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- Style : Blur, The Lemon Twigs , Jet
- Membre : Beady Eye, Ride, Noel Gallagher

OASIS - Don't Believe The Truth (2005)
Par THOM le 30 Mai 2006          Consultée 6452 fois

Oasis. Rien que le nom, on en frémit déja : déclarations fumeuses, chauvinisme consommé, leader à la connerie proverbiale... En dix ans de carrière, ce groupe qui fut à l'origine d'une des "mania" les plus pharamineuses de l'histoire du rock, dans lequel on vit le retour de la grande pop britannique, qu'on assimila aux Fab Four, pour lequel on inventa une guéguerre médiatique en souvenir du bon vieux temps (j'en passe et des meilleures), en dix ans donc, ils réussirent à dilapider cet énorme potentiel pour devenir la caricature que l'on connaît. La recette était simple et bien connue : à chaque nouvel album, resuçer ce qui avait fait le succès du premier. Un coup de ballade sirupeuse par-ci, un coup de saturation sur quatre accords par-là, un bon vieux "shiiiiiiiiiiiiine" éructé toutes dents dehors et l'affaire était close.

C'est sans doute au vu du désastreux "Heathen Chemistry" (le fond du fond, à peine sauvé par deux bons titres) que le père Noël, ainé des frères Gallagher, pensa sérieusement à réviser la chose. Oasis devait impérativement redorer son blason, sous peine d'être à jamais enseveli sous les sables du désert... Alors, sans mégoter, il se mit au boulot dare-dare et composa une soixantaine de chansons, cédant parfois la plume aux autres membres du groupe. Objectif : le grand retour, la preuve que le groupe pouvait briller plus par sa musique que par ses esclandres.

Le résultat est à la hauteur des espérances du patron. Frais, enlevé et (presque) désenglué des mauvaises habitudes, Don't Believe the Truth est un disque qui fait honnêtement du bien aux zoreilles. L'album part déja d'un bon pied avec le très efficace "Turn Up The Sun", que l'on doit au bassiste Andy Bell (ancien membre de Ride). Première remarque: il va falloir désormais compter sans le jeu de batterie subtil d'Allan White, celui-ci ayant plié bagage entre temps (dix ans au service des deux énergumènes, nul n'en a encore fait autant), et remplacé par le fils de Ringo Star, Zack Starkey ("son père n'était pas libre", expliquera Noël Gallagher). Le nouveau batteur nous offre ici une démonstration de son style certes plus rustique, mais pas désagréable. Comme souvent dans les albums du groupe, le morceau d'intro retient l'attention par sa pêche toute taillée pour le live. Idem pour le single "Lyla", enrichi d'un solo court où l'on sent Noël s'énerver sur sa Gibson. Même Liam Gallagher, braillard comme aux grandes heures, arrive à rester crédible. Autant de démonstrations du Oasis nouvelle formule : exit les tartes chansons aux outros à rallonge, les beuglements répétitifs du chanteur, etc...

Mieux encore, le quintette parvient à surprendre : "The Importance Of Being Idle" est une chanson qu'on n'osait même plus espérer, vive et empreinte d'humour décalé (Oasis drôle, on aura tout vu...). Ce deuxième single est sans doute la meilleure composition de Noël Gallagher depuis une bonne dizaine d'années. Compliments aussi pour "Guess God Thinks I'm Abel", sortie de la tête de Liam (oui oui, il pense!!) et étonnante de simplicité sans pour autant verser dans le bas de gamme. Quelques discrètes percussions africaines suffisent à y injecter un petit parfum d'aventure, avant de conclure par quatre accords magistraux et imprévus. Une réussite! Autre bonne bouteille de cette cuvée: "The Meaning Of Soul", sorte de faux rodéo (Stetson et cheval de bois) porté par un galop tout en vigueur et frappe de mule. Idem pour "Part Of The Queue", décidément d'une fraîcheur déconcertante.

Le reste est plus traditionnel: "Love Like A Bomb", signée Liam, aurait pu ressembler à toutes les niaiseries dont il nous gratifie depuis plusieurs années, s'il n'y avait ce petit solo de piano cristallin et une rythmique ternaire fort bien sentie. "A Bell Will Ring" et "Keep The Dream Alive" sont quant à elles dans la directe lignée de l'album Be Here Now, avec leurs murs de guitares soutenant des mélodies efficaces mais qui dégagent un petit air de déja-entendu...

Seul glaviot dans le festin : "Mucky Fingers", pompière à souhait, parodie lourdingue de "I'm Waiting For The Man" du Velvet. D'accord, Gallagher nous fait du rock'n roll, il n'empêche qu'on a une furieuse envie de lui faire avaler son harmonica et ses gros sabots avant la fin du morceau. Un point positif cependant : la chanson étant placée en deuxième position, ça nous donne tout le reste de l'album pour l'oublier.

Mais ne manque-t-il pas quelque chose avant de conclure? L'inévitable mélo, bien entendu. Dans le style guimauve de "Stop Crying Your Heart Out" sur Heathen Chemistry par exemple? Presque. A ce point près que, fidèle à sa nouvelle ligne de conduite, le groupe allège un peu la recette. Ce qui fait qu'à l'inverse de ses grandes soeurs indigestes, "Let There Be Love" est beaucoup plus fine et aérienne. Chanson à la mélodie parfaite, elle est en outre remarquable pour son superbe pont qui paraît ne jamais finir de monter. Entendue dans un supermarché (comme j'en ai déja été témoin), elle arrive presque à faire passer les courses du samedi après-midi pour un instant de grâce...

Sur ce duo des frères ennemis s'achève l'album qu'on considérera peut-être, un jour, comme celui du "renouveau" d'Oasis (le vrai, pas celui qu'on nous promet à chaque fois). Il me semble que mis à part (What's The Story) Morning Glory?, aucun album du groupe n'a une telle tenue: ni excessif ni ronflant, juste un peu sale gosse à certains moments (et encore, on a vu bien pire). Les Mancuniens semblent avoir compris que changer un peu leur façon de voir n'est pas forcément une trahison, et reviennent avec cet opus bien meilleurs que lors de leurs précédentes tentatives.

Pourvu qu'ils ne nous refassent pas de sales blagues (qui ne font rire qu'eux), et Oasis pourait bien (re)devenir un groupe sur lequel on peut compter.

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- Noël Gallagher (guitare, chant)
- Liam Gallagher (chant)
- Gem Archer (guitare)
- Andy Bell (basse)
- Zack Starkey (batterie)


1. Turn Up The Sun
2. Mucky Fingers
3. Lyla
4. Love Like A Bomb
5. The Importance Of Being Idle
6. The Meaning Of Soul
7. Guess God Thinks I'm Abel
8. Part Of The Queue
9. Keep The Dream Alive
10. A Bell Will Ring
11. Let There Be Love



             



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