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BLACK SABBATH - 13 (2013)
Par RED ONE le 15 Juin 2013          Consultée 5327 fois

Le tragique décès de Ronnie James Dio en 2010 ayant mis malheureusement fin aux projets de suite à l’album The Devil You Know (2009), Tony Iommi, Geezer Butler et Vinny Appice enterrèrent de façon définitive HEAVEN & HELL, line-up alternatif de BLACK SABBATH, dans un ultime concert donné à l’occasion du High Voltage Festival de la même année. Pour remplacer Ronnie et lui rendre un dernier hommage, deux chanteurs se partagèrent alors brièvement la scène : le méconnu Jorn Lande (MASTERPLAN) et ce bon vieux Glenn Hughes, que l’on ne s’attendait pas à revoir un jour chanter pour BLACK SABBATH après l’étrange épisode Seventh Star en 1986.

La fin de HEAVEN & HELL, aussi triste soit-elle, ne pouvait que déboucher sur la reformation du line-up original de BLACK SABBATH, officiellement en pause depuis 2006, et sur la résurrection d’un projet de nouvel album dont on parlait déjà sérieusement en 2001 ! La petite histoire veut que ce fusse lors des funérailles de Ronnie James Dio que Tony Iommi et Ozzy Osbourne rediscutèrent de façon sérieuse du projet. Durant la fin de l’année 2010 et tout le début de l’année 2011, les membres du groupe ne se sont cependant pas privés pour semer le trouble dans la presse en tenant chacun un discours contradictoire sur le sujet (Geezer Butler n’ayant même pas hésité à déclarer qu’il était contre cette reformation). Mais il ne faisait aucun doute que quelque chose se tramait. Et finalement, c’est de façon logique que la conférence "11-11-11" eu lieu le 11 novembre 2011 à Los Angeles, durant laquelle Ozzy Osbourne, Tony Iommi, Geezer Butler et Bill Ward officialisèrent leurs retrouvailles et annoncèrent l’enregistrement prochain d’un nouvel album avec Rick Rubin.

Tout fan de BLACK SABBATH qui se respecte sait que ce groupe est quand même réputé pour son histoire compliquée et les mouvements d’humeur qui agitent son line-up de façon régulière. Ce nouveau chapitre de la saga n’en sera pas exempt. Car bien vite, Bill Ward claque la porte, en prétextant d'un manque d’honnêteté de la part du management du groupe à son égard. On apprendra toutefois quelques temps après que le légendaire batteur n’était plus réellement apte à pratiquer son art, du fait de problèmes de mémoire assez handicapants. Mais cette fois, plus question de faire machine arrière : Ozzy, Tony et Geezer décident d’enregistrer sans Bill Ward, suscitant du même coup l’ire de nombreux fans sur Internet qui organisent des pétitions pour exiger son retour. Les ennuis ne s’arrêtent cependant pas là, puisque Tony Iommi révèle peu de temps après ces événements qu’il est atteint d’un cancer, annulant du même coup la quasi-totalité des dates de la tournée prévue en 2012 et retardant considérablement l’avancée de l’enregistrement. Heureusement, Tony Iommi surmontera rapidement sa maladie et BLACK SABBATH jouera trois concerts durant l’été 2012, accompagné par Tommy Clufetos à la batterie. Le nom du batteur de session chargé de remplacer Bill Ward en studio ne sera finalement révélé qu'au début de l'année 2013 : il s'agit du célèbre Brad Wilk (RAGE AGAINST THE MACHINE), dont Rick Rubin prétend qu'il possède un style évoquant celui de Bill Ward à ses débuts.

Et donc, nous y voilà : "13" sort en juin 2013. Pourquoi avoir appelé cet album "13" ? Pour lui porter malheur ? Ca serait bien triste, quand même. En rapport avec l'année de sa sortie ? Boarf, trop simple. Non, apparemment, ce choix est une idée d'Ozzy : 13, comme les 13 années qui séparent les prémices de ce projet de nouvel album, durant l'année 2000, de sa concrétisation finale, en cette année 2013. Un chiffre porte-malheur, certes, mais qui semble porter chance au groupe, en tout cas.
Cet album était attendu de longue date, oui, et pour cause : 35 années séparent 13 de Never Say Die (1978), dernier album de BLACK SABBATH enregistré avec Ozzy. De même, 17 années séparent 13 de Forbidden (1995), dernier album studio officiellement publié sous le nom BLACK SABBATH. Alors bien sûr, il y a eu l'épisode The Devil You Know en 2009 avec Ronnie James Dio, mais cet album fût publié sous le nom HEAVEN & HELL, et certains font encore la moue de nos jours quand il s'agit de l'inclure ou non dans la discographie officielle du groupe. Après tout ce temps, 13 était donc attendu au tournant, mais cette longue attente a eu du bon.

Le son de cet album était annoncé comme un "retour aux sources". Je suis assez d'accord quand à certains aspects de cette affirmation : harmonica et éléments de blues hendrixien comme sur le premier album éponyme ("Damaged Soul"), titre psychédélique façon Paranoid ("Zeitgeist"), riffs plombés lourds évoquant Master Of Reality ("Loner", "Dear Father"), titres horrifiques, doom et lents ("End Of The Beginning", "God Is Dead?")... Mais on a quand même largement affaire à une production très moderne, dans la totale continuité de l'album de 2009 enregistré avec Dio : c'est le cas de façon très marquée sur des titres tels que "Age Of Reason", "Live Forever", "Dear Father", des titres qu'on jurerait issus des sessions de The Devil You Know et sur lesquels la voix de Dio n'aurait pas dépareillé.

Certains riffs rappelleront également des souvenirs à beaucoup, comme celui de "Live Forever", qui semble être une nouvelle variation sur le célèbre riff de "Zero The Hero", titre culte de l’album Born Again (1983), sans bien sûr oublier de parler de "Zeitgeist", qui aurait très bien pu s'appeller "Planet Caravan part.2". Le passage rapide de la chanson "God Is Dead?" semble être également une réécriture du riff de "Hole In The Sky". Un "God Is Dead?" qui se situe d'ailleurs sans conteste dans la continuité du titre "Evil Eye", tiré de Cross Purposes (1994).

Aux côtés des 8 titres de l'album "standard" sont également à considérer les 3 bonus de la version deluxe ("Methademic", "Peace Of Mind" et "Pariah") : "Methademic", avec son riff lourd rapide, son solo façon Heaven And Hell (1980) et sa rythmique pachydermique sont sans nul doute parmi les moments les plus jouissifs de cet album. "Peace Of Mind" est un titre en revanche un peu trop court et "Pariah" apporte quelques idées de riffs sympas mais sans réelle profondeur. Mais à ces trois titres supplémentaires vient s'ajouter un quatrième, "Naïveté In Black", qui n'est malheureusement disponible que dans l'édition "Best Buy", vendue seulement aux Etats Unis. Une aberration mercantile qui a beaucoup fait jaser, surtout quand on se rend compte que "Naïveté In Black" est indéniablement l'un des meilleurs titres de cet album !!! Reprenant beaucoup d'éléments du BLACK SABBATH des années 1990, "Naïveté In Black" semble tirée des sessions de Dehumanizer (1992) et de Cross Purposes (1994), la voix d'Ozzy en plus. Un gage de modernité prodigieux, qui nous conforte indéniablement dans l'idée que non, BLACK SABBATH n'est pas totalement revenu au son des années 1970.

Au niveau des textes, on notera de façon assez heureuse le retour de textes portés sur la science-fiction ("Zeitgeist", "End Of The Beginning"), l'inquiétude face au monde moderne ("God Is Dead?", "Methademic") mais également la philosophie ("God Is Dead?" notamment, et sa fameuse pochette de single ornée d'un portrait inquiétant de Nietzsche)... BLACK SABBATH revient donc à une certaine qualité d'écriture qui faisait sa force durant les années 1990-1995 et qui permettaient à des albums tels que Tyr (1990), Dehumanizer (1992) ou encore Cross Purposes (1994) de se hisser dans le haut de la discographie du groupe dans ce domaine.

La qualité de la performance vocale d’Ozzy était l’une des principales sources d’inquiétude initiale : ses albums solo récents ayant été calamiteux et considérablement retouchés au niveau de la voix, on avait tout à craindre d’un Ozzy qui n’est désormais plus capable de monter très haut dans les aigus et de restituer la folie psychotique de ses jeunes années. Heureusement, Ozzy s’est laissé guider par Rick Rubin et ses deux comparses. Sa performance est donc mesurée, sans fioritures, sans excès de production et véritablement de qualité. Un constat qui rassure après la pathétique expérience de son horrible album solo Scream en 2010. Après, il faut bien le reconnaître : sur cet album, Ozzy ne chante plus du tout comme dans les années 1970. Mais sincèrement, qui donc attendait réellement cela de lui ? Par ailleurs, sa performance à l'harmonica sur "Damaged Soul", parfaitement intégrée à la chanson, est à saluer, quelques 43 ans après la sortie de "The Wizard".

Avec l’album 13, BLACK SABBATH semble boucler sa boucle : la dernière chanson de la version standard de l’album, “Dear Father”, se termine sur des bruits d’orage et de pluie, exactement les mêmes que l'on peut entendre au début de "Black Sabbath", sur le premier album éponyme de 1970. Si l'on prend en compte également les diverses auto-références à l'intégralité de la carrière du groupe (riffs, paroles, arrangements) que l'on peut dénicher dans cet album-synthèse, on obtient au final une sorte d'album "ultime" de BLACK SABBATH. Personne n'en attendait tant. Et pourtant ils l'ont fait.

Que dire pour conclure ? Que la saga BLACK SABBATH prend fin de la plus belle manière qui soit avec cet album magistral et synthétique, enfin enregistré avec Ozzy après des années d’hésitations et de fausses annonces ? Peu importe en fait si 13 doit être le dernier album studio de BLACK SABBATH. Car la légende du Sabbath Noir ne mourra jamais, pas plus que le heavy metal, ce style de musique pratiqué aux quatre coins du monde par des millions de disciples du groupe de Birmingham...

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   (4 chroniques)



- Ozzy Osbourne (chant, harmonica)
- Tony Iommi (guitare)
- Geezer Butler (basse)
- +
- Brad Wilk (batterie, percussions)


1. End Of The Beginning
2. God Is Dead?
3. Loner
4. Zeitgeist
5. Age Of Reason
6. Live Forever
7. Damaged Soul
8. Dear Father

- bonus:
1. Methademic
2. Peace Of Mind
3. Pariah
4. Naïveté In Black



             



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