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- Style : Steven Tyler
- Membre : Led Zeppelin, Jimmy Page & Robert Plant

Robert PLANT - Pictures At Eleven (1982)
Par LONG JOHN SILVER le 24 Octobre 2016          Consultée 942 fois

Robert Plant aura été le plus prompt à réagir à l’extinction du Dirigeable de plomb. Pictures At Eleven, ou l’unique disque solo d’un post-Zep à figurer sur ce catalogue, est publié en 1982 par le label Swan Song. L’album contient des plages où plane encore la silhouette massive du mastodonte éteint, il arrive qu’on se demande comment Jimmy aurait assorti tout ça. Néanmoins, son entrée en matière se démarque plutôt radicalement de la mire de LED ZEPPELIN. Pour mieux y revenir après, promulguer de la consistance. Pour parvenir à ce résultat, Robert Plant s’est entouré de potes zicos. Même si on parle principalement du guitariste Robbie Blunt, à la fois habitant dans le voisinage et membre des HONEYDRIPPERS*, un groupe qui permet à Percy d’interpréter des covers Rn’B.

On comprend rapidement que Plant ne souhaite pas s’éterniser sur ce qui fut (et ne devrait plus être à jamais) mais qu’il lui faut une base solide afin de s’élancer seul dans le vide. Le mainstream est porté par les synthétiseurs, la pop, les guitares claires. Le son de batterie, en revanche, se robotise pour propulser de la lourdeur. C’est à travers ce fatras d’ambiances – héritées du passé ou d’actualité – que Plant, qui obtient d’être son propre producteur, va lancer sa carrière, celle de l’après. À l’instant où Jimmy Page – qui vient de réaliser Coda – est officiellement (auto) consacré grand mamamouchi conservateur/archiviste de l’œuvre du Zep. Pour rebondir sur le son de la batterie, Plant sait parfaitement que pour (bien) plomber l’ambiance, il suffit de disposer d’un gaillard de la trempe de John Bonham ainsi que d’un endroit où le son des cavernes résonne naturellement. Cozy Powell, dont le nom avait circulé pour éventuellement succéder à Bonzo, est un choix logique : il a de l’expérience dans le heavy rock. Sa frappe est monumentale sur le mid tempo aux accents orientaux, le heavy « Slow Dancer », ainsi que sur la ballade déchirante « Like I’ve Never Been Gone ». Ces deux titres, très « zeppeliniens » – qui sont aussi les plus longs -, figurent parmi les plus impressionnants du skeud. Plant démontre qu’il sait avoir de l’ambition, l’emphase ne lui fait pas peur. Si « Slow Dancer » s’appuie objectivement sur les épaules de « Kashmir », ce que d’aucun pourrait lui faire état, « Like I’ve Never Been Gone » le fait également. Si ce n’est qu'ici surgit une troublante émotion, gorgée de failles, comme parée d'écorchures. La fragilité qui transperce son équilibre, son intensité, nous font apercevoir des cimes éthérées qui rappellent l'Olympe. Sans passer par l'escalier, mais pas si loin non plus.

Plus surprenante (du moins au moment de la parution de l’album) peut sembler la participation de Phil COLLINS – à la batterie - sur tout le reste de l’opus. Mine de rien, on pourrait dater son intronisation au grand jeu du « Je Suis Partout » de ses premières sessions derrière Plant. N’oublions pas que le sbire en question est également quelque part responsable du « phénomène » batterie réverbérée sous stéroïdes. Aux effets souvent meurtriers. Pour le moment, Collins n’en est pas encore à exaspérer tout le monde. Le gars est un fan autoproclamé de Bonham, il se débrouille pour venir enregistrer sur son temps libre, ce qui a davantage pour effet dévastateur de contrarier sa vie de famille. La frappe de Collins est massive. Parmi les titres qui lui sont confiés, certains sont empreints de New Wave, de sonorités pop ou soft/rock. Sa participation est donc loin d’être une incongruité.

De fait « Burning Down One Side » est partagé entre le big rock US et les sons clinquants de la new wave, l’entrée en matière annonce le crossover entre la lourdeur Zeppelinienne et la pop British du début des 80’s. « Moonlight In Samosa », qui lui succède au tableau d’affichage, est déjà une ballade à mandolines, les synthés sont encore plus présents. C’est au début du disque que Plant surprend (et déroute) le plus son public de base. Ensuite, il faut attendre « Fat Lip », la sixième plage, qui relance les expérimentations sur un procédé qui doit avant tout à la synth pop : soit une trame sonore faite de boucles de percus légères, sur laquelle on plaque synthés et guitare. Le titre n’est pas exceptionnel, il préfigure pourtant l’orientation artistique que Plant compte explorer au début de sa carrière solo.

Sans quoi le riff de « Pledge Pin » ramène tout le monde dans la House Of The Holy. Rappelant que le Zep (aussi) puisait dans la pop afin d’élargir sa palette. Le titre finit par un solo de sax, c’est tout dire. On frémit rien qu’à évoquer l’opportunisme du procédé. Ici, ça évite de sonner putassier, on reste entre gens (encore) fréquentables. Plus loin, « Worse Than Detroit » sonne comme AEROSMITH quand AEROSMITH cherche à se remémorer Led Zep, tout en le dévalisant et le régurgitant. Le boulot de Collins à la batterie y est tout sauf honteux. « Mystery Tittle », sise en fin de programme, rappelle bigrement « Trampled Underfoot », cette chanson aurait trouvé sa place sur Presence ou In Through The Outdoor. Plant choisit de clore son premier envoi (réussi) avec le morceau le plus identifiable à son groupe légendaire.

Robert Plant choisit tout autant de conserver les musiciens qui l’ont accompagné sur disque afin de partir en Live, Phil Collins inclus. L’époque n’est pas (encore) aux longues tergiversations entre deux sorties, toute l’année on est sur la route, le reste du temps en studio. Pictures At Eleven n’échappe pas à certains défauts inhérents tant à son époque de publication qu’à sa – forcément - délicate situation de création. On parle ici d’un gaillard qui prend ses responsabilités pour mieux s’émanciper de son passé de "membre du plus grand groupe de rock au monde". Son premier disque est fourni en titres de qualité, nonobstant l’emploi de synthés devenus – depuis – embarrassants. Le son de batterie ne tient, en revanche, pas du repoussoir, on peut soupirer d’aise, se relaxer en se repassant tout, depuis « Burning Down One Side » jusqu’à « Mystery Tittle » en passant par « Slow Dancer ». Resplendira encore et toujours la maxime « Like I’ve Never Been Gone ». Plant ne se laisse pas vivre dans le passé (déjà) éternel. Le visiteur du soir** s’annonce encore là demain. Alors, tant pis si ça peut dérouter puisque : in the long run, there’s still time to change the road you’re on.

* Un EP sortira sous ce nom, mais là Robert sera entouré des camarades du bon vieux temps
** Le titre Pictures At Eleven fait référence aux annonces des titres des films diffusés en deuxième partie de soirée à la télévision

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Robert Plant (chant)
- Robbie Blunt (guitare)
- Jezz Woodroffe (claviers)
- Paul Martinez (basse)
- Phil Collins (batterie)
- Cozy Powell (batterie sur 4 et 7)


1. Burning Down One Side
2. Moonlight In Samosa
3. Pledge Pin
4. Slow Dancer
5. Worse Than Detroit
6. Fat Lip
7. Like I've Never Been Gone
8. Mystery Tittle



             



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