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1985 The Firm
 

- Membre : Ac/dc, Uriah Heep
- Style + Membre : Led Zeppelin, Bad Company, Free, Jimmy Page & Robert Plant

The FIRM - The Firm (1985)
Par LONG JOHN SILVER le 14 Octobre 2016          Consultée 1538 fois

L’association Jimmy Page/Paul Rodgers aurait dû, en toute logique, constituer un événement majeur au mitan des 80’s. On ne présente plus ces deux superstars qui montent alors le groupe The FIRM avec l’appoint de deux pointures plus discrètes que sont le batteur Chris Slade (MANFRED MAN EARTH BAND, URIAH HEEP entre plein d’autres, futur AC/DC) et le bassiste Tony Franklin (Roy HARPER) qu’on imaginerait plus chez KAJAGOOGOO au vu de sa coupe de cheveux qui rappelle combien l’art capillaire de l’époque avait atteint les sommets du ridicule. Cela constitue de fait un « supergroupe », forme popularisée par CREAM et plusieurs fois réitérée avec des retours et des longévités divers selon qu’on évoque BLIND FAITH, CROSBY STILLS NASH (& YOUNG), BAD COMPANY, ASIA, The POWER STATION ou GTR. Ces associations sont attendues au tournant, que ce soit par la presse ou par le public, pas forcément pour le meilleur d’ailleurs.

En 1985 du côté des charts, l’époque est à la New Wave en Europe, à l’AOR aux States. Sans quoi le Heavy Metal épique, honni par les jeunes permanentés, (le plus souvent) ignoré par la presse musicale généraliste, parvient à créer sa niche auprès de hordes de kids qui ne se reconnaissent pas dans le mainstream de plus en plus vaporeux (et souvent indigeste) du moment. Problème : The FIRM ne correspond à aucun de ces prototypes. Même en terme de production, le groupe semble échapper à sa période de création. Ici pas de caisse claire noyée dans la reverb. Cet effet particulièrement abominable aura ainsi altéré l’audition de millions d’auditeurs à travers la planète sur des milliers de productions. C’est à vomir mais voilà, ça plaisait à plein d’abrutis. Et ça a disparu comme c’est venu. The FIRM n’est pas tombé dans ce travers, de fait il ne sonnait pas contemporain. Cela a été probablement une entrave à un succès qu’on aurait imaginé (et souhaité) plus conséquent. Bonne nouvelle cependant : ce premier disque s’écoute encore plus facilement aujourd’hui. Mieux : il ne sonne pas daté et, cerise sur le pancake, il sonne incroyablement actuel. De fait, il semble intemporel.

L’album est produit par Jimmy Page et Paul Rodgers qui en signent quasiment tous les titres. Des deux c’est le second le mieux représenté puisque trois morceaux (et non des moindres) sont issus de sa seule plume. En outre, il contient une reprise d’un tube des RIGHTEOUS BROTHERS : « You’ve Lost That Lovin’ Feeling », chanson Spectorienne qui avait déjà connu maintes adaptations (Elvis PRESLEY, Cilla BLACK, Roberta FLACK…). Cette dernière s’insère aisément dans un ensemble assez enveloppant qui rappelle parfois le LED ZEPPELIN post « IV » (les riffs de « Closer » et de »Midnight Moonlight », ce second titre datant des dernières sessions du Zep mais était resté inachevé) ou FREE (« Money Can’t Buy ») et encore plus BAD COMPANY, les chiens ne faisant pas des chats. On pense d’autant plus à Bad Co que, outre la voix en or de Paul Rodgers, il s’avère que Tony Franklin utilise une basse fretless comme le faisait Boz Burrell, ses glissandi caractéristiques enrobant opportunément la majeure partie des chansons. Paul Rodgers se fait également assez présent à la guitare rythmique, captain Jimmy en profitant pour tourner autour de cette assise par ses riffs, quelques accords de puissance, des licks et autres arpèges. Le bonhomme n’offre par ailleurs qu’assez peu de solos. On est loin de toute forme de démonstration, chose devenue monnaie courante chez les guitar heroes du moment, au point que la (ridicule) surenchère était également devenue la norme.

Là encore, les musiciens tranchent avec leur époque, car on évite la moindre trace de poudre aux yeux afin de laisser s’épanouir les chansons. Et c’est tant mieux car aujourd’hui ce disque mérite plus qu’une réhabilitation : la reconnaissance. On pense d’emblée au titre « Closer », placé en ouverture mais surtout à « Radioactive », chanson qui fut diffusée à la radio (même en France), soit une sacrée locomotive à la mélodie carrément accrocheuse. Il est notable de constater que Paul Rodgers a continué à interpréter sur scène ces deux pépites, bien après la dissolution du groupe. On aurait tort de s’arrêter à ces deux instants et d’ignorer le reste : j’ai déjà cité la splendide ballade « Money Can’t Buy » où la voix de Rodgers ferait fondre la calotte polaire bien plus sûrement que le réchauffement climatique. J’ai également évoqué « Midnight Moonlight » placé en clôture : ce titre fleuve (il dépasse les neuf minutes) a tout d’un grand classique : robustesse, intensité, interprétation, progression, mélodies. « Someone To Love » rappelle les hits de Bad Co, elle en possède l’ineffable efficacité ainsi que le mordant. Les quatre autres titres (« Make Or Break », « Together », « You’ve Lost That Lovin’ Feeling » et le single « Satisfaction Guaranteed ») sont loin d’être médiocres, ils sont juste un peu moins remarquables, bien que portés par la grâce de musiciens qui refusent à tout moment de prendre l’ascendant sur leur musique.

Le groupe, qui avait commencé par tourner avant de publier son premier opus, repart sur la route, privilégiant le nouveau continent au détriment de l’ancien, puis enchaînera rapidement avec son second (donc ultime) disque. L’album The Firm obtient, quant à lui, des classements plus qu’honorables dans les charts US et British ainsi que dans le nord de l’Europe, mais passe dans une indifférence relative ailleurs. Ce qui constitue tout de même une demi déception au vu du CV de ses membres. Sa musique a contrario ne tient en rien du flop De ce point de vue, le verre à moitié vide si on ne se fie qu’au seul baromètre du succès commercial, n’est pas si loin d’être rempli.

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Paul Rodgers (chant, guitare, piano)
- Jimmy Page (guitare)
- Tony Franklin (basse, claviers, choeurs)
- Chris Slade (batterie, percussions)
- +
- Sam Brown (choeurs sur 6 et 9)
- Helen Chappelle (choeurs sur 6 et 9)
- Joy Yates (choeurs sur 6 et 9)
- Paul Weimar (sax bariton sur 1)
- Willie Garnett (sax tenor sur 1)
- Don Weller (sax tenor solo sur 1)


1. Closer
2. Make Or Break
3. Someone To Love
4. Together
5. Radioactive
6. You've Lost That Lovin' Feeling
7. Money Can't Buy
8. Satisfaction Guaranteed
9. Midnight Moonlight



             



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