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WEST SIDE SOUND - CHICAGO  |  STUDIO

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EDDIE C. CAMPBELL - King Of The Jungle (1977)
Par LE KINGBEE le 14 Mars 2016          Consultée 951 fois

Originaire du Mississippi, Eddie C. CAMPBELL quitte sa région natale très tôt, sa famille s’installant dans le West Side à Chicago. Le gamin se met à la guitare dès ses neuf ans et maîtrise totalement l’instrument au bout de trois ans. Véritable touche à tout, il devient champion de moto et de karaté tout en jouant dans les rues de Maxwell Street. Durant les années soixante, il joue dans les bars de la Windy City. Il sert occasionnellement d’accompagnateur à certaines vedettes (JIMMY REED, HOWLIN’ WOLF, FREDDIE KING, OTIS RUSH, LITTLE JOHNNY TAYLOR) et parvient à ingérer de nouvelles idées au contact de ces stars du circuit Blues. Son ami et voisin MAGIC SAM lui permet de passer une audition chez Cobra, mais Eli Toscano ne le retient pas. Il enregistre son premier single en 1968, enchaîne avec la chanteuse Yvonne Gomez et est engagé dans l’orchestre de WILLIE DIXON sur les recommandations de Koko Taylor. Pendant quatre ans, il tient la guitare au sein des All Stars. Admirateur de MUDDY WATERS, son phrasé de guitare reste influencé par celui de MAGIC SAM, son mentor.

Le producteur Steve Wisner vient de fonder le label Mr. Blues Records. La petite maison de disques a enregistré l’harmoniciste Good Rockin’ Charles, mais le disque passe complètement inaperçu. A la recherche d’un nouvel artiste, Wisner décide de donner sa chance à CAMPBELL afin de grossir son catalogue.
En juin 77, EDDIE C. CAMPBELL rentre au Sound Studio à Evanston au nord de Chicago accompagné d’une solide équipe: le pianiste Lafayette Leake, le bassiste Robert Stroger, le batteur Clifton James tandis que l’harmoniciste Carey Bell est venu avec son fils Lurrie qui tiendra la basse sur deux morceaux. La crème des accompagnateurs de Chicago.
Arborant une coiffure afro bien en vogue à l’époque, Eddie apparaît vêtu d’une peau de bête, alors qu’en fond semble se dessiner une forêt en lieu et place d’une jungle, enfin du moins l’image qu’on peut se faire d’une jungle. Le guitariste porte en bandoulière sa Fender rouge. Une pochette qui a de quoi interloquer. Et puis le titre « King Of The Jungle » est en complet décalage avec les productions Blues de l’époque. Mais le guitariste alors âgé de 38 balais est sûr de son fait. Il est très populaire auprès de la gente féminine et a envie de frapper un grand coup depuis le temps qu’il végète. Ce n’est pas une pochette de disque qui va le ralentir. Le bonhomme a envie de se démarquer.
CAMPBELL n’est pas seulement un bon sideman, il peut aussi composer d’excellents titres. Il n’est pas venu les mains vides, il a apporté cinq compositions : « King Of The Jungle », un shuffle qui vient se placer au milieu du disque. Le bonhomme a décidé d’en faire son titre principal et de nommer son disque du nom de la chanson. En dehors de cette chanson, il a écrit quatre titres spécialement pour l’album : « Smokin’ Potatoes » entrecoupé d’un passage de piano porté par l’harmonica de Carey Bell, mais c’est bien la guitare qui dirige l’attelage. « Weary Blues », « Blues On The Highway » et l’impayable « Santa’s Messin’ With The Kid » conjuguent des shuffles simples marqués par le West Side Sound, à l’image des répertoires de MAGIC SAM ou OTIS RUSH.
EDDIE C. CAMPBELL se montre brillant sur de bonnes reprises. Il rend hommage à MUDDY WATERS avec le grondant « Still Of Fool » ou « She’s Nineteen Years Old ». Le guitariste dépoussière totalement le «Cheaper To Keep Her» popularisé par JOHNNY TAYLOR, offre un clin d’œil à MAGIC SAM avec « Look Whatcha Done ». Il se montre également à son avantage sur « The Red Rooster », un classique repris à toutes les sauces, en prenant soin de rester dans le ton de la version de WILLIE DIXON.

Au milieu des seventies, cette sonorité du West Side qui se voulait dramatique, tendue et âpre, souvent en rapport avec l’atmosphère du quartier et d’un sentiment de rejet, va connaître quelques bouleversements. En fait, si ce style a connu de belles années (principalement dans l’Illinois), il ne fait plus recette auprès de la population noire qui s’oriente depuis longtemps vers la Soul, le Gospel et bientôt vers le Disco. Certains nouveaux jeunes musiciens porteurs d’idées nouvelles changeront peu à peu la donne, mais l’impact de ce registre connaîtra une montée en puissance par le biais de jeunes guitaristes blancs venus d’Angleterre.

Quarante après sa sortie, « King Of The Jungle » figure parmi les albums qui font date. Le guitariste aux notes aériennes et au phrasé flamboyant avait la sagesse de ne pas en rajouter. La rythmique, les interventions au piano de Lafayette Leake et l’harmonica de Carey BELL rajoutés au feeling de CAMPBELL font de ce disque un Must du West Side Sound. Resté longtemps confidentiel, le disque a connu plusieurs publications : en 1986, il est réédité par Rooster (avec deux titres en plus). Double Trouble en propose une édition avec une pochette différente, CAMPBELL troquant sa peau de bête pour un costume. Il a fallu attendre 1996 pour que Rooster en propose une version CD avec la pochette d’origine.

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   LE KINGBEE

 
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- Eddie C. Campbell (chant, guitare)
- Lafayette Leake (piano)
- Carey Bell (harmonica)
- Robert Stroger (basse)
- Lurrie Bell (basse)
- Clifton James (batterie)


1. Santa's Messin' With The Kid.
2. Still A Fool.
3. Cheaper To Keep Her.
4. Poison Ivy.
5. The Red Rooster.
6. Smokin' Potatoes.
7. King Of The Jungle.
8. She's Nineteen Yeras Old.
9. Look Whatcha Done.
10. We Both Must Cry.
11. Weary Blues.
12. Blues On The Highway.



             



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