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- Style : Dead Can Dance

IRFAN - Eternal Return (2016)
Par HEART OF STEELE le 12 Septembre 2016          Consultée 1443 fois

8 ans d’attente.

8 ans de gestation pour enfin accoucher d’un album au packaging soigné (toujours chez IRFAN), placé sous le signe de la gémellité.

Il s’est passé une éternité, insondable et génératrice d’angoisses liées à l’implosion probable du groupe, car il n’y a eu que peu de nouvelles durant cette période. Celles-ci sont en effet arrivées par bribes fin 2015. Elles montraient des difficultés apparentes pour le financement de cette belle ouvrage (autoproduction oblige). La Bulgarie est-elle, comme la France, ignorante de ses artistes et annihile-t-elle sereinement sa propre Culture ? Mais il y a eu aussi des problèmes pour stabiliser un line-up pourtant extraordinaire. Et donc exit la blonde enchanteresse Vladislava Todorova ainsi que Kiril aux claviers et programmation. Deux femmes à la voix sublime dans le même groupe. Nul doute qu’il y a dû avoir du remue-ménage au sein de la bande durant ces 8 années !

Mais qu’importe, nous avons pris la mesure de l’activité foisonnante de ce fantastique groupe de Bulgares qui sont, avouons-le, un brin malicieux. Une malice peu discernable si ce n’est dans le titre du moins : Eternal Return ! Car si on connaît IRFAN, si nous avons suivi leur actualité, on a pu comprendre que leur retour dans les bacs (des disquaires) a été maintes fois repoussé.

On a donc affaire à un album dont une des facettes apparentes est la malice mais aussi, et comme tout bon Gémeaux, c’est un album qui va être synonyme de nouveauté, toute relative soit-elle. IRFAN ne fait pas encore du Pop-Musette à tendance gore. Mais c’est sûr, l’évolution et le changement sont les indispensables critères à l’épanouissement du Gémeaux. C’est même de là qu’il provient.

Une fois n’est pas coutume – et c’est aussi une autre facette de ce signe – le groupe a eu la grande intelligence de revenir à la source de sa musique. Une sorte de mise à plat de ses influences, un passage vers autre chose en se séparant du superflu, vers une nouvelle dynamique (de groupe ?) qui va engendrer la création de ce bel opus, mystique et beau à se damner. Alors c’est vrai, ce changement s’opère dès les premières notes du CD. Mais étrangement, on sait, on ne peut nier l’évidence, c’est bien toujours IRFAN qui joue. Leur son, les voix, ce sont eux. Et pourtant, ce premier titre de 10 minutes nous rappelle bien un autre groupe mais qui ??? Ne tournons pas autour du pot, DEAD CAN DANCE est plus qu’une influence sur ce titre et sur quelques autres bien sentis. Il n’y aura pas de plagiat, rassurez-vous. Mais – et c’est là toute la grandeur et l’Essence même de la gémellité de l’album – les australiens/londoniens de DCD semblent être présents dans la musique de façon claire et affichée. Tout en s’effaçant pour redonner la place à IRFAN. Le plus génial (et le plus complexe en tant que musicien) étant bien sûr que cela se fait dans la plus grande douceur, comme quand deux cours d’eau se rejoignent pour couler de concert, avec plus de force et de volume. Puis se séparent à nouveau sans heurt.

C’est là le changement et l’évolution du groupe, même si leur musique garde ses atouts principaux : des influences médiévales, baignées dans un folklore traditionnel bulgare, perse, celte, du moyen-âge aussi, pour une finalité hypnotique à l’aura mystique. Un disque faiseur d’émotions nouvelles, vecteur d’apaisement et brouillant les sens sur tous les plans de musicalité possibles. A condition, toujours la même, de ne pas prêter une oreille discrète à cette musique faite pour le voyage de l’esprit. DCD s’est bien gardé de vouloir créer une musique cérébrale dans sa discographie. Eux et IRFAN ont cela en commun.

Néanmoins, nos créateurs de magie veulent sur cet album faire en sorte de solliciter l’auditeur de la plus exquise des manières : en le faisant voyager au gré de ses humeurs dans divers lieux se recoupant à un moment donné : sur un champ d’étoiles – berceau d’un être magique dont l’air est l’élément, au bord d’un lac reflétant un vieux château en ruine, dans une fumerie d’opium byzantine, à une cérémonie chamanique invoquant des elfes sylvains, à la marche légère et nocturne d’une femme transie de plaisirs dans une citadelle antique… au rêve le plus aérien… Autant d’images que de notes, il y a autant d’amour de la musique qu’avant chez ce groupe de magiciens. Alors Gémeaux oui, mais un Gémeaux unique en son genre. Un album qui utilise la magie de ses aînés pour aller de l’avant. C’est assez courageux et le titre Salamander (reprise de DCD, meilleure que l’originale) est un hommage nécessaire et orientalisant qui n’enferme pas le groupe mais ouvre leur style aux instrumentations multiples, présentes sur toute l’oeuvre. L’oud, le Djembé, le Tamboura, le Riq, et des instruments ancestraux qui sonnent comme jamais. Ils font vibrer la musique et subjuguent l’auditeur par moment. Le chant en duo transcende l’impression de terrain connu car la force incantatoire du groupe ne peut s’empêcher de revenir sur l’ensemble des titres. Avec ces passages magiques, marquants que l’on a pu découvrir sur les 2 opus précédents. En sachant que maintenant, IRFAN a choisi de suivre un chemin parfois plus simple dans la forme. Pas forcément sur le fond qui reste toujours aussi mystique, puisant dans les abîmes de la Tradition folklorique.

H.P. Lovecraft dirait peut-être de cette musique qu’elle le détend. Philip K. Dick dirait qu’elle lui a ouvert un nouveau plan d’existence, et même plusieurs !

Cette incandescence d’IRFAN peut à nouveau être à la fois troublante et mystérieuse, mystique et sensuelle. C’est la marque de leur musique presque sacrée. Une œuvre quintessentielle, brûlante et impie, faite pour le plaisir des amateurs de voyage sensoriel, ou sensuel. Dix incantations d’amour prodiguées par des artistes indispensables et enchanteurs depuis des millénaires.


Cette chronique est dédicacée à mon fils, splendide gémeaux aux yeux d’un bleu qui n’épargne personne. A moins que ce ne soit son charisme et son intelligence. Tu nous envoutes par ton sourire et ta présence. Tu as jailli dans ma vie telle l’éruption d’un volcan. Ma plus belle mélodie, celle qui est en moi depuis toujours, c’est toi.

https://irfan.bandcamp.com/releases

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- Ivaylo Petrov (oud, baglama saz, cura saz, cumbus oud, tambura, s)
- Kalin Yordanov (vocals, daf, bodhran, arrangement)
- Petar Todorov (darbouka, tombak, djembe, riq, electronic percussi)
- Yasen Lazarov (duduk, ney, kaval, harmonium)
- Denitza Seraphim (vocals)


1. Eternal Return
2. The Cave Of Swimmers
3. Burana
4. Salamander
5. In The Gardens Of Armida
6. Ispariz
7. The Golden Horn
8. Tebe Poem
9. Day To Pray
10. Nehet



             



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