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1985 The Firm
 

- Membre : Ac/dc, Uriah Heep
- Style + Membre : Led Zeppelin, Bad Company, Free, Jimmy Page & Robert Plant

The FIRM - Mean Business (1986)
Par LONG JOHN SILVER le 27 Octobre 2016          Consultée 1222 fois

La publication de l’album The Firm avait plutôt constitué une bonne surprise. Notamment pour tous ceux qui s’inquiétaient du niveau de Jimmy Page depuis sa sortie au Live Aid, lors de la prestation erratique (euphémisme) proposée par la réunion occasionnelle du Zep. Mieux valait passer outre, ce fut chose (vite) faite grâce à son association (déjà dans les tuyaux avant le Live Aid) avec Paul Rodgers, un type suffisamment charismatique pour devenir un partenaire solide. The FIRM envoie alors une forme de Heavy Blues, groovy aérien et scintillant. L’album est très bon, se vend correctement, le groupe s’active rapidement sur sa suite. Chose inédite pour Page depuis l’ère YARDBIRDS, on fait venir un producteur extérieur au groupe pour co-diriger les sessions du deuxième album. Afin de lui conférer un rendu plus catchy, des parti-pris d’affichage pop 80’s viennent s’inscrire au tableau. Je n'évoque même pas la nouvelle trouvaille capillaire du bassiste Tony Franklin, un mec qui devait faire crever de jalousie les gonzes fans de DURAN DURAN. On parle aussi davantage de la mise en avant des synthés (sur « All The Kings Horses », le single, mais pas que) que de la lobotomisation des sons de batteries, même si la tentation n’est pas passée si loin (sur « Tear Down The Walls », mais pas que).

La réalisation de The Firm (l'album) échappait (pour beaucoup) aux conventions de son temps, ce qui n’est plus (complètement) le cas de Mean Business. De fait, il est plus directement situable, voire positionnable, que son prédécesseur. Néanmoins, laisser reposer l’impression mitigée qu’il produit n’est pas – non plus – complètement imputable au boulot de Julian Mendelsohn – un producteur tout ce qu’il y a de plus mainstream*. La raison en incombe beaucoup à une accumulation de morceaux plutôt plats, de fillers (certes) bien torchés mais pas exceptionnels. Le disque commence de façon tout ce qu’il y a de plus convenable par « Fortune Hunter ». Néanmoins, d’emblée, on ne peut s’empêcher de comparer ce titre avec « Closer » - un peu dans la même veine – qui ouvrait l’opus 85. Ça part tout de même un cran en dessous question accroche. Pour l’anecdote, il a été co-écrit par Chris Squire (YES), resté non crédité**. Cadillac » chanson qui lui emboîte le pas, peine carrément, quant à elle, à maintenir l’attention. Dire que l’entame propose les instants les plus rock du disque laisse pourtant de marbre. « Tear Down The Walls » ravive effectivement le souffle du heavy blues, encore une fois on perçoit l’autorité derrière l’amplitude. Encore une fois, on se demande ce que ce morceau possède de vraiment remarquable en dehors de ses interprètes. Car oui, on le vérifie un peu partout sur le présent opus : Rodgers chante comme un dieu, Tony Franklin joue trop bien de la basse et Chris Slade est un monstre batteur. ET Jimmy - contrairement au premier album - nous pond plein de solos. Tous dignes.

Mean Business est empli de moments pop, de ballades, registre pour lequel mieux vaut s’appeler Paul Rodgers afin d'espérer maintenir toutes ses chances de ne pas sombrer dans le navet. « All The Kings Horses », le titre choisi comme single, est une ballade mid-tempo entièrement dévolue à Rodgers. Elle sort accompagnée par un clip vaporeux. Il y a des synthés fm embarrassants. Néanmoins, le tout se tient bien, avec classe. On lui préfèrerait presque « Free To Live », autre mid-tempo, ici nommée comme une réminiscence du groupe FREE. Finalement non, ça manque d’on ne sait trop quoi, pourtant tout est en place. « Dreaming », petite compo suave de Tony Franklin, gentiment chaloupée, laisse plus battre ses ornementations que son cœur de rockeur. Soit, si ce n'est qu'on n’y retient pas bézef. « Spirit Of Love » s’écoute gentiment, comprenez qu’il s’agit d’une ballade, du moins elle démarre comme tel, le solo est de nouveau très bon. Elle s’emballe sur sa coda, le piano rappelle Al Stewart, des chœurs féminins viennent renforcer/lisser l'emphase libératrice du final. On aime bien. Pas tellement plus.

Cependant ce disque contient tout de même sa pierre angulaire, son pinacle, soit (encore) une ballade : « Live In Peace », aussi écrite par le seul Rodgers. Ce morceau – qui n’est pas le plus long de l’ensemble – était joué sur scène dès avant la publication du premier opus. La prod cartonne. Sa progression, conclue par un solo final héroïque, impressionne. On est babas. Page laisse parfois achopper quelques dissonances, pour délivrer, juste derrière, une série de phrasés tout en fluidité. Cette chanson illumine l’album Mean Business à la manière de « Like I’ve Never Been Gone » sur Pictures At Eleven, le premier album de Robert Plant ***. Page y délivre – quatre ans après Percy Plant – son tribut, comme suite au passage sur l’escalier vers l’au-delà.

« Un excellent moment, et tout le reste n’est pas trop/trop mal, c'est selon en fait » : pourrait-on conclure à l’écoute de l’album. En ajoutant que sa connotation 80’s n’est finalement pas si honteuse. Page et Rodgers étaient bien présents pour encadrer le troisième larron, le type à la mode. Mais on est aussi plus exigeants envers ceux dont on connaît les capacités, les intentions. Le groupe continue d’explorer d’amples espaces, mise sur sa maîtrise comme sur le premier album, sauf que cela fonctionne moins bien. Manque le brin de spontanéité, le petit décalage pour faire palpiter l'émotion. Dommage pour cette formation qui a eu le mérite de (réellement) faire dévier Jimmy Page de son sacerdoce lié au leg du Zep. Mission dont il prendra peu l’occasion de s’écarter finalement. Dommage, car Mean Business est le second et ultime album de The FIRM, qu’il n’est globalement pas mauvais mais qu’il échoue le plus souvent à nous éblouir. D’ailleurs, le groupe part en tournée puis décide de stopper là, une fois celle-ci terminée. Pourtant, Mean Business semblait vouloir dire : on est là pour durer les gars, vous inquiétez pas ! Il apparaît néanmoins que si le disque a obtenu des retombées commerciales convenables, le résultat n’atteignait pas les espoirs mis dans l’affaire. Les gars ont préféré ne pas décliner davantage et arrêter les frais. Page dira ensuite que son association avec Rodgers n’était – de toute manière - pas censée durer au-delà de deux disques. Bah, s’il lui vient – à nouveau - l’idée de réactiver un de ses vieux (super) groupes, c’est encore faisable.

*Foin d’atrocités, je me refuse donc de citer les noms des ectoplasmes produits par le zig, moins pour incitation(s) à la débauche, que pour appel au meurtre
** Et qui renonça à demander des royalties, Mean Business ne cassant pas la baraque alors que lui avait touché le jackpot pour 90125
**1982

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Paul Rodgers (chant, piano, guitare)
- Jimmy Page (guitare)
- Tony Franklin (basse, synthés)
- Chris Slade (batterie)


1. Fortune Teller
2. Cadillac
3. All The King's Horses
4. Live In Peace
5. Tear Down The Walls
6. Dreaming
7. Free To Live
8. Spirit Of Love



             



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