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STATUS QUO - Quo (1974)
Par LE KINGBEE le 31 Décembre 2016          Consultée 666 fois

On aurait bien aimé faire dans la joie et la bonne humeur avec cette chronique se rapportant à une véritable institution du boogie-rock rosbeef, taper du pied, jouer des coudes et se déverser quelques pintes dans le gosier... mais le décès du guitariste Rick PARFITT le 23 décembre refroidit quelque peu les ardeurs.
Résumons brièvement les débuts de cette formation qui connait une carrière exceptionnelle depuis plus d’un demi-siècle. En 1962, trois potes désireux d’arrêter de cirer les bancs de leur lycée londonien, en pure perte, décident de laisser tomber plus ou moins les bouquins et les leçons fastidieuses au profit de leurs instruments. Francis ROSSI, John COGHLAN et Alan LANCASTER montent un petit groupe The SPECTRES. Au début de l’année suivante, les trois gamins (même pas 18 ans) sont rejoints par Rick PARFITT en provenance des Highlifes, un autre petit band comme la City en pond à la tonne. Les Spectres gravent trois singles sur le label Piccadilly. En mai 1967, la formation change de nom et les Spectres deviennent The TRAFFIC JAM. Le petit groupe ne se distingue guère des innombrables formations londoniennes mais parvient à mettre en boîte un nouveau single pour l’écurie PYE. Le groupe a à peine le temps de souffler qu’il doit changer de nom au mois d’août, le label Island les menace de poursuites, le nom se rapprochant trop de Traffic, groupe fondé en avril par Dave Mason, Stevie Winwood et Jim Capaldi. Les londoniens deviennent STATUS QUO en novembre 67 et sont aussitôt signés par PYE Records.

Entre 1968 et 1971, le groupe enregistre quatre disques pour PYE. D’abord orienté vers un mélange hybride de Pop et de Rock Psyché, Status Quo commence à changer son fusil d’épaule à partir de 1970 intégrant à son répertoire de lourds effluves de boogie-blues. Mais ce n’est véritablement qu’en 1972, après leur passage au Reading Festival, que le groupe s’affirme en cassant les barrières conventionnelles du boogie-blues classique. En 1972, Rossi et ses potes quittent PYE pour Vertigo Records, label qui a le vent en poupe. Les hits vont s’enchaîner à vitesse grand V. En moins d’un an, Status Quo est devenu un incontournable des grandes programmations. Le groupe n’arrête pas de se produire sur scène et passe à l’Olympia en octobre 73, leur première apparition sur une scène française. Ah... oui, dernière chose, Status Quo est définitivement mort début 73. Désormais les fans et les auditeurs lambda les appellent tout simplement les QUO.
« Quo », troisième disque sous l’étiquette Vertigo, devait initialement s’appeler « Quo Now ». On ignore pourquoi ce changement de dernière minute. Envoyé en studio le 3 mai 74, les quatre anglais sont parfaitement rôdés. Depuis deux ans ils ont mis au point un répertoire conjuguant boogie-blues et boogie-rock tendance heavy inattaquable. Musicalement le groupe n’offre rien d’extraordinaire, des titres peu variés, parfois simplistes et répétitifs mais débouchant sur des chorus de guitare musclés, spectaculaires et entraînants. Ils ont créé à partir de trois fois rien leur marque de fabrique.
Comme souvent à l’époque, Vertigo allait lancer la promotion de l’album par le biais d’un single. Le staff management opte pour « Break The Rules » couplé en face B à « Lonely Night », un mid tempo parsemé de zestes de rockin’ psyché qui monte crescendo, avec une bonne dualité guitare acoustique et électrique. Mais c’est « Break The Rules » qui décroche le pompon en accédant à la 8ème place des charts, un score suffisant pour lancer l’album à l’assaut de la planète. Basé sur des paroles frisant un second degré nébuleux, la chanson évoque l’univers brumeux et allumé d’un bar honky tonk, d’une rencontre avec une dame, d’une visite ratée à la Tour Eiffel. Les volutes de piano de Tom Parker et l’harmonica de Robert Young viennent en contrepoint des riffs de gratte.
En ouverture « Backwater » représente le prototype du répertoire des Quo, guitare qui envoie le pâté, riffs destinés à tenir l’auditeur sous tension, les paroles restent alambiquées, il est encore question d’une rencontre avec une femme. « Don’t Think It Matters » s’avère plus grondant, dans la lignée de BTO, et révèle encore une fois une trame dans laquelle les Quo posent une trame existentielle insaisissable. « Slow Train », titre de fermeture, délivre encore des textes complètement barrés entre errance et doute, sous forme de boogie-rock avec incorporation de barn-dance irlandaise.
Alors 42 ans après sa sortie, « Quo » se range probablement parmi les trois meilleurs disques du groupe. Dépositaire d’un répertoire sans grande originalité « Quo » aura toutefois marqué les esprits pendant plusieurs décennies avec cette ribambelle de riffs boogie répétitifs, la véritable marque de fabrique d’un groupe qui n’aura eu de cesse de remplir les salles du monde entier. Un disque charnière des seventies. Réédité une vingtaine de fois sous divers pressages, la pochette du disque n'a subi aucune modification au fil des années. Tel un chêne dont les racines s'enfoncent au plus profond de la terre, le visuel de "Quo" était encore de mise sur la dernière publication japonaise éditée en début d'année, preuve de la résistance de ce disque.

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   LE KINGBEE

 
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- Francis Rossi (chant, guitare)
- Rick Parfitt (guitare, chant)
- Alan Lancaster (basse)
- John Coghlan (batterie robert young )
- Tom Parker (piano 3)


1. Backwater
2. Just Take Me
3. Break The Rules
4. Drifting Away
5. Don't Think It Matters
6. Fine Fine Fine
7. Lonely Man
8. Slow Train



             



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