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MARINA AND THE DIAMONDS - Froot (2015)
Par MOONDREAMER le 11 Août 2015          Consultée 819 fois

Si le premier album d’un artiste est celui de la révélation et si le second est celui de la confirmation, le statut du troisième album est plus délicat. L’artiste se trouve une nouvelle fois devant un tournant et doit toujours faire face au dilemme insolvable entre répéter une formule déjà éprouvée, au risque de faire du réchauffé, et se renouveler, au risque d’être accusé d’avoir perdu la verve et le talent original.

En l’occurrence, Marina DIAMANDIS a décidé de ne pas choisir : reprenant par endroits la formule d’Electra Heart (“Immortal”, “Solitaire”) et ailleurs les hymnes aigre-doux de The Family Jewels (“Better Than That”, “Savages”), tout en marquant la rupture avec les précédents albums. Celle-ci se lit d’abord dans le choix de s’isoler de l’influence des producteurs pop mainstream, après un album dans lequel ces derniers avaient eu une place considérable, pour se retrouver en tête-à-tête avec elle-même lors de la composition et éprouver ses propres limites musicale. La rupture est aussi visible dans les thématiques de l’album : adieux les archétypes et le ton volontairement distancié de Electra Heart, exit l’exubérance joviale de The Family Jewels. FROOT est en même temps l’album le plus personnel et le plus réfléchi d’une artiste qui a mûri, arrivant au crépuscule de sa troisième décennie.

Et cette maturité ne brille nulle part aussi fort que sur le titre introductif de l’album, “Happy”. Loin des sirènes entêtantes du morceau du même nom de Pharell, Marina développe une ballade qui s’épanouit dans un lent crescendo combinant à la fois ses registres aigu et grave et qui dévoile une artiste apaisée et sûre d’elle. Cette introduction à l’album contraste énormément avec le morceau éponyme qui lui succède. Premier titre annoncé lors d’une campagne marketing au cours de laquelle elle dévoilait chaque mois un nouveau morceau (“le fruit du mois”), “Froot” est une chanson beaucoup plus légère, au refrain ultra-catchy et dont l’ambiance estivale et les paroles volontairement décalées jurent presque dans un album aussi intimiste et sérieux. Le choix de “Froot” comme titre de l’album me laisse d’ailleurs circonspect, même si c’est certainement un des morceaux les plus taillés pour les ondes radio.

Ce troisième album demande plus de temps à s’apprivoiser que ses deux prédécesseurs, même si paradoxalement les morceaux sont très dépouillés dans leurs arrangements et simples dans leur structure. On se trouve très clairement face à un “grower”, un des ces albums qui ont besoin de plusieurs écoutes pour s’apprécier pleinement, ce qui m’a particulièrement surpris, sachant que les premiers albums étaient pourtant frappants dans leur évidence pop et leur immédiateté. Mais après quelques écoutes où quelques titres s’étaient malgré tout clairement imposés, à l’image de “Savages”, splendide hymne sur la bestialité refoulée de la nature humaine ou “Better Than That”, mise-en-garde rock acidulée contre une croqueuse d’hommes, chaque écoute embellissait FROOT et offrait à chaque morceau le temps de dévoiler ses saveurs.

FROOT n’est pour autant pas exempt de défauts et malgré une qualité plutôt constantes, on trouve quand même quelques morceaux relativement plus faibles. J’évoquerai par exemple la rythmique posée et groovy de “Gold” ne convainc pas complètement, là où “Solitaire” est un peu poussive et ne décolle qu’à peine. Enfin, les “yeaaah uh uh” post-refrain de “I’m A Ruin” trahissent une certaine facilité dans l’écriture. Mais ces défauts mineurs ne parviennent pas à entacher l’ensemble cohérent et attirant que Marina DIAMANDIS nous offre avec cet album par lequel elle sublime sa vulnérabilité (“Weeds”, “I’m A Ruin”) tout en s’affirmant comme femme et comme artiste (“Can’t Pin Me Down”, “Happy”, “Forget”).

Et voilà que je me trouve de nouveau dans une situation gênante pour un chroniqueur, à savoir noter l’album d’une artiste avec laquelle j’ai beaucoup d’affinités et me trouver devant l’évidence que je suis une nouvelle fois face à un excellent album. Il est difficile d’assumer trois albums successifs à 4/5 pour une aussi jeune artiste sans avouer une part de subjectivité, dont il est dur de faire abstraction. Mais j’assume une fois de plus et je renouvèle complètement ma confiance en Marina et ses diamants : si vous aimez les morceaux aux refrains pop assumés, les textes percutants et intelligents, n’hésitez pas le moindre instant à donner une chance à cet album.

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   MOONDREAMER

 
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- Marina Diamandis (chant, claviers)
- James Ahwai (basse)
- Keith Bayley (guitare)
- Jason Cooper (batterie)
- Fyfe Dangerfield (piano, guitare)
- David Kosten (claviers, percussions)
- Chris Mcgrath (basse)
- Jeremy Pritchard (basse)
- Alexander Robertshaw (guitare)


1. Happy
2. Froot
3. I’m A Ruin
4. Blue
5. Forget
6. Gold
7. Can’t Pin Me Down
8. Solitaire
9. Better Than That
10. Weeds
11. Savages
12. Immortal



             



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