l'album jusque là laissait des doutes quant à la capacité du groupe de tenir la distance d'un double, la seconde galette les efface de fort belle manière en réunissant 5 titres absolument grandioses. Les compositions s'enchaînent sans temps mort, le groupe transcendé par une inspiration de style Space Rock qui ne correspond pas vraiment à son identité musicale. Si "South American Ghost Ride" est un très bon instrumental quoique trop court, "Illuminating" réussit ce que le premier disque n'avait su atteindre avec une telle évidence : chanson rock psyché ultra planante que le chant d'Anneke magnifie sur le refrain avec une intensité bouleversante. Putain que c'est beau ! Les guitares redeviennent lourdes et ronflantes dans le superbe "Locked Away" et Anneke est encore une fois sidérante. Et que dire de "Probably Built In The Fifties" lorsque The Gathering atteint ce niveau, ils n'ont rien à envier aux plus grands groupes de l'histoire du Rock? Enfin, sur le titre éponyme, The Gathering se paie le luxe de convoquer les faces expérimentales de PINK FLOYD et HAWKWIND et nous invitent à entrer à bord d'une fusée au moment du décollage. Jamais le groupe n'avait poussé aussi loin sa musique, aux confins du Space Rock, de l'Ambient et de la Techno. A conseiller aux fans d'HAWKWIND et d'ASHRA TEMPEL : 28 minutes magiques propres à déboussoler n'importe quel quidam n'ayant jamais goûté aux substances illicites. La voix d'Anneke, fondue dans un bain constitué de bidouillages électroniques, de bruitages naturels de voix de la NASA, de stridences guitaristiques extatiques et de claviers enfumés, devient un effet à part entière.

How To Measure A Planet? souffre certes d'inégalités principalement dues à un agencement maladroit des titres inauguraux. Il vaut un excellent 3,5/5 que j'arrondis à 4/5 pour l'audace inouïe du projet qui aurait pu signer le testament du groupe. Ce qui ne fut pas le cas heureusement. Quand courage et audace paient.

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   AIGLE BLANC

 
  N/A



- Frank Boeijen (claviers)
- Hugo Prinsen Geerligs (basse)
- Anneke Van Giersbergen (textes et chant)
- Hans Rutten (batterie)
- René Rutten (guitares)


1. Frail
2. Great Ocean Road
3. Rescue Me
4. My Electricity
5. Liberty Bell
6. Red Is A Slow Colour
7. The Big Sleep
8. Marooned
9. Travel

1. South American Ghost Ride
2. Illuminating
3. Locked Away
4. Probably Built In The Fifties
5. How To Measure A Planet?



             



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