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- Style : Canned Heat
- Membre : Renaissance, The Rolling Stones , Hawkwind
- Style + Membre : The Pretty Things , The Yardbirds

PRETTY THINGS/YARDBIRD BLUES B - The Chicago Blues Tapes 1991 (1991)
Par LE KINGBEE le 24 Octobre 2016          Consultée 829 fois

Oh… certains lecteurs penseront probablement qu’il y a ici une grosse coquille ou bien que votre chroniqueur s’est mélangé les pinceaux en lisant le nom de ce groupe. Je vous rassure, il s’agit là de la bonne typographie.

Petite piqûre de rappel : The PRETTY THINGS se forment en 1963 à l’instigation de Dick TAYLOR, un ancien guitariste des STONES, et du chanteur Phil MAY. Le nom du groupe est un clin d’œil à un titre de Bo DIDDLEY et de son cousin Jerome Green « Pretty Thing ». Le groupe écume les pubs et les clubs d’Angleterre où leur R&B sauvage teinté de Rock enthousiasme les foules. La formation fait fureur l’année suivante au Bus Palladium et à La Locomotive, club dirigé par l’acteur André Pousse. Malgré des changements de line up, le groupe collectionne les succès : « Don’t Break Me Down », « Come See Me », « I Can Never Say » et « Midnight To Six Man » en décembre 65. Après plusieurs disques mémorables dont le concept album « SF Sorrow » gravé en 1968, le groupe amorce son déclin en incorporant cuivres et cordes, en vue d’une Pop de plus en plus sophistiquée. De son côté, The YARDBIRDS (Les Tire-Au-Flanc, tiré d’un argot ricain) éclosent au même moment. En décembre, ces fous furieux accompagnent Sonny Boy WILLIAMSON et deviennent le groupe résident du fameux Crawdaddy où ils remplacent les STONES. En mars 64, le groupe intègre les radios françaises avec « I Wish You Would », récidive avec « For Your Love » puis « Heart Full Of Soul ». La formation comptera dans ses rangs quelques légendes : CLAPTON, BECK, PAGE. A partir de 1966, le groupe s’étiole, en partie à cause de changements de membres et d’une orientation vers un Hard Rock Blues incompris, un répertoire qui n’obtient pas l’adhésion des fans du groupe.

En septembre 1990, alors qu’il est en vacances à Londres, Dick Taylor prend contact avec son ancien chanteur. Les deux musiciens se rencontrent dans un pub de Soho et décident qu’il est temps pour eux d’enregistrer un nouvel album orienté sur le Chicago Blues. La veille, Dick a rencontré par hasard Jim McCarty, l’ancien batteur des Yardbirds. Ce dernier végète dans la capitale anglaise. Ses dernières tentatives au sein de Renaissance et Shoot n’ont pas été couronnées de succès. Les deux anciens coéquipiers contactent dès le lendemain le batteur. Celui-ci est disponible et l’idée d’aller à Chicago pour enregistrer n’est pas pour lui déplaire. Il ne reste plus qu’à trouver un bassiste et une seconde guitare pour être au complet. Dick fait appel à Richard Hite*, le cadet de Bob « The Bear ». Richard n’est pas un inconnu, il a officié au sein de Canned Heat pendant presque cinq ans et se produit sporadiquement depuis le décès en 81 de son frangin et mentor. Le dernier membre sera John Studebaker, figure bien connue des clubs de Chicago, il excelle à la slide, à l’harmonica et peut jouer en seconde guitare.

Notre petite troupe (3 anglais pour 2 ricains) se retrouve dans le froid de Chicago en janvier 91 pour une session de 7 jours. Sous les recommandations de Studebaker, les cinq musiciens se ruent au Seagrape Studio dans le North Side. George Paulus*, le patron du label St George Records, est chargé de la production. Le bonhomme a un beau pedigree: il a dirigé le petit label Barrelhouse Records, a enregistré les bluesmen Washboard Willie, Harmonica Frank Floyd, Kid Thomas, Easy Baby et Charlie Feathers. Homme discret, Paulus a ses entrées dans les clubs noirs de la ville depuis des lustres, sait gérer les conflits et a la réputation de tirer le meilleur de ses musiciens. En fait, une rumeur prétend que lors de la première session, Paulus ne donna pas la moindre consigne, laissant une large marge de manœuvre aux musiciens, il se contenta simplement d’apporter deux boutanches de Gamay pour détendre l’atmosphère et dénouer les tensions. La session débute au moment-même où est lancée l’opération Tempête du Désert.
Une track list est dressée mais elle ne contient pas assez de matière pour enregistrer un album. Les équipiers s’attèlent à proposer des titres et le choix des morceaux retenus prête parfois à de vives discussions. Mais au bout du compte, entre les morceaux choisis dès le départ à Londres et l’apport de nouvelles reprises, l’envie et la joie sont palpables tout au long de cette session. Car ces Chicago Blues Tapes configurent encore une fois un album de covers triées sur le volet. L’orientation volontairement axée sur le Chicago Blues sixties revisite trois compositions de Willie Dixon : deux morceaux popularisés par HOWLIN WOLF « Down In The Bottom » et « Spoonful » dont la version fait le pont entre celles de CREAM et de Paul Butterfield. Mais c’est le rythmé « You Can’t Judge The Book », grand succès de Bo DIDDLEY repris entre autres par CACTUS, les Crawdaddys et les YARDBIRDS qui ouvre les hostilités. Si la rythmique s’avère en place, bien relevée par la guitare de Taylor, le chant de Phil May surprend : voix légèrement pâteuse, on dirait qu’il lui manque quelques dents d’où un léger zézaiement. Il paraissait impossible de rendre hommage au Chicago Blues sans s’attaquer à Jimmy Reed, « Hush Hush » donne le meilleur rôle à l’harmonica de Studebaker et au chant nuancé de Phil May, idem avec le larmoyant « Caress Me Baby »
Histoire de varier les tempos, le groupe revisite le répertoire louisianais de Slim Harpo avec le lancinant « Scratch My Back ». On imagine Phil May invitant sa belle à rentrer dans son bain pour lui gratter le dos. Encore une fois, la rythmique et l’harmonica se révèlent au top. « Don’t Start Cryin’ Now », seconde reprise d’Harpo, vient clôturer l’album dans un tempo plus proche du rockab Excello. La formation reprend avec habileté le « Long Tall Shorty », une compo de Don Covay immortalisée par Tommy Tucker en 64 sur un single Checker puis par les KINKS. Cette Blues Jam ne reste pas cantonnée aux standards de Chicago, May et ses potes nous invitent à un beau voyage au cœur de la Soul avec « Time Is On My Side », dans une version rivalisant sans peine avec celles des STONES ou des MOODY BLUES, sans atteindre néanmoins l’intensité dramatique d’Irma Thomas. Epaulé des Southside Sisters, May tire son épingle du jeu sur la difficile reprise de « Chain Of Fools », standard de Don Covay qui reste attaché à l’histoire d’Aretha FRANKLIN.

Bien que ne contenant que des reprises, cette Blues Jam offre de bons moments. Les tempos variés, la bonne cohésion (pas évidente au départ) entre les musiciens, des interprétations remodelées qui ne s’écartent cependant pas trop des schémas traditionnels et des musiciens sobres ne cherchant pas à se mettre en avant sont les meilleurs atouts de cette production. Les divers invités sur les 2/3 des titres ne cassent pas la dynamique.

Au moment de publier l’album, il reste à trouver un nom de groupe. Les présences de Phil May, Dick Taylor et du batteur Jim McCarty incitent George Paulus à nommer tout simplement le groupe sous l’appellation PRETTY THINGS/YARDBIRD BLUES BAND. On remarque qu’il manque volontairement un « S » à Yardbirds, McCarty étant le seul représentant de cette légendaire formation. Cet album permet au groupe de se produire sur scène sous son nouvel intitulé, avant que chacun ne bifurque vers d’autres voies.

Ah… terminons ces modestes lignes en nous demandant où, comment et dans quel tiroir FP classera le groupe. Un casse-tête réjouissant pour l’équipe !

* Après son passage au sein du groupe, Richard Hite fut programmateur radio, s’occupa d’un musée à Memphis et accompagna Arthur Duncan. Souffrant d’un cancer, il mit fin à ses jours en 2001.
Gros collectionneur et figure réputée à Chicago, George Paulus nous a quittés en 2014. Cet album a été édité en 1991 par Demon Records de manière à connaitre une bonne visibilité, puis l’année suivante par St George Records. En 2011, le label londonien Floating World Records a publié une nouvelle édition avec un nouveau visuel.

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   LE KINGBEE

 
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- Phil May (chant, percusions)
- Dick Taylor (guitare)
- Jim Mccarty (batterie)
- Richard Hite (basse)
- John Studebaker (guitare, harmonica)
- Chicago Slim (guitare 2-4)
- Abdul Hakeem (guitare 5-14)
- Rick Regnas (guitare 3-11)
- Ervin Helfer (piano 2-4-6-9-11)
- Rokko Jans (piano, orgue 7-14)
- Annette Frank (chœurs 7-14)
- Diane Madison (chœurs 7-14)
- George Paulus (chœurs 4)


1. You Can't Judge The Book.
2. Down In The Bottom.
3. Hush Hush.
4. Can't Hold Out.
5. Spoonful.
6. She Fooled Me.
7. Time Is On My Side.
8. Scratch My Back.
9. Long Tall Shorty.
10. Diddley Daddy.
11. Ain't Got You.
12. Cares Me Baby.
13. Her's My Picture.
14. Chain Of Fools.
15. Don't Start Cryin' Now.



             



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