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Don HENLEY - Building The Perfect Beast (1984)
Par COWBOY BEBOP le 6 Juillet 2016          Consultée 1583 fois

Sa carrière solo lancée sur de bons rails avec I Can't Stand Still, Don HENLEY continue sur la même trajectoire, tout en peaufinant encore la recette. Building The Perfect Beast sort deux ans plus tard et reste son plus grand succès en solo. L'album est porté par le single « The Boys Of Summer », devenu instantanément un classique du soft-rock. Et pour cause, il réunit en effet tous les ingrédients du tube FM idéal : une mélodie nostalgique, un parfum de ballade qui n'en est pas une, des guitares slide, et plein, plein de reverb. Et puis ce rythme qui donne envie de rouler, les cheveux au vent, sur une autoroute courant après un interminable coucher de soleil. C'est très cliché, certes, mais d'une efficacité imparable.

La suite de la galette n'est pas en reste, prouvant que HENLEY, à défaut d'être un artiste talentueux, est un excellent artisan. Il comprend ce qui marche, il sait ce qu'il faut faire pour trouver son public, et il le fait bien. L'album regorge de mélodies accessibles et efficaces, empruntant notamment à la disco (« You Can't Make Love » et « All She Wants To Do Is Dance », dont les synthés rappellent furieusement ceux « You Can Call Me Al » de Paul SIMON. Dans le genre ballade sympathique, « You're Not Drinking Enough » et « Land Of The Living » font très bien leur boulot. Cette dernière se permet même de surprendre un peu l'auditeur avec une incursion dans les territoires reggae et soul. « Not Enough Love In The World » est un compromis très réussi entre une ballade et un morceau dansant. Enfin, un soupçon de hard-rock se fait sentir sur « Driving With Your Eyes Closed », dont certaines lignes de chant font écho à celles de « Life In The Fast Lane » (décidément, Henley aime bien les métaphores automobiles). Le seul véritable faux pas de l'album est le rock'n'roll à l'emporte-pièce « A Man With A Mission », qui sans être particulièrement désagréable, ne se révèle en aucune manière attachant ou intéressant, même après plusieurs écoutes.

Il faut reconnaître à HENLEY un talent certain pour comprendre son époque. Building The Perfect Beast, qui porte bien son nom, est un cocktail parfaitement dosé de tout ce qui marche dans les années 80 : deux bonnes mesure de soft-rock, une dose respectable de synthés new-wave, plus un trait de folk et un soupçon de reggae pour couronner le tout. Mélangez tout ça dans le shaker de la pop intelligente, et vous obtenez un carton presque inévitable. Don HENELY s'écarte tout de même un peu des standards de durée radiophoniques avec « Sunset Grill », qui s'étale sur plus de six minutes. Il sait aussi varier les ambiances et sortir un peu des sentiers battus (ou plutôt marcher dans les buissons juste à côté, mais c'est déjà ça). Le morceau éponyme, « Building The Perfect Beast », est un mélange atypique de new-wave aux percussions mécaniques et de reggae, avec des chœurs scandés qui apportent une touche d'originalité. A l'opposé du spectre, « A Month Of Sunday », avec ses nappes de synthés discrètes et son rythme très lent, instille l'atmosphère figée d'une banlieue proprette et monotone.

En prêtant un peu d'attention aux paroles, on se rend compte qu'il ne s'agit pas de pop totalement décérébrée : Don HENLEY est un songwriter élégant qui essaye, depuis Hotel California, de faire passer des messages dans ses chansons, sans pour autant abreuver l'auditeur de clichés et de métaphores éculées. « A Month Of Sundays », justement, évoque l'imperceptible marche du changement, tandis que « All She Wants To Do Is Dance » (écrite par Danny Kortchmar) vise le gouvernement Reagan. Building The Perfect est ancré dans son époque, tant dans ses arrangements que dans ses thématiques, mais la solidité de ses compositions lui permet de s'en émanciper et d'être toujours appréciable aujourd'hui.

Peut-être lui manque-t-il toutefois cette qualité intangible qui permet de toucher l'auditeur au-delà d'une simple appréciation des rythmes et des mélodies. Une qualité que certains appelleront sensibilité, d'autres spontanéité. C'est d'ailleurs un reproche que l'on pourrait faire à la plupart des albums des EAGLES... Cela ne rend pas pour autant le disque désagréable à l'écoute, bien au contraire, c'est très bien produit – trop bien peut-être ? Dans ces singles taillés pour la radio, à la production lisse et carrée, on a du mal à trouver l'émotion. Telle la surface glacée et brillante d'une jolie carte postale, Building The Perfect Beast est très photogénique, mais irrémédiablement artificiel.

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- Don Henley (chant, percussions, batterie, clavier, chœurs, syn)
- Danny Kortchmar (orgue, synthétiseurs, basse, guitares, percussions)
- Lindsey Buckingham (guitare, chœurs)
- Mike Campbell (synthétiseur, guitares, percussions)
- Charlie Sexton (guitare)
- Tim Drummond (basse)
- Pino Palladino (basse)
- Larry Klein (basse)
- Jim Keltner (batterie)
- Ian Wallace (batterie)
- Kevin Mccormick (tambours africains)
- Randy Newman (synthétiseur)


1. The Boys Of Summer
2. You Can't Make Love
3. Man With A Mission
4. You're Not Drinking Enough
5. Not Enough Love In The World
6. Building The Perfect Beast
7. All She Wants To Do Is Dance
8. A Month Of Sundays
9. Sunset Grill
10. Drivin' With Your Eyes Closed
11. Land Of The Living



             



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