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KYUSS - ...and The Circus Leaves Town (1995)
Par TOMTOM le 28 Juillet 2017          Consultée 450 fois

Tiens, maintenant que j’y repense : la pochette de …And The Circus Leaves Town me rappelle Ubik de Philip K. Dick, le moment où Al Hammond se rend compte qu’il est mort : « Le froid altérait la surface des objets ; il les déformait, s’amoncelait sur eux en provoquant une explosion de bulles qui chuintaient avant d’éclater. Et, aspiré à travers les trous béants de ces crevaisons, il s’insinuait jusqu’au coeur des choses, jusqu’au noyau qui leur donnait la vie. » Sans oublier le moment où on comprend que le pauvre Al est mal barré : « Et, aux angles de sa vision, s’amassaient des ténèbres qu’il ne faisait qu’entr’apercevoir. »

Tout ça pour dire qu’il y a quelque chose de profondément dérangeant dans cet album. Le désert n’est plus le même. Comme s’il était soudain devenu beaucoup plus calme. Brant BJORK est parti, c’est peut être pour ça. Mais plus largement, il se passe quelque chose avec le groupe : l’ennui, aussi profond qu’une piscine vide. L’impression d’avoir atteint les limites du truc. Josh HOMME n’est pas le genre de gars qui refait deux fois la même chose.

Prenons « One Inch Man », le single : Josh HOMME et Scott REEDER sont en quête de précision. Le duo conserve son jeu lourd et clair-obscur mais taille désormais les notes à la serpe, plus à la moissonneuse. L’arrivée d’Alfredo HERNANDEZ à la batterie y est pour beaucoup. Le gars est carré-rien-à-dire, mais moins V8-lancé-à-toute-berzingue que Brant BJORK. Comme quand HENDRIX s’est retrouvé avec Buddy MILES à la batterie après avoir bossé avec Mitch MITCHELL. Pareil.

…And The Circus Leaves Town est le grand album expérimental de KYUSS, une vision inversée de Welcome To Sky Valley où le groupe décide de déconstruire son Stoner pour le propulser dans une autre dimension. L’introduction de « El Rodeo », autre exemple : influence évidente de la frontière, réminiscence des cours de Polka de Josh HOMME, basse loufdingue, etc. Et puis le riff accélération / décélération. KYUSS est à la recherche du trip musical ultime, sauce désert. Il le fait onze fois. Et s’égare un gros tiers du temps.

Tachons d’être clair : il y a ici de très belles choses : « El Rodeo », les riffs de « Gloria Lewis » et de « Jumbo Blimp Jumbo », les ambiances de « Phototropic » (très Sky Valley, d’ailleurs), etc. Il y a des gens qui vouent un véritable culte à ce disque et, quelque part, ils ont raison. KYUSS se triture les neurones plus que jamais. Mais il manque à l’album la vision d’ensemble de ses deux prédécesseurs. Le groupe retient ses coups. On peut remuer la tête sur « Size Queen », mais où est Josh HOMME cherche-t-il exactement à nous emmener ? « Thee Ol’ Boozeroony » abat l’atout ultra-violence mais ressemble finalement à une démo où on aurait collé plusieurs riffs pour faire cool.

« Hurricane » et « Tangy Zizzle » sont carrément chiantes. John GARCIA est en retrait, toujours magistral mais moins conquérant qu’avant. « Catamaran » est une chanson piquée au premier groupe d’HERNANDEZ. « Spaceship Landing » est efficace, la deuxième partie est bien meilleure que la première. Le final vaut le détour. Mais ça reste un peu trop répétitif. Inutile d’attendre vingt minutes le titre caché (dédié à NIRVANA), qui n’apporte pas grand chose, sinon la preuve que le groupe est au bout de sa vie.

Titres isolés, un peu laborieux, ambiance fin de règne, voilà le résumé de ...And The Circus Leaves Town. Stoner maniéré, on pourrait dire. Josh HOMME se dirige lentement vers le son QOTSA. Les autres suivent, plaquent des parties inoubliables, mais laissent sur le bord de la route le son massif et fou furieux des deux précédents albums. Après, si vous êtes amateur de bizarre, cet album sera peut-être votre préféré de la discographie. C’est toujours la même question : vaut-il mieux mourir de chaud ou de froid ? KYUSS a préféré arrêter avant de commencer à tourner en rond. Le cirque a quitté le désert. Merci les gars, pour tout.

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   TOMTOM

 
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- Josh Homme (guitare)
- John Garcia (chant)
- Scott Reeder (basse)
- Alfredo Hernandez (batterie)


1. Hurricane
2. One Inch Man
3. Thee Ol' Boozeroony
4. Gloria Lewis
5. Phototropic
6. El Rodeo
7. Jumbo Blimp Jumbo
8. Tangy Zizzle
9. Size Queen
10. Catamaran
11. Spaceship Landing



             



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