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DESERT ROCK  |  STUDIO

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1991 Wretch
1992 Blues For The Red Sun
1994 Welcome To Sky Valley
1995 ...and The Circus Lea...
 

- Style : Sleep, The Sledge , Low Orbit
- Membre : Eagles Of Death Metal
- Style + Membre : Queens Of The Stone Age, Them Crooked Vultures

KYUSS - Welcome To Sky Valley (1994)
Par TOMTOM le 26 Mai 2017          Consultée 1081 fois

Il y a un avant et un après « Sky Valley ». Désolé, j’ai pas trouvé moins con comme entame. Je voulais vous parler de ma première fois avec ce disque, bloqué par la neige dans une bagnole sans chauffage (pour pas niquer la batterie). Mais je veux pas raconter ma vie. Ou devenir lyrique. Et pourtant Dieu sait que je l’ai cherché ce panneau, dans Google Maps, version GPS de l’enfer où toutes les photos sont prises de jour. Pure perte de temps : l’endroit dont parle cet album n’existe probablement pas.

Chronologiquement, Welcome To Sky Valley est le deuxième chef-d’oeuvre de KYUSS. Immédiatement après le précédent, le groupe a laissé partir son bassiste. Arrive donc Scott REEDER, un autre gars du désert. Plus esthète que Nick OLIVERI, il va contribuer à la mutation du son KYUSS vers quelque chose de beaucoup plus aventureux. Car comme on me l’a gentiment fait remarquer, Blues For The Red Sun était encore un peu « punk vénère » (j'aurais dit « stoner claustrophobe »). Sky Valley, en revanche, c’est le disque des grandes étendues, la promesse d’un trip infini à la croisée du temps, quelque part entre le crépuscule brûlant et la nuit noire.

« Gardenia » commence à ronronner, voilà venu le temps de parler du fameux « groove » invoqué par 99% des gens qui causent de KYUSS. Avant que les jazzeux y associent la notion de « cool », le mot « groove » provient initialement du néerlandais « groeve » (« carrière ») et de l’anglais « grave » (« cercueil »). Soit, au départ, l’idée de creuser la matière. C’est ça : KYUSS creuse. Et très profond. Une fois au fond du sillon, vous ne pouvez plus en sortir. La pulsation vous amène d’un point à un autre de la chanson dans un tourbillon de graves. Forcément, toute incursion d’aigus (et donc, de solos de guitares) créé un effet clair-obscur total perturbant, foutrement psychédélique. Le groove, c’est ce qui différencie le bon Stoner de la brute Doom. Le groove de KYUSS provient directement d’HAWKWIND et du BLACK SABBATH période herbe. Et c’est sur cet album qu’il atteint son apogée.

« Gardenia », donc. Tout y est, rien à ajouter. La production de Chris GOSS est dantesque. Elle permet au groupe d’improviser, sans jamais perdre la pulsation de départ. C’est lourd, c’est planant, ça ne s’arrête jamais, c’est magnifique. John GARCIA grogne un des meilleurs textes de sa carrière : « Power booster, I'm talkin' to God and more (…) Six hundred sixty six miles… per hoooour ». On en est tellement engourdi que « Asteroid » arrive sans que l’on s’en rende compte. Le délire là, c’est l’alternance guitare psyché / riff ultra-violent. Mais en terme d’enchaînements, difficile de dépasser « Supa Scoopa and Mighty Scoop », volontairement martial. Brant BJORK a droit à cinq secondes de pause avant de reprendre sa course folle.

Riche idée : KYUSS a découpé son troisième album en trois chapitres. Chacun peut s’écouter d’une traite sans que l’on puisse y trouver à redire. Dans le livret, il est clairement écrit : « Listen without distraction ». Soit le meilleur moyen de se manger « 100° » dans la tronche. BAM ! Revoilà le punk vénère des deux premiers disques. Deux minutes trente, ZIOUP ! le titre est aspiré par l’acoustique « Space Cadet » (un terme utilisé pour désigner quelqu’un qui a perdu pied avec la réalité). Josh HOMME et Scott REEDER sont en osmose totale. On redescend tout doucement sur terre via les roulements de « Demon Cleaner », lancinant jusqu’à son final à double solos. « I’m the only waaay ». En effet.

Phaze III, tempête de sable. Certes, « Odyssey » ne s’écarte pas du sillon riff / expérimentation / retour de flamme défini par « Gardenia ». Mais « Conan Troutman » est là pour radicaliser le propos. C'est le titre le plus violent du disque. Josh HOMME propose un furieux solo et étoffe son bestiaire de notes gravement méchantes. « N. O. » est un titre piqué au premier groupe de Scott REEDER et c'est le moins bon du disque. On passe rapidement parce que « Whitewater », pour le coup, est le final que tout le monde avait envie d'entendre : une intro méga cool, un tabassage en règle, puis un long trip halluciné dans les cratères du désert. Les neurones se débranchent un par un, Brant BJORK se repose d’être un si bon batteur.

Il y a battle entre Blues For The Red Sun et Welcome To Sky Valley. Le premier est légendaire, le second est cultissime. « Sky Valley » va plus loin, c’est sûr. C’est un voyage. Moins brûlant, mieux maitrisé, il élargit les horizons d’un groupe qui était déjà monstrueux au départ. Et puis Welcome To Sky Valley se termine sur ce onzième titre caché. Une blague de pochard, comme à la fin du Happy Trails de QUICKSILVER MESSENGER SERVICE. Un autre putain d’album.

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   TOMTOM

 
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- Josh Homme (guitare)
- John Garcia (chant)
- Scott Reeder (basse)
- Brant Bjork (batterie)


1. Gardenia
2. Asteroid
3. Supa Scoopa And Mighty Scoop
4. 100°
5. Space Cadet
6. Demon Cleaner
7. Odyssey
8. Conan Troutman
9. N.o.
10. Whitewater



             



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