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LIGHTNIN' SLIM - Rooster Blues (1960)
Par LE KINGBEE le 8 Février 2017          Consultée 349 fois

Originaire de Saint Louis où il voit le jour en 1913, Otis Hicks passe son enfance en Louisiane où sa famille s’est installée pour s’occuper d’une ferme. Adolescent, il se met à la guitare en autodidacte en écoutant des 78 tours de Blind Lemon Jefferson et de Lightnin’ Hopkins, le griot texan, tout en travaillant dans la ferme familiale suite au décès de son père. Il quitte la ferme familiale en 1946 pour s’installer à Baton Rouge, Maman Hicks jugeant qu’il est temps pour leur rejeton de prendre son envol. En fait, ce pionnier de la guitare électrique se produit depuis trois ou quatre ans dans les tavernes de la Capitale et les juke-joints des environs. Guitariste grand et sec, Otis essaie de se produire tous les soirs de la semaine sous le nom de Lightnin’ au sein d’un petit combo.

L’animateur radio Diggy Do s’empresse de recommander le groupe au producteur JD Miller. Le patron du label Excello est à la recherche de nouveaux talents pour sa petite maison de disque qui peine à décoller. De passage dans un bouge local où le groupe se produit, Miller juge le combo médiocre, mais le guitariste, un grand échalas, lui a tapé dans l’œil. En 1954, Miller enregistre Otis Hicks sur son label Feature. Jugeant le nom de son nouveau poulain peu porteur, Miller le rebaptise LIGHTNIN’ SLIM. Le guitariste grave alors une poignée de singles pour Feature, l’un des nombreux petits labels de Miller. A l’instar du poker, le producteur a payé pour voir et son flair ne l’a pas trompé « Bad Luck » (titre adapté et transformé plus tard en « Born Under A Bad Sign ») devient un hit dans le Grand Sud.

Après une petite infidélité pour le label Ace dirigé par Johnny Vincent, Lightnin’ fait son retour chez Excello pour lequel il gravera une douzaine se singles entre 1955 et 1960. Lightnin’ Hopkins, sa première influence, lui rendra même hommage en reprenant deux de ses titres. En 1960, Miller décide qu’il est temps de se lancer dans le grain bain avec un premier album. « Rooster Blues » est donc un disque particulier, il s’agit du premier 33 tours édité par le label de Crowley, initiateur du Swamp Blues. Oh … … quand on commence à établir l’inventaire des 12 pistes de l’album, on se dit que Miller ne s’est pas trop cassé le bonichon. Le producteur s’est contenté de faire figurer dans ce premier jet 12 titres issus de 6 singles enregistrés lors de diverses sessions s’étalant entre le 6 juillet 1956 et le 12 janvier 1959. On retrouve néanmoins une cohésion évidente, Lightnin’ Slim ayant enregistré au sein de combos particulièrement réduits. La plupart des différents sidemen participant à ces titres se connaissent tous, ils se produisent souvent ensemble sur les scènes louisianaises et figureront bientôt dans ce qu’on appellera « l’Excello Sound ».

Si le guitariste ne connaitra jamais le succès de son ami Slim HARPO, il demeure quoi qu’on en dise la première vedette du registre Swamp Blues. Contrairement à Harpo, Lightnin’ Slim reste le dépositaire d’une sonorité marécageuse beaucoup plus rurale, plus proche des racines. Le vocal rocailleux, des textes souvent humoristiques, caustiques et plein de gouaille et un accompagnement minimaliste seront les principales marques de fabrique du guitariste. En écoutant ces différents titres, l’auditeur, même l’auditeur néophyte, ne peut échapper à la torpeur qui se dégage. Basé sur une atmosphère terrienne, des rythmes faussement paresseux, voir indolents, une grande complicité guitare/harmonica, le répertoire de Lightnin’ Slim parvient à happer les auditeurs, comme si ceux-ci se retrouvaient plonger au fin fond des bayous. Il suffit de laisser vaguer son imagination, de fermer les yeux et vous entendrez bientôt les présences troublantes d’un alligator, d’un mocassin d’eau, les cris d’un crapaud-buffle et des criquets ou le survol d’une troupe de pélicans.

Aujourd’hui encore, ces titres n’ont pas pris une ride. Si « Rooster Blues » peut faire figure de titre phare, la chanson sera la seule à intégrer les classements R&B en 1959 en atteignant la 23ème place, d’autres morceaux valent le détour : « G.I. Slim » qui inspirera plus tard le riff de « I’m The Man » popularisé par Muddy Waters, « Tom Cat Blues » future reprise de Lonnie Brooks, « My Starter Won’t Start » que reprendra Lightnin’ Hopkins, sans oublier l’impayable « It’s Mighty Crazy » , titre repris par John Hammond, Barrence Whitfield & The Savages, The Fremonts, les Cramps jusqu’à l’excellent groupe français (Cocorico !) Swampini. La suite sera malheureusement beaucoup moins rose pour le grand guitariste. En 1966, Lightnin’ Slim est victime d’un accident de la route occasionnant la destruction d’un camion du sympathique producteur JD Miller. Lightnin’ Slim a tellement peur des répercussions de Miller, un sympathisant du Klan, qu’il prend ses jambes à son cou et disparaît à Detroit où il va bosser à la chaîne dans une usine de construction automobile d’une marque bien connue. Ce n’est qu’en 1972 que son ami et beau-frère Slim Harpo le ressort du trou où il s’était réfugié. Lightnin’ Slim connaîtra alors une seconde carrière en Europe, se produisant à l’American Folk Blues Festival 72, à Montreux et en Angleterre. Malheureusement ce regain de popularité sera bref, victime d’un cancer, le guitariste décède à Detroit en juillet 1974.

Ce disque au visuel humoristique (un coq rouge (Red Rooster) perché sur une guitare) fera l’objet de multiples rééditions : Blues Horizon en 1970, trois autres pressages Excello dont deux avec des pochettes différentes, P Vine en 1991 et enfin Hip-O et Rumble Records. Ce vinyle sera aussi pressé en CD, le label Soul Jam a publié en 2016 une réédition agrémentée de 12 titres bonus. Un album essentiel pour tout amateur de Swamp Blues.

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- Lightnin' Slim (chant, guitare)
- Guitar Gable (guitare 2-3-5-9-12)
- Kenneth 'sam' Sample (batterie 1-4-10)
- Clarence 'jockey' Etienne (batterie 5-6-11)
- Roosevelt Samples (batterie 2-3-7-8-9-12)
- Vince Monroe (percussions 5-7-8-10-11)
- Lazy Lester (harmonica 1-2-3-4-5-6-7-8-10-11)


1. Rooster Blues.
2. Long Leanie Mama.
3. My Starter Won't Work.
4. 'gi' Slim.
5. Lightnin Troubles.
6. Bed Bug Blues.
7. Hoo-doo Blues.
8. It's Mighty Crazy.
9. Sweet Little Woman.
10. Tom Cat Blues.
11. Feelin Awfull Blues.
12. I'm Leavin You Baby.



             



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